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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 11:00

Allepey est le port d'entrée des backwaters. Je m'en vais me dégoter une petite croisière sympathique. Il y a l'embarras du choix. Tout ce que je ne veux pas, c'est une croisière avec une nuit à bord. Je me vois mal seule sur le navire avec le capitaine et le cuisinier. C'est certainement charmant à faire en couple ou en famille. Je me suis levée tôt afin de me trouver la croisière qui va bien. Mais avant tout, petit-déjeuner à l'hôtel. Je discute avec le réceptionniste qui m'a toujours autant à la bonne. Il a justement ce qu'il faut (comme par hasard). Il me propose une croisière en canot, à la rame, avec visite de village. Parfait! C'est justement ce que je veux. Je fixe la durée à 4h00 avec un départ en début d'apès-midi.

 

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Mon canot et mon pépé

 

Mon réceptionniste-que-je-ne-sais-meme-pas-comment-il-s-appelle me dépose à moto. Je t'entends déjà mon lecteur à l'eau de rose, mais je pense sincèrement qu'il fait le plan à toutes les nanas qui voyagent seules. Revenons à nos canaux. Un petit vieux édenté m'attend sur le quai d'un minuscule canal. Je grimpe dans sa pirogue simplement et conforablement aménagée. Un auvent tressé en feuilles de cocotier, un matelas adossé à une planche en bois, ça va le faire. Pépé remonte le canalounet pour déboucher sur une canoroute, mais le spectacle est purement splendide. Je ne vais pas te raconter chaque cocotier, manguier, noixdecajoutier, bananier croisé en chemin. Je ne vais pas te raconter tous les bateaux croisés en chemin. Je ne vais pas te raconter toutes les personnes croisées en chemin. Ce serait trop long. En revanche, j'ai passé une après-midi idyllique sans aucun bruit de klaxon! Un truc de dingue! Je laisse mes photos parler pour moi (pour une fois) et te foutre bien les boules mon lecteur loin des contrées exotiques. Et bien sûr, c'est mieux en vrai. Bisou-bisou.

 

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Les bateaux à touristes, calqués sur les barges de transport de riz

 

 

 

 

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Dans la lumière rasante de fin de journée

 

 

 

 

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Un canoroute à l'heure de pointe

 

 

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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 06:16

Elle est pour qui la grasse mat'? Mon bus, le seul, l'unique pour Allepey ne part qu'à 13h. J'en profite pour ne rien faire ce matin. Ca a aussi du bon. Je hisse Laurel à coup de treuil sur mon dos sur le coup de midi, heure du check-out. La gare routière n'est vraiment pas loin. La preuve, il ne me faut que 10mn pour m'y rendre à un rythme suisse. J'y suis donc bien en avance et mon bus n'est pas encore là. Je me pose dans un coin, l'oeil à l'affût de tout nouvel arrivant. Si je le rate, je suis bonne pour attendre le lendemain. Sur le coup de 12h40, un chauffeur de rickshaw m'avise "Si vous allez à Allepey, votre bus c'est celui-ci" dit-il en me désignant un fier autocar blanc qui vient de faire son entrée sur le parking. Je prends la place à l'avant, celle où on peut allonger ses jambes et où on n'a pas de voisin; celle que parfois le contrôleur se réserve. Et à 13h, c'est parti. Nous traversons les montagnes. L'air est pile-poil parfait: un petit peu de fraîcheur qui vient surfer sur mes bras nus. Les champs d'épices se succèdent pour soudain laisser la place à des plantations de thé. Tout ce vert à l'infini, planté sur des versants abrupts. Je ne peux que regretter que le ciel ne soit pas d'un bleu tranchant et que la profondeur de champ s'en trouve quelque peu restreinte.

