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18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 17:10

Nous quittons Inle à regrets. Les moyens de communication étant ce qu'ils sont, lents et peu confortables, nous cassons la tirelire pour prendre l'avion, direction Yangon, la capitale. Une heure et demi d'avion, plus de 12 heures de bus! Katia, descendue du pays des bisounours, est persuadée que nous allons effectuer le vol dans un superbe avion à réaction racheté à l'URSS lors de son effondrement. Mais non, nous avons bien droit à un bimoteur à hélice. A l'aéroport d'Inle, pas de tapis à bagage pour l'enregistrement. Juste deux personnes derrière un petit comptoir. L'une vérifie sur sa liste que nos noms y figurent bien. L'autre s'empare de nos sacs et va les déposer plus loin.

 

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Il ne faut pas s'y tromper. Yangon n'est pas si haute en couleur que cela.

 

Dans l'avion, pas de place attribuée. Nous prenons deux places à l'avant et ô miracle, les coffres à bagage situés au-dessus de nos têtes sont assez grands pour contenir le splendide sac Mickey que Katia a acheté en toute hâte pour entasser les kilos de cadeaux-souvenirs qu'elle a amassés. A Yangon, le hall d'arrivée est tout aussi désuet. Pas de tapis à bagage non plus. Juste une affichette collée sur un mur au-dessus des chariots indiquant que le point de collecte se situe ici. Nous attendons quelques minutes. Deux portes s'ouvrent sur le tarmac et trois hommes charrient valises et sac à dos à bout de bras pour les déposer dans le petit hall. Retour à un temps inconnu.

 

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Les bus publics aussi sont d'un autre temps

 

Nous prenons un taxi qui nous dépose à notre hôtel, le "Beautiful" qui n'est jamais qu'un affreux endroit sordide dans une rue qui ne l'est pas moins. 50$ tout de même la chambre avec fenêtre sur rue. Nous partons à l'assaut de la ville, sans charme, sans grand intérêt. Nous faisons un petit tour au marché de fringues, souvenirs du coin. Quelques touristes en perdition se mélangent aux locaux venus faire quelques emplettes: tissus, soutien-gorges, longyi, on trouve de tout. Nous découvrons aussi le charme des cabines téléphoniques de Yangon. Un des rares pays où les habitants ne sont pas équipés de téléphones portables ou fixes.  Le vendeur de conversations a posé ses lignes au coin d'une rue. Il n'y a qu'à s'arrêter, choisir le combiné qui te plait le mieux, mon lecteur bavard, et passer ton appel. Simple comme bonjour.

 

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"Allô, la boucherie Sanzo?"

 

Yangon étant tout de même la capitale, il y a bien un monument d'exception à visiter. Je te le mets dans le mille: une pagode. La Shwedagon Paya de Yangon est la plus vénérée du pays. Les pélerins se manifestent en masse. Il s'agit d'une énorme pagode dorée, construite au sommet d'une colline qui offre une vue imprenable sur la ville. Tout autour, de nombreux autels abritant leurs bouddhas respectifs. Nous effectuons le tour sous un soleil de plomb et retournons à notre hôtel. Ce soir, nous prenons le dernier vol pour Bangkok, histoire d'effectuer un retour violent à la civilisation.

 

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La pagode Shwedagon de Yangon

 

 

 

 

 


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14 mars 2014 5 14 /03 /mars /2014 19:02

Katia et moi partons à l'aube, enfin, juste après pour une journée de croisière lacustre. Le lac Inle regorge de villages sur pilotis à la vie trépidante, enfin presque. Nous remontons le canal jusqu'à l'embouchure du lac où des pêcheurs traditionnels nous attendent. Debout à l'arrière de leur barque, la nasse à bout de bras, ils sont surtout là pour la photo. Nous verrons d'autres pêcheurs plus loin qui utilisent des méthodes moins traditionnelles, mais à peine plus modernes: jeté-remontée de filet, filet dans l'eau avec les pêcheurs qui tapent sur la surface avec de longues perches pour faire bouger les poissons et mieux les attraper. A cette heure matinale, la lumière fait scintiller la surface du lac de mille éclats, alors que la brume se dissipe mollement sur le flanc des montagnes qui l'entoure. Spectacle majestueux s'il en est.

 

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Pêcheur à l'ancienne

 

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Pêcheur version 2014

 

Après la pêche, nous découvrons une autre activité toute aussi haletante et certainement pas moins fatigante: la cueillette des algues. Ils sont quelques uns à remplir leur barque d'algues récupérées au fond du lac. Une longue canne et ils enroulent et poussent et tirent les algues hors de l'eau et les versent à l'intérieur de la barque. Quel est l'usage ultérieur de cette récolte? Aucune idée...

 

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A la cueillette des algues

 

Nous continuons à descendre le lac et nous engageons dans notre premier village sur pilotis. Ici, point de trottoir, mais des jardins flottants pour faire pousser les légumes indispensables à l'alimentation. Les villageois ramènent de la terre qu'ils amassent en petits tas à la surface de l'eau, puis ils plantent, attendent et récoltent. Un travail de fourmi un peu dingue. Un peu plus loin, les premières maisons. Les barques sont garées sous les maisons, bien alignées le long de "canaux". Des enfants sont aux fenêtres, des familles se déplacent d'une maison à l'autre en un coup de rame, une femme fait sa lessive agenouillée dans sa barque devant sa maison... Notre guide nous lâche dans un atelier de tissage de soie. Des femmes, plutôt agées sont à leur métier, un homme veille au feu et à la fabrication des couleurs pour teindre la soie. Nous passons de pièce en pièce, émerveillées devant tant de simplicité, mais surtout de savoir-faire, pour un résultat incomparable. Jamais vu une soie aussi fine... et aussi chère. Ben oui, tout a un coût ma bonne dame!

 

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Village sur pilotis

 

 

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Femme à son métier

 

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Teinture en cours

 

Nous remontons dans notre barque, direction le forgeron. La forge est bien entendu à l'intérieur d'une maison de bois, pour plus de sûreté. Le forgeron et ses assistants sont en train de façonner une hélice. Travail délicat qui nécessite une force d'Hercule et de Hulk réunis pour donner au métal la forme voulue. A l'entrée de la forge, une petite boutique à touristes qui vend des bracelets, des colliers, des cloches buddhistes et tout un fatras d'objets charmants. Katia trouve forcément son bonheur, et moi aussi d'ailleurs. Nous achetons des bracelets en "argent" très jolis que la touriste arrivée juste après nous aurait bien aimé raffler, vu son regard dépité en nous voyant repartir avec sous le bras.

 

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A la forge du village

 

Nous mettons ensuite le cap sur une autre boutique de tissage et de fabrique d'ombrelles en papier de mûrier qui me laisse un goût amer. 3 femmes karen sont assises là, leur collier entouré autour de leur cou et de leurs chevilles, en train de tisser. Ce spectacle folklorique pourrait paraitre tout à fait charmant si les Karen étaient une des tribus peuplant les abords du lac Inle, mais ce n'est pas le cas. J'ai donc plutôt l'impression d'assister à une scène d'esclavagisme moderne destinée à charmer le touriste naïf. Je ne m'attarde que le temps de quelques photos et nous filons déjeuner, sur pilotis, avec vue imprenable sur le lac.

 

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Femme karen à son métier

 

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Embouts de parasol "hand and foot made"

 

 

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Vue depuis la terrasse de notre restaurant. Et en plus, c'était bon!

 

 

Nous digérons notre soupe de nouilles shan dans notre barcasse et reprenons le cours du lac en sens inverse. Nous nous arrêtons dans un temple bouddhiste, le plus révéré du coin, pour ses trois petits bouddhas. Oui, oui, ce sont bien des bouddhas sur la photo. Ils sont recouverts de tellement de couches de feuilles d'or qu'on ne distingue plus les formes, juste trois petites crottes qui trônent au milieu d'une immense salle, et quelques pélerins qui continuent le rite séculaire. Parce qu'évidemment, les femmes n'ont pas le droit de pénétrer auprès de l'autel... No comment.

 

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Les trois "crottes" de Bouddha

 

 

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Un bien grand temple

 

Nous terminons notre visite par un monastère bouddhiste. A part quelques touristes et les marchands du temple, il ne s'y passe pas grand chose. UN petit tour et puis s'en va. Nous rentrons tranquillement à Inle, de belles images plein les yeux. Y'a pas à dire, c'était une vraiment belle journée!

 

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Monastère sur pilotis

 

 

 

 

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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 09:17

Adieu Bagan, temples et pagodes, nous prenons la route pour le Lac Inle, un joyau de nature et de vie rurale. Nous nous levons aux aurores, prêtes à affronter 10 heures de bus en priant pour que les Birmans ne les passent pas à vomir. Nous somnolons gaiement au son de Justin Bieber passé en boucle sur le petit écran du car quand tout à coup une femme se met à crier "STOP! STOP!". La soute à bagages s'est ouverte. Nous nous arrêtons en pleine cambrousse et le chauffeur aidé de son assistant inspectent les montants, tandis que les touristes inquiets se ruent pour s'assurer que leur bagage est toujours là. Nous n'avons rien perdu, mais un des montants est cassé et le coffre ne ferme plus. Le chauffeur et son assistant bricolent une fermeture provisoire à l'aide d'une vieille chambre à air. Mc Gyver n'a qu'à bien se tenir. Nous roulons jusqu'à la ville suivante ou nous nous arrêtons pour effectuer une réparation plus solide, et nous reprenons la route jusqu'à Inle, sans encombre. Arrivées dans la ville, nous nous faisons rançonner de 10$ pour un pass valable une semaine. Les bons vieux réflexes de l'ère de la junte militaire ne sont pas tous morts. Une camionette-taxi nous attend pour nous conduire à notre hôtel, charmante petite villa de bois aux chambres équipées de moustiquaire. Pour une fois, les 50$ sont presque mérités. Nous passons une agréable soirée sur notre petit balcon donnant sur la rue à la fraîcheur du soir. Inle nous voilà!

 

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Le lac Inlé entouré de montagnes

 

Armées de joie et de bonne humeur, nous décidons de louer des vélos et de parcourir les abords du lac. C'est un peu comme le lac Léman, avec des montagnes alentours, mais moins hautes et pas de Genève, de Lausanne ou d'Evian sur ses rives. Juste quelques villages à traverser et une route pas toujours bien goudronnée. Nous commençons par la rive gauche et faisons halte dans un domaine viticole. Perché à flanc de colline, nous abandonnons nos vélos pour garder le mollet fin et terminons la montée à pied, sous le cagnard. Un riche birman s'est toqué de faire du vin il y a une petite dizaine d'années. Il a planté à peu près tous les cépages, ici et un peu plus loin et produit une large gamme d'assemblage et de monocépages. Il est encore un peu tôt pour la dégustation, mais je sais que j'en trouverai en ville pour accompagner mon repas du soir. J'ai testé la syrah, trop concentrée, mais tout à fait buvable. Je connais des vins australiens, américains et français bien plus mauvais que ça. Un guide nous fait faire le tour de la cuverie et de la salle d'étiquettage, non sans fierté, puis nous reprenons notre route.