 

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Les plantations de thé

 

Nous roulons, roulons, parfois à vive allure. J'admire secrètement le chauffeur qui lace la route en évitant les rickshaws, les voitures d'en face qui doublent un peu imprudemment, les vaches sacrées, les enfants et les vieillards... Et soudain, c'est le drame! Le contrôleur a activé la cloche, celle que l'on sonne pour demander l'arrêt. Sauf que personne ne descend. Enfin, si, le contrôleur. Le chauffeur suit les mouvements de son collègue dans le rétroviseur. Il inspecte la roue arrière gauche. Hmm, ce n'est pas bon signe. Le chauffeur descend à son tour. C'est encore moins bon signe. Et puis tous les hommes du bus descendent eux aussi. Plus on est de fous, plus on a d'avis. Le chauffeur décide de continuer sur le rythme latin "que va piano, va sano". Notre monture n'est pas allée bien loin pour autant. Le chauffeur nous a lâchés à la première gare routière venue. Un jeune homme qui était dans le bus m'explique la situation en anglais. Il me dit que nous devons attendre dans le bus et qu'il me préviendra quand notre bus arrivera. Ce qu'il fait. Par chance, je trouve une place assise, car le bus est déjà bien rempli. Cahin caha, nous continuous notre chemin. Arrivés à la gare routière de petaouchnok et alors que nous ne sommes plus qu'à 20km d'Allepey, mon jeune ange gardien m'intime la recommandation de descendre, car notre bus ne va pas à Allepey. Nous devons attendre un nouveau bus ici. Docile comme un mouton fatigué, je le suis et me plante sur le parking. Un bus, deux bus, douze bus et toujours pas un pour Allepey. Tout d'un coup, mon petit jeune se met à courir en direction d'un vieux tacot qui vient de faire son entrée. Il se précipite à la porte, bouscule deux trois types qui veulent monter dans le bus comme nous. Il jette un coup d'oeil par-dessus son épaule pour s'assurer que je suis toujours là. Tout juste s'il ne m'aurait pas gardé une place à côté de lui. Mais point n'est besoin, j'ai de quoi prendre mes aises. A l'arrêt suivant, c'est une marée humaine qui nous rejoint, et qui me fait penser à une rame de la ligne 4 un jour de grève.

 

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C'est la fête au temple


J'arrive tant bien que mal à Allepey. Afin de t'expliquer brièvement la situation, Allepey est coincée entre la côte de Malabar et les backwaters. Les backwaters, ce sont 900km de canaux naturels entre Fort Cochin et Kollam (tu n'as qu'à regarder sur une carte mon lecteur géographe). Je me réfugie dans un "Heritage Home", un hôtel au charme d'antant. Apparemment le réceptionniste m'a à la bonne. Il me refile un cottage avec la clim' pour le prix d'une chambre. Comme quoi, en Inde, on ne se fait pas toujours avoir. Et je dois dire que les gens du Kerala, où je me trouve depuis quelques jours maintenant sont particulièrement gentils. Comme quoi, le communisme a du bon (je n'irai pas jusqu'à dire que c'est cela qui rend les gens heureux). Ah si, une dernière chose, en me rendant dans le seul hôtel de la ville qui sert des bières bien fraîches, je suis tombée sur une cérémonie devant un temple hindou: "la danse des sièges fous". Quatre porteurs font danser deux fauteils recouverts de fleurs alors que deux hommes font sauter en l'air et tournoyer des palanquins au son des percussions. Il semblerait que ce soit une des fêtes de nouvel an dans le calendrier hindou. Je me suis arrêtée un moment pour les regarder et j'ai couru jusqu'à la bière la plus proche.