 

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Le rosé du Red Mountain Estate

 

Katia, à fond sur les pédales, s'étale dans un banc de sable et se fait sauter le genou. Des ouvriers occupés à réparer un pont non loin de là volent à son secours, examine le genou et ordonne à Katia de rester assise. Elle fait signe que "ça va, ça va" et nous repartons. Nous faisons une pause à l'entrée d'un petit village, contentes de nous rafraîchir avec une de ces boissons américaines gazeuses et trop sucrées. Un petit jeune passant par là nous propose de nous faire traverser le lac sur sa barque. On négocie ferme et nous voilà embarquées à bord d'un de ces "longtail boat" pour regagner l'autre rive.

 

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La traversée du lac avec les vélos

 

La traversée du lac est magnifique, immense étendue bleutée, ponctuée de villages sur pilotis sur ses rives. Ce n'est qu'un avant-goût de ce qui nous attend le lendemain. Mais nous voilà déjà de l'autre côté et nous devons parcourir les 8km qui nous séparent d'Inle sur une route qui monte et qui descend. Arrivées au bout du lac, nous empruntons une autre route, non asphaltée, qui rejoint Inle. Elle est magnifique, bordée d'arbres qui projettent une ombre salvatrice avec le lac sur la droite et les champs sur la gauche. Mais c'est un vrai tape-cul en grosses pierres concassées et elle semble interminable. Une fois arrivée au bout, j'attends Katia qui rale et qui peste, qui déteste le vélo, qui ne remontera plus jamais sur une selle équipée d'un guidon, qui... tiens! mais on dirait moi! Allez Katia, avoue maintenant que le plus dur est passé que ça te fait un bon souvenir!

 

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Cabanes de jardin flottant

 

 

 

 

 

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9 mars 2014 7 09 /03 /mars /2014 12:02

Bagan... si  Bagan vous était conté, cela irait vite, très vite. Mais à visiter, c'est une autre histoire. J'ai voulu voir Hampi, j'ai vu Hampi; j'ai voulu voir Angkor, j'ai vu Angkor. Et ça m'a plu, j'en ai demandé encore. Alors, je suis venue à Bagan. Je ne sais ni quand ni où j'ai entendu parler de Bagan, mais je savais bien avant de venir en Birmanie que c'en était le haut-lieu. 

 

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Bagan, la rase campagne


J'avais entendu parler de cette plaine immense au mille pagodes ou peut-être plus. Mais je n'en avais jamais rien vu. En y réfléchissant bien, mon cerveau était vierge de toute représentation birmane. Tout au plus avais-je vu les grilles de la maison de Aung San Su Kyi à la télé. Voilà, c'est tout ce que je connaissais de la Birmanie avant d'y venir. Eh bien mazette, je n'ai pas été déçue. Bagan dépasse l'entendement et provoque l'enchantement juqu'à la lassitude. Il y a tellement de temples, nombre d'entre eux remontant au 9ème ou 10ème siècles! Ils sont fait de briques d'argile, surmontés d'une stuppa. Ils sont de toutes les tailles, petits ou grands, gros ou minces. Parfois, la stuppa est dorée à l'or fin. Parfois, les peintures d'origine subsistent à l'intérieur. Mais toujours, il y a au moins un bouddha à l'intérieur. Chaque putain de tas de briques renferme au moins un bouddha.  Un truc de malade!

 

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Un bouddha aux ongles faits

 

Avec Katia, nous partons le coeur léger par une belle matinée de printemps à la découverte de Bagan. Le site est vaste et nous louons des vélos électriques. Le démarrage est un peu compliqué, surtout pour ma copine qui ne fait pas de 2 roues. Nous remontons un petit chemin de terre battue jusqu'à notre premier temple. Là c'est l'émerveillement. Wouhaouaou. A l'intérieur, il fait bon. Notre premier bouddha nous accueille de son sourire de Joconde. Il est beau, il est grand, il est impressionant. Et nous faisons le tour, et des bouddhas il y'en a d'autres. Les temples sont souvent conçus sur le même plan: un quadrilatère percé de jours sur ses quatre flancs, un bouddha face à chaque ouverture. La porte d'entrée donne sur une première salle qui donne sur une statue de Bouddha. Ca, c'est pour les plus grands des temples. Les moyens ne comportent que la salle d'entrée et une salle plus ou moins grande avec une stature de Bouddha plus ou moins grande. Les plus petits temples sont une pièce unique, avec le bouddha aau fond, face à l'entrée. Et les templounets ne sont que des bouddhas surmontés d'un clocheton de briques.

 

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La plaine de Bagan au coucher du soleil

 

Les bouddhas sont quasiment toujours représentés de la même manière: assis, une main ouverte sur le genou et l'autre ouverte face à la personne qui le regarde. Le bouddha arbore une robe rouge, drapée en diagonale sur le buste, laissant entrevoir un sein. Pafois, le bouddha est debout ou couché, mais c'est beaucoup plus rare. Après 4 heures de visite intensive à se perdre dans la cambrousse, à s'arrêter au petit bonheur et se demander pourquoi ce temple absolument magnifique ne figure pas dans le guide, à tourner en rond sans trouver le temple que l'on cherche et à galérer dans le sable pas toujours tassé, nous commençons à saturer. 