 

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14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 15:00

Comme annoncé dans mon article d'hier, j'ai renoncé à la course au tigre organisée. J'ai tout de même besoin de me dépenser un peu, et l'idée d'aller marcher dans le parc me tente. Il y'a une promenade de 3kms à faire, jusqu'au lac, une attraction touristique majeure. Il semblerait que les Indiens se précipitent en masse dans de vieux rafiots pour faire le tour du lac, et dans l'espoir de voir quelques animaux. J'y crois moyen, connaissant le niveau de décibels nécessaires à un Indien pour qu'il se sente en sécurité. D'ailleurs, dès l'entrée du parc, le visiteur est accueilli en fanfare par des enceintes qui crachent une musique qui s'entend à 1km à la ronde. Le son était encore trop fort quand je suis passée devant les enceintes les oreilles bouchées. Rassure-moi mon lecteur mélomane, c'est un Indien qui a inventé le ghetto blaster, non?

 

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L'entrée du Peryiar Park, sans le son

 

Je me suis acquittée des 300 roupies de droit d'entrée (contre 25 pour le touriste indigène) et youplaboum, me voilà partie. En chemin, je suis dépassée (et kalxonnée grrrr) par des vélos, des rickshaws, des motos, des camions, des bus... ils se ruent tous à l'embarcadère pour le dernier départ prévu dans 45mn. Ma tranquillité n'est pas vraiment assurée et je doute franchement de voir quoi que ce soit. Et pourtant, j'ai croisé ce que je qualifierais de biche. Si tu aimes "Chercher Charlie", tu la trouveras sur cette photo.

 

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Alors, alors, alors???

 

J'arrive moi zaussi à la jetée. Avant cela j'ai dû traverser le parking blindé de véhicules en tous genres et de mes amis les macaques. Hé hé, cela faisait longtemps. Je regarde le vieux raffiot se charger, sans regret. Là, je me fais attraper par un étudiant en tourisme qui a un petit questionnaire à me faire remplir. Ce n'est pas comme si j'avais rendez-vous, alors je le lui remplis son petit questionnaire de 120 questions sur 5 pages! En plus, il ne porte que sur le Kerala, où je suis arrivée la veille. Je n'ai pas grand chose à répondre. Le parc fermant à 17h00, et sachant qu'il est 15h30, je me remets en route dans l'autre sens. Là, je croise une nouvelle variété de singe, beaucoup plus placide que ses cousins beigeasses (Jean-Michel, c'est quoi comme singe?). Oui, c'est le problème de la découverte de la nature sans guide: je n'apprends pas grand chose. Ces 6km m'auront tout de même permis de respirer autre chose que les vapeurs d'autorickshaw et de profiter d'un silence momentané, ce qui ici, n'a pas de prix. Toute revigorée par ces aventures, je me laisse aller à une nouvelle découverte culinaire: le chicken lollipop. Oui, oui, la sucette au poulet. Il s'agit en realité de pilons marinés dans des épices et frits. Comme quoi, il n'y pas que les Belges qui aiment le frit!

 

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Le lac Peyriar et son embarcadère des années 30

 

 

 

 

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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 13:27

Kumily est un village perché en haut d'une montagne, à la frontière du Tamil Nadu et du Kerala. Ayant emprunté les transports en commun, le bus m'a d'ailleurs arrêtée à la barrière côté tamoul. Kumily est surtout un village dédié aux touristes qui viennent nombreux pour visiter le Peryiar Wildlife Sanctuary. Il s'agit essentiellement de touristes locaux. Les backapckers sont peu nombreux, mais il semblerait qu'ils se soient tous donné rendez-vous chez Mickey, la guest-house que je vise. COMPLET. Mickey me recommande la guest-house de son voisin qui s'avère tout à fait recommandable. Une grande chambre en tek, une terrasse avec des bancs en pierre, le tout pour 700 roupies (10€), je saurai m'en contenter. Je lâche les sacs sur le lit et part faire un tour avant la nuit. Je me dirige tout droit vers l'Ecocentre qui propose des randonnées dans le parc. Etant seule, c'est 800 roupies. On peut être jusqu'à 4 par groupe, mais c'est à moi de trouver les personnes et de me faire payer par eux. Pffff, ce paye me désole, me désespère. Je suis en vacances, pas censée faire du rabattage pour l'Ecocentre. Comme je suis un poil bornée, je leur tourne le dos. Tant pis. J'irai faire de la rando ailleurs.  

 

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Un des 5 cocotiers de Kumily

 

La végétation est bien différente de celle rencontrée jusqu'à présent. Les cocotiers sont à compter sur les doigts d'une main et remplacés par des bananiers, mais surtout des plantations d'épice: cardamome (Ingmar tes Krisprolls!!), vanille, canelle, le choix est vaste. Cela se traduit en ville par une multiplicité d'échopes spécialisées dans les épices. En fait Kumily, c'est un hôtel, une guest-house, un spice shop, un hôtel, une guest-house, un spice shop, etc... La linéarité de la formule est parfois interrompue par une petite épicerie (traditionnelle) ou un vendeur de bananes séchées. La nuit arrivant, je me prépare à aller dîner dans un des hôtels décents de la ville. Je me délecte de Chicken 65, des morceaux de poulet marinés avec des épices, puis frits. Hmmm, une nouvelle découverte plaisante.

 

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Il faut combien de temps à un bambou pour atteindre cette taille?

 

Je suis épuisée de fatigue ce soir, alors je fonce me coucher. Il semblerait qu'il y'ait une fête quelque part. Des chants qui m'ont l'air bien traditionnels emplissent l'air du soir, entrecoupés de discours crachés dans des enceintes surpuissantes. Impossible de trouver le sommeil. Ahh, si, ça vient... rrronpschitt. Bzzz-bzzz, il est 2h00 du matin et un moustique vient me grésiller dans les oreilles. Voilà bien un bruit qui m'empêche de dormir. J'allume la lumière. Rien. En revanche, les 5 énormes piqûres sur mes jambes, je les vois bien. Tout à mon bonheur de pouvoir bénéficier d'un peu de fraîcheur nocturne, je me suis étalée SUR les draps! Je me retartine d'anti-moustique et j'éteins. Bzzz-bzzz. En plus il est intelligent ce con! Dès que j'allume il disparait, dès que j'éteins il vient me chatouiller les oreilles! N'ayant pas réussi à lui faire la peau, à 3h00 du matin, j'abandonne définitivement la partie. Je me glisse dans mon sac-à-viande et j'enfile un sweat-shirt, ce que j'ai de plus épais pour ce qu'il me reste de nuit. Comme il a une capuche, je m'en recouvre les oreilles pour essayer de ne plus entendre le petit monstre. Sans grand succès. C'était vraimment très bien cette petite nuit au sauna.

 

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Chicken 65 - et les oignons sont doux

 

 

 

 

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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 15:43

 

J'ai opté pour un hôtel que le Lonely Planet donnait à un prix raisonnable. Disons qu'en 4 ans, le prix a presque triplé. Je sais que l'Inde ne connait pas (trop) la crise, mais je doute que l'inflation soit telle! Bref, à 2300 roupies, je dis à la réceptionniste que c'est trop cher. Elle me dit "attendez". J'attends. Elle me propose le même tarif mais avec le petit-déjeuner inclus et accès à internet à volonté. Bon, OK, 30€ la nuit, je peux tout aussi bien me le permettre. Et puis j'en ai marre des chambres crasseuses. Et puis il y'a la clim'. Depuis Pondi, je n'ai plus que ce mot-là à la bouche. L'hôtel est super clean, la chambre digne d'un Novotel, allons-y. Bien évidemment, je ne mets pas longtemps à découvrir que petit-déjeuner et internet étaient de toute façon compris dans le prix. Ehh ouais, ils sont très forts ces Indiens!