 

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Bouddha doré debout

 

Le deuxième jour, nous couvrons une autre zone et c'est toujours la même excitation au début de la journée et le même écoeurement à la fin. Les temples finissent par tous se ressembler. On ne sait plus quel temple on a déjà vu ou pas. Le fait que rien ne soit fléché et que le noms des pagodes ne soienpas nécessairement inscrit en alphabet bien de chez nous n'aide pas à se familiariser avec le terrain. Il faut bien l'avouer, après 4 heures de visite nous en avons à nouveau assez. Il commence à faire très chaud et nous bénissons l'invention du moteur électrique. Comment font ceux qui ont choisi la petite reine classique, entre cagnard et sable?

 

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Les petites routes sablonneuses autour de Bagan

 

Le troisième jour, les visites s'écourtent. Soyons honnêtes, nous en avons un peu ras le bol. La sensation de déjà-vu à chaque nouveau temple se fait plus présente. Bouddha commence à nous sortir par les trous de nez. Visiter Bagan, c'est un peu comme vouloir compter les écrous sur la tour Eiffel. Une tâche infinie. Nous décidons d'aller faire un tour près de la rivière histoire de nous changer les pupilles. Il y a bien un temple là aussi, mais celui-là est plus récent. Et puis ici, plus que Bouddha, ils vénèrent un rocher sacré recouvert d'or. Katia jubile à la vue d'un petit marché qui va lui permettre de faire quelques emplettes et compléter sa collection de souvenirs qui grandit très très vite. Les commerçants se frottent les mains en la voyant arriver elle et sa fièvre acheteuse.

 

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Bouddha couché

 

Ah oui, il y a encore quelques faits intéressants à propos de Bagan. Ce site tout à fait exceptionnel n'est pas inscrit au Patrimoine Mondial de l'UNESCO et on se demande bien pourquoi. Les Birmans ont fait une première tentative d'inscription qui leur a été refusée. Ils ont cru que c'était parce qu'ils avaient remis sur pied tous leurs temples tombés par terre lors d'un sévère tremblement de terre en 1975. En quarante ans, les Birmans ont entrepris un travail de titan pour conserver leur patrimoine historique, sans l'aide de personne. Et ils ont plutôt pas mal réussi. Espérons que lors de sa prochaine session d'inscription, l'UNESCO rende à Bagan l'immense honneur qu'elle mérite en l'inscrivant sur sa liste.

 

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Un bouddha en compagnie de moines

 

 

 

 

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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 12:04

Ca y est! Katia est arrivée. Ca fait du bien de voir une petite tête connue et de partager son quotidien avec quelqu'un. Après un long voyage pour elle depuis Bruxelles, nous commençons en relative douceur. La journée sera longue, mais en voiture pour relier un site à l'autre. C'est qu'autour de Mandalay il y a pas mal de choses à voir. Nous commençons par un étrange temple à la sortie de la ville. Nous sommes accueillis par un bouddha géant qui domine le site. Sur la droite, le temple aux couleurs vives d'ocre et de pourpre. Sur la gauche un immense bouddha couché et un rocher sacré peint en doré. A l'intérieur du temple, chaque colonne est gardée par 6 statues. L'architecture intérieure est classique. Une grande salle carrée à colonnades et au centre un bouddha. Des ombrelles colorées sont supendues au plafond. Et luxe suprême, nous sommes seules. Après un tour rapide, nous remontons dans la voiture, car à 10h00 nous avons rendez-vous avec les moines.

 

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A l'intérieur du temple Kyaw Aung San Tha

 

Un peu plus loin se trouve un des plus importants monastère bouddhiste de la ville. Plus de mille moines de tous âges, mais surtout des jeunes, vivent ici. Tous les jours à 10h00, ils prennent leur déjeuner sous l'oeil exalté des touristes. Ce sont des minibus entiers qui trépignent le long de l'allée principale où se rassemblent les moines en file indienne, avant de gagner le réfectoire. Le spectacle est à la fois fascinant et dérangeant. Je n'aurai jamais vu autant de touristes rassemblés en un seul lieu, en Birmanie. Il semble que ce monastère soit la halte privilégiée des tour opérateurs à en juger par l'âge moyen et la dégaine du touriste. Pas vraiment des looks de backpackers. Nous ne traînons pas et regagnons rapidement la voiture avant que tout le monde ne vide les lieux.

 

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 Moines du monastère Mahangandayone attendant leur tour pour déjeuner

 

Nous nous arrêtons un peu plus loin dans un atelier de tissage de soie. Les ouvriers et ouvrières sont à leurs métiers, et font avancer leur trame au ryhtme de leurs mains et de leurs pieds. Tous les membres sont sollicités pour la réalisation de cet artisanat délicat. Les trames les plus compliquées se font à deux. Les ouvrières entrelacent les multiples échevaux de couleur pour former des motifs complexes.

 

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Ouvrier bobinant un écheaveau géant de soie

 

Cette fois-ci nous remontons en voiture un peu plus longtemps pour rallier Sagaing Hill, la colline aux 100 temples. Des stuppas pointent un peu partout sur les flancs de cette colline qui domine plaine et rivière. Nous grimpons les 400 marches jusqu'au sommet en plein cagnard. Il doit être pas loin de midi. Mais les dévots birmans sont prévoyants. Les escaliers menant aux temples sont toujours abrités par un toile de tôle qui protège du soleil... ou de la pluie. C'est selon la saison. L'escalier débouche directement dans le temple avec ses marchands, ses salles aux points cardinaux et sa stuppa majestueuse qui trône au centre.

 

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Au sommet de la colline de Sagaing

 

Nous ressortons par le côté opposé, car un autre temple nous intéresse. Il est particulier en ce sens que sa disposition est atypique. Une longue salle en arc faisant face à la plaine. A l'intérieur, une rangée de bouddhas identiques, tous assis en tailleur et revêtus d'une robe dorée. La salle, elle, est entièrement carrelée de mosaïque vert d'eau et de miroirs éclatés. L'ensemble est envoûtant. Nous nous arrachons à regret de cet endroit magique et regagnons notre taxi 400 marches plus bas.

 

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Le magnifique temple d'Umin Thonze

 

Il est temps de mettre cap sur Inwa, ancienne capitale elle aussi. Nous déjeunon d'une infâme bouillie de nouilles sautées dans une des gargottes qui longent la rivière Irrawady. Nous sautons ensuite dans un bateau afin de traverser la rivière. De l'autre côté, des carrioles attendent le chaland. Il est déjà 15h00 et nous disposons d'à peine une heure pour visiter les 4 merveilles de cette "ville" aux "rues" défoncées. Un ancien monastère en tek, un temple en brique en ruine, la tour de guet et un autre monastère plus récent celui-là et qui culmine à 27 mètres de haut! Nous nous tapons le cul (et ce n'est rien de l'écrire, mes fesses en frémissent encore) dans notre attelage afin de nous rendre d'un point à un autre. Les sites sont plaisants et encore relativement peu fréquentés, surtout à cette heure de la journée. J'aurais aimé passer un peu plus de temps à flâner le long de ces petites routes bordées d'arbres, à profiter de la vue des plates rizières d'où surgissent des stuppas dorées, à me laisser envoûter par quelque vieux Bouddha veillant sur un temple inanimé... mais que nenni!

 

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Le monastère Me Nu Ok Kyaung

 

Nous devons interrompre notre quête mystique pour retourner prendre le bac et filer vers le pont d'U-Bein. Lui, peut bien nous attendre, mais pas le soleil qui se couche dans ce bras de rivière désolé. Le pont d'U-Bein serait le plus long pont en tek du monde, soit 1200 mètres de larges poteaux supportant des planches parfois un peu branlantes et une file ininterrompue de personnes l'arpentant. Le spectacle du soleil couchant réjouit autant les touristes que les locaux, amoureux ou non. Nous nous posons à la terrasse d'une buvette, nos chaises en plastique s'enfonçant mollement dans l'herbe épaisse, afin de regarder la soleil finir sa course quotidienne et embraser le ciel. Alors que la brume remonte pour envahir le paysage nous regagnons notre voiture. Katia s'endort alors que le chien et le loup se croisent. Une bien belle et longue journée pour se mettre dans le bain.

 

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Le pont d'U-Bein

 

 

 

 

 

 

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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 08:50

Après une bonne nuit de sommeil et de ronflements récupérateurs, Katia se sent d'attaque pour visiter Mandalay. Nous sommes sur le pied de guerre aux aurores, car nous attrapons un bus dans l'après-midi pour aller à Bagan. Afin de gagner du temps et d'épargner les semelles de nos claquettes, nous louons des vélos pour aller d'un site à un autre. Je te le mets dans le mille mon lecteur extatique, nous commençcons par la visite de quelques temples, histoire de nous mettre en jambe.

 

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Dans l'enceinte de la pagode de Kuthodaw 

 

Nous commençons par la pagode Sandamuni, puis celle toute proche de Kuthodaw. Elles recèlent les textes les plus sacrés du bouddhisme, gravés sur des plaques de marbre, chacune d'entre elle étant abritée par une mini-pagode surmontée d'un clocheton. Nous déambulons tranquillement et je me fais poursuivre par un chien pendant que Katia visite Sandamuni, que j'avais déjà visitée antérieurement. Nos coups de pédales nous mènent ensuite au plus étrange monastères birmans, une construction récente qui reprend à l'identique la structure démolie par le feu datant de 1857. L'édifice me fait plutôt penser à une salle des fêtes stalinienne (sans le marbre). Un immense cube avec toit en terrasses trône au centre d'un espace clos par un mur d'enceinte. L'intérieur est une vaste salle sans aucun charme où ne repoe qu'un tout petit bouddha ridicule, comparé à ceux d'autres temples beaucoup plus modestes. Le monastère n'accueille plus aucun moine et aujourd'hui seuls quelques fidèles viennent se prosterner devant la petite statuette dorée.

 

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La vaste salle de prière de l'Atumashi Kyaung

 

Juste à côté de cet étrange monastère s'en dresse un autre, sans nul doute le joyau de Mandalay, le Shwenandaw Kyaung. Tout de tek et d'or, cette splendide bâtisse a connu un autre sort avant de devenir monastère, puis site culturel. A l'origine, le bâtiment avait été commandé par le Roi Mindon pour lui servir d'appartement dans l'enceinte du palais royal. A l'époque (au milieu du XIXème siècle), Mandalay était la capitale du royaume birman. Le palais de tek fut à peine terminé que Mindon y mourrut. Son successeur, Thibaw, qui redoutait l'emprise et le rayonnement de Mindon jusque dans sa propre mort, préféra faire démonter le palais et en fit don à une communauté de moines, à l'extérieur de l'enceinte. Il redoutait que celui-ci soit hanté. Bien lui en a pris, car lorsque les Anglais voulurent reprendre Mandalay pendant la seconde guerre mondiale, ils commencèrent par consciencieusement bombarder et mettre le feu au palais royal. Ce monastère est donc le dernier témoin de ce que fut la splendeur de la cour de Mandalay.

 

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Le très beau Monastère du Palais Doré

 

 

Aprè cette joyeuse découverte, nous reprenons vers le sud et longeons les douves du Palais Royal, jusqu'à l'entrée est, la seule accessible aux touuristes étrangers. L'enceinte du Palais Royal est aujourd'hui une caserne militaire en activité. Nous sommes sommées de laisser nos bicyclettes à l'extérieur de l'enceinte et remontons à pied l'allée centrale (la seule où nous avons le droit de mettre les pieds) jusqu'à la reconstitution du Palais Royal. Comme mentionné précédemment, les pavillons de bois avaient entièrement pris feu lors de la Seconde Guerre Mondiale et l'acharnement britannique à reprendre Mandalay. Les Anglais ont d'ailleurs pris soins d'achever leur bel ouvrage en transformant l'enceinte royale en caserne militaire et en démolissant quelques constructions anciennes pour faire place à un terrain de parade. Le bon goût anglais n'a pas de limite. Ce que nous visitons aujourd'hui est donc une reconstitution de l'emprise royale au sein de l'enclos. Les différents palais, salles de réception, quartiers des reines s'imbriquent les uns aux autres. Nous parocurons un ensemble de salles vides, dépouillées, dénuées de tout artifice. Les toits de tôle ne rajoutent rien à l'affaire. Difficile de s'imaginer la splendeur de ce qu'a pu être cette cité royale. Néanmoins, on en perçoit toute la majesté par la taille des différents édifices.

 

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Le Palais Royal de Mandalay

 

 

Après toutes ces pérégrinations, nous nous réfugions dans un restaurant climatisé à la bonne cuisine birmane. Une espèce d'exception, car jusqu'à présent, je n'ai guère été impressionnée par le contenu des assiettes. Entre les cuisines indienne, chinoise et thaï, la cuisine birmane n'a pas réussi à se forger une place bien qu'elle possède toutes ces influences. Etrange...

 

 

 

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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 12:50

Hsipaw est donc une petite ville de campagne qui respire la tranquillité et où la vie s'arrête à 21h00. Il y fait encore bon à cette saison et pour les locaux, les polaires en synthétiques se portent de jour comme de nuit. Hsipaw a bonne réputation auprès du backacker flâneur, car il y a plein de balades à faire aux alentours. Pour ma part, je choisis de battre la campagne, de remonter le fleuve un peu plus haut et de me perdre chez les moines bouddhistes. Départ au petit matin, en compagnie d'un guide descendu des montagnes environnantes, et d'un petit groupe de marcheurs. Au total, nous sommes cinq.

 

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Pour sortir de la ville, il n'y a qu'à traverser la voie ferrée et nous voilà déjà dans les champs, levant un coin du voile brumeux qui nappe les environs. Quelques rares paysans sont déjà aux champs. Ce n'est pas la bonne saison pour la culture du riz, car nous sommes en fin de saison sèche. Des mois qu'il n'a pas plu. Quand la terre donne bien, près du fleuve, les agriculteurs en profitent pour faire un peu de culture maraîchère. Ou alors ils font pousser du maïs (oange!) ou des pastèques qu'ils exportent vers la Chine voisine.

 

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Nous grimpons à l'assaut d'une colline pour mieux admirer le paysage et dénombrer les stuppas présentes un peu partout. Nous traversons des villages aux maisons de bambou, montées sur pilotis pour ne pas être inondé en saison des pluies. Les femmes sont assises sur leur pas-de-porte et tressent des paniers en bambous qu'elles vendent ensuite pour 5 kyat pièce au marché. Nous faisons une pause avant de grimper dans notre barque et dégustons une délicieuse soupe de nouilles shan: du bouillon, des nouilles de riz épaisses, de la purée de tomates fraîches, quelques herbes et du piment. Un délice.

 

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Le long du fleuve, la vie suit tranquillement son cours. Les enfants jouent au ballon, les femmes font la lessive, un jeune couple déménage un peu plus bas, et l'exploitation du sable du lit va bon train. De puissants aspirateurs balancent de l'eau sur des tamis géants et le sable est ensuite mis à sécher et expédié en camions.

 

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Nous nous arrêtons au milieu de nulle part, ou seule une vieille femme vit. Elle nous enlace sur notre passage, trop contente de voir un peu de monde. A une dizaine de minutes de là, un monastère bouddhiste, perché sur une colline, étrangement désert et silencieux. Il y a bien un vieux moine dans la salle de prière et quelques jeunes. L'un d'entre eux en profite pour nous apporter une assiette d'ananas frais que nous engloutissons en buvant du thé. L'hospitalité est une tradition chez les moines, d'autant plus qu'ils vivent exclusivement de dons. Le matin, ils se lèvent bien avant l'aube pour prier. Puis ils descendent dans les villages voisins quêter leur nourriture. Après l'heure du déjeuner, ils ne mangeront plus, mais étudieront, se délasseront, se prélasseront, prieront jusqu'à la tombée du soir. Pour moi, il est temps de redescendre dans notre petite ville, profiter de la fin de l'après-midi à la terrasse de l'hôtel et compter les heures qu'il me reste avant de retrouver ma copine Katia qui débarque tout bientôt de sa Belgique natale. Retour à Mandalay pour 2 semaines accompagnées. Youpi!

 

 

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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 14:22

Située à l'est de Mandalay, Hsipaw n'est plus bien loin de la Chine, peut-être 200km, soit 7-8 heures de route. Mais mon ambition n'est pas d'aller jusque-là, d'autant qu'après Hsipaw la route n'est pas ouverte aux étrangers. Oui, la Birmanie s'ouvre progressivement. Hsipaw est une petite bourgade au coeur du territoire shan, une de ces ethnies minoritaires qui composent la Birmanie. A la fin des années 50, les ethnies se sont alliées avec les Bamars majoritaires afin de bouter l'ennemi anglois hors de la zone. Elles ont ensuite réclamé le fédéralisme, mais c'est alors que la junte a débarqué, arrêté et jeté en prison les leaders ethniques et le silence s'est abattu sur le paysage politique birman. A Hsipaw, le prince fut arrêté comme les autres, mais il n'est jamais revenu. Le pouvoir a toujours refusé d'admettre son assassinat. Ses filles et sa femme, autrichienne, se sont exilées aux Etats-Unis et refusent de revenir au pays tant que le gouvernement n'aura pas jeté toute la lumière sur cette sombre affaire. Le neveu a donc pris la suite et a connu de nombreux passages en prison. Le Lonely Planet explique d'ailleurs qu'il jouit actuellement d'une résidence surveillée et qu'il est fortement déconseillé de se rendre à son palais, autrefois ouvert aux visiteurs. Ma première balade dans Hsipaw m'a conduit jusqu'au palais et quelle ne fut pas ma surprise de constater que les visites avaient repris. J'ai été reçue par la princesse qui m'a longuement comptée l'histoire de la famille. Son mari siège désormais à la capitale Shan, au sud de l'état et est chargé de négocier le fédéralisme avec l'Etat birman. De son côté, elle veille à l'entretien de la maison comme elle peut et reçoit les visiteurs. Le palais ne ressemble en rien à un palais traditionnel shan, car celui-ci a brûlé et un manoir à l'anglaise a été reconstruit.

 

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Manoir du Sussex? Non, palais shan!

 

Je continue ma visite de Hsipaw en me rendant à "Little Bagan". Bagan est le joyau  birman, un site exceptionnel de temples en ruine, qui vient compléter la trilogie d'Angkor au Cambodge et Hampi en Inde. Ne m'étant pas encore rendue à Bagan, je suis curieuse de découvrir sa version miniature. Je remonte un chemin bordé de quelques maisons et me retrouve bien vite au milieu des rizières asséchées. Et que dire de Little Bagan, si ce n'est que les Birmans ont l'art de l'exagération. Il s'agit en réalité de 5 stuppas en ruine en face d'un vieux monastère en tek. Rien de bien impressionnant, même si le cadre bucolique est des plus agréables. J'espère juste que Big Bagan sera vraiment beaucoup beaucoup beaucoup plus grand.

 

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Tiny mini Bagan

 

Bon, j'ai visité le palais shan, vu les ruines de 3 stuppas en brique, qu'y a-t-il d'autre à Hsipaw? L'industrialisation étant inexistante dans ces contrées, le tissu économique est essentiellement agricole et artisanal. Les Birmans sont de grands mangeurs de nouilles: sautées, frites, en bouillon. Hsipaw compte donc sa petite fabrique de nouilles qui sont ensuite vendues un peu partout dans le pays. Le matériel doit dater du XIXème siècle, mais ça tourne encore et on voit bien que la révolution fordiste n'est pas encore passée par là. Des plaques de pâtes sont faites à base de farine de riz, puis envoyée vers la machine à faire les nouilles. Les nouilles sont disposées sur des bâtons de bois et mises à sécher au soleil. En période de pluie, l'activité se fait un peu moins intense, car les nouilles sèchent moins vite... 

 

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Fabrique de nouilles    

 

Les nouilles sont aussi vendues au marché central qui ressemble à tous les marchés du sud-est asiatique. Un bric-à-brac de nourriture, de vendeurs de tissu, de couturières, de vendeurs de pièces détachées de toute sorte, etc... Juste derrière ce grand marché, caché par les maisons bordant sa rive, le fleuve, autre centre de vie. Je me pose à la terrasse d'un café et regarde défiler la vie. Les paysans viennent donner le bain à leurs buffles qui ont l'air d'aimer ça. Une femme remplit sa barque de pierres récupérées dans le lit de la rivière à l'aide d'une pelle. Puis elle se rend sur la rive et les décharge. Un camion dégageant une fumée plus noire que de la suie va et vient pour récupérer du sable. Les bateaux, de longues barques creusées dans des troncs d'arbre, passent occasionnellement. Qu'il soit terrestre ou fluvial, le transport motorisé n'est pas encore l'apanage des campagnes. J'ai vraiment l'impression de débarquer au Moyen-Age parfois, heureusement sans Christian Clavier, laissé à la maison.

 

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Les buffles à l'heure du bain

 

 

 

 

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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 07:34

Le birman est une langue retors. Rien ne se prononce comme ça s'écrit, ce qui est d'autant plus bizarre qu'ils n'utilisent pas notre alphabet. Pourquoi ne se sont-ils pas contentés de traduire phonétiquement les mots alors? Hein? Bref, Pyin-Oo-Lwin se prononce Pyin-Ou-Leïn, le kyat (la monnaie) se prononce tchiat, minglabar (bonjour) se prononce minglaba, etc... Je prends un pick-up pour me rendre à Pyin-Oo-Lwin, réputée pour son jardin botanique et ses jolis petits cottages de style anglais. La ville est située dans les montagnes et faisait office de "capitale d'été" sous l'empire britannique. Nos amis rosbifs venaient y chercher un peu de fraîcheur en été, lorsque la température en plaine est proprement étouffante. Là, nous ne sommes pas encore en été, et le soir, la polaire est la bienvenue pour sortir et même pour dormir.

 

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La mosquée de Pyin-Oo-Lwin

 

Ma première obligation consiste à me trouver une chambre pour la nuit. Les endroits pourris sont complets. Ne reste qu'un hôtel à $25 la nuit, mais qui a le mérite d'être correct une fois les rideaux ouverts, la lumière naturelle filtrant à travers les carreaux brunis de poussière. Décidément, il n'est pas réjouissant de dormir en Birmanie. La petite ville de Pyin-Oo-Lwin est guillerette avec sa mosquée début XXème, son temple hindou, ses églises pentecôtistes ou adventistes et ses temples bouddhistes. Je pars me promener mais rencontre quelques problèmes dans ma progression, car ici les chiens se montrent agressifs. Ils aboient quand ils ne grognent pas, et ceux qui me connaissent, savent que j'ai peur des chiens. Je marche tout de même les 4 kilomètres qui me séparent du jardin botanique.

 

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Le jardin botanique

 

L'entrée est payante, même pour les locaux, et je croise des grappes de Birmans faisant partie de la classe moyenne, voire supérieure, venus à Pyin-Oo-Lwin pour le week-end. Apparemment, ce jardin est une attraction majeure, avec ses pelouses rasées de près, ses bosquets fleuris un peu kitsch, ses forêts de bambou et de tek, sa "serre" aux orchidées (pas besoin de serre ici), et même ses singes. Pas de macaques ici, mais des singes extrêmement bruyants, qui s'appellent d'arbre en arbre et dont je ne connais pas la marque. Si un disciple d'Allain Bougrain-Dubourg traîne dans les parages et peut éclairer ma lanterne...

 

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Un singe (et même "une singe")

 

Bref, Pyin-Oo-Lwin constitue une étape plaisante sur la route de Hsipaw, petite ville perdue aux confins du territoire Shan, à quelques encâblures de la Chine occidentale et qui sera ma prochaine étape. Mais avant de rejoindre Hsipaw, je vais devoir prendre le train, apparemment une expérience unique en son genre qui nécessitera bien un article à elle toute seule.

 

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28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 08:21

Après une courte escale d'une nuit à Bangkok, me voici débarquée à Mandalay, Birmanie. Ma bible Lonely Planet m'a mise en garde. Le pays est largement sous-développé et s'ouvre à peine. Pas de distributeurs de billets, une hôtellerie désuète et spartiate, des durées de trajet à rallonge. En contrepartie, un pays "intact" à cent mille lieues de ses confrères asiatiques. Et quelle ne fut pas la claque prise en débarquant de mon avion sur le tarmac de Mandalay. On sent bien que malgré quelques efforts de modernité, l'aérogare ne doit pas voir passer plus de 10 vols par jour. Seuls quelques chauffeurs de taxi essayent de te soutirer une course et il n'y a même pas de parking pour garer les véhicules. Sortis de l'aéroport, il n'y a pas un seul panneau publicitaire pendant des kilomètres et des kilomètres. Il n'a pas plu depuis plusieurs mois et j'ai plutôt le sentiment de débouler au milieu de la savane africaine plutôt qu'entre l'Inde et la Chine. Seules quelques stuppas clairesemées s'élèvent au-dessus des herbes sèches, attestant d'une présence humaine. A l'approche de la ville, la circulation s'intensifie quelque peu et les maisons de bois sur pilotis cèdent le pas à des immeubles carrelés de quelques étages.

 

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Camionnette de livraison dans Mandalay

 

Je peine un peu à trouver un hôtel, car en trois ans (mon guide date de 2010) les prix ont tout bonnement doublé, voire triplé. Et à la vue des chambres tristounes, cela fait mal au coeur de devoir lâcher $25 pour une petite pièce sans lumière du jour, dont la peinture du plafond s'écaille sur le lit, sans mentionner le salepêtre dans les salles de bain. Après les dortoirs à $6 du Vietnam, cela fait mal au budget! Je commence par prendre mes repères dans la ville en me rendant au marché, où la route groudronnée cède rapidement la place à une allée de terre battue. Comme toujours au marché, l'animation bat son plein et je découvre hébétée, les autocars et camions à "moteurs ouverts", les maisons de bois dans la deuxième ville du pays, les puits aux carrefours des rues où viennent se laver les habitants, la poussière, la poussière et encore la poussière. Après 5 mois de voyage, le dépaysement est total et l'Inde fait figure de pays de milliardaires, que de milliardaires. Si ce n'étaient pour les quelques mobylettes et voitures japonaises, on se croirait dans un décor du Moyen-Age.

 

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Bar de rue    

 

Mon amie Katia devant me rejoindre dans une semaine à Mandalay, je m'épargne la visite des monuments payants et me contente de parcourir quelques temples "secondaires". Quelle ne fut pas ma stupéfaction en découvrant ce temple au sept cents stuppas, abritant chacune une partie des textes sacrés, gravés dans le marbre. Je rends visite à un bouddha, le premier d'une longue série, si grand et si lourd, qu'il a fallu pas moins de 10 jours et deux mille hommes pour transporter le bloc de marbre de la rivière à la ville, distante d'une dizaine de kilomètres. Je médite au soleil couchant devant les remparts de l'ancienne cité royale, Mandalay ayant longtemps été la capitale de la Birmanie. Et je mets rapidement le cap sur Pyin-Oo-Lwin, petite station d'altitude sise à 70km au nord est. Premier contact avec Myanmar (oui, parce que là-bas plus personne ne dit Birmanie) pris et bien pris. La claque!

 

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Quelques unes des 700 stuppas 

 

 

 

 

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  • : Viens je t'emmène... J'ai initié ce blog à l'occasion d'un périple de 3 mois en Australie, Nouvelle-Zélande et parcs nationaux US... Et puis j'ai continué à chacun de mes voyages. Si toi aussi tu as la bougeotte et que tu aimes découvrir de nouvelles destinations, tu es sur le bon blog!
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