 

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Vue depuis le rooftop restaurant où on respire la brise du soir aux sons de la ville

 

Maintenant que ça c'est fait, je me lève à 6h45 le lendemain pour aller visiter le Temple Sri Meenakshi. Un énorme complexe, avec plein de gopurams peinrluturés de couleurs vives, et des pèlerins à ne savoir qu'en faire. J'y vais tôt pour 3 bonnes raisons: l'accès ne se fait que pieds nus; plus j'y vais tôt moins il y'aura de monde; j'ai de nouveau 4 heures de bus à faire pour Kumily. La visite a été vite expédiée. Interdiction d'entrer dans l'enceinte du temple avec un appareil photo, et moi je ne laisse pas Victor entre les mains d'un inconnu. Ca m'aura au moins permis de faire un petit tour dans la ville avant qu'elle ne soit en pleine ébullition. C'était plutôt pas mal.

 

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Richement orné le temple!

 

Allez zou! Un nouveau tape-cul, qui cette fois est plein quasiment tout le trajet. Cela signifie qu'en plus de me taper le cul donc, je me claque régulièrement les genoux dans les dents. Y'a pas à dire, je n'ai pas le physique indien. Cela ne m'a pas empêchée de profiter du paysage et de jubiler intérieurement à la vue des premières montagnes. Imagine un espace plat comme une mer d'huile et tout d'un coup, la croupe de Beyonce surgirait à l'horizon. Ou-hou, shake your booty! Ces monts m'émerveillent et me laissent penser que bientôt ces perles de sueur qui coulent le long de mon échine vont céder la place à des frissons de fraîcheur. Je me surprends à rêver d'avoir froid. Rien ne sert de rêver, je n'ai pas eu froid. Mais, la température est enfin supportable. Il fait peut-être 32° en journée, et ô miracle le thermomètre est descendu à 23° pendant la nuit. Ah oui, si je suis venue ici, c'est pour les températures clémentes mais ausi pour le Peryiar Wildlife Sanctuary, ses tigres, ses éléphants, ses singes et tout et tout. Mais ça, c'est pour demain!

 

 

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Le popotin de Beyoncé ou les seins de Mariah Carey?

 

 

 

 

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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 10:08

Tanjore, aujourd'hui appelée Thanjavure par les Tamouls, est un petit point sur la carte du Tamil Nadu entre Pondichéry et Madurai, la grosse ville du centre. J'y suis arrivée hier, en fin d'après-midi et j'ai trouvé à me loger à l'hôtel gouvernemental. Il s'agit d'un ancien palais destiné à heberger les invités du roi local. J'ai bien dit "ancien". Salles de bain, chambres et pièces communes sont pour le moins décaties, mais pas encore trop sales. Et il y'a la clim'. Haha, c'est que j'y ai pris goût. Je prends la douche de rigueur et sort faire un tour en ville. Il s'agit d'une artère principale bordée de boutiques textiles et de bijoux. On croirait que toute la ville s'est donnée rendez-vous. Je n'ose pas imaginer le samedi ou le dimanche. Je suis à la recherche d'un café internet qui bien entendu a fermé ses portes depuis la parution de mon guide. Tant pis, je dine tôt (mes 2 bananes de midi sont déjà loin), trouve un autre café pour mes besoins emailesques et me couche tôt.

 

 

 

 

Le lendemain, je saute du lit à 8h00 pour aller visiter le temple de Tanjore. Il s'agit d'après les experts, du top du top de l'architecture d'époque Chola, soientles X-XIème siècles. Entre qui veut dans le temple, à la condition de laisser ses chaussures à l'entrée. Un tapis en jonc de mer est déroulé sur l'ensemble du complexe (et crois-moi, c'est vaste). Pas con, putôt que de se brûler les pieds sur les pierres chauffées à blanc, autant se les râper sur de la corde! Bon, je suis mauvaise langue as usual. L'intention est tout à fait excellente, car même s'il est encore tôt, les briques sont plus hot que le plus hot des plats indiens. Mes pas suivent donc le chemin "fléché". En plus de présenter 3 gopurams (les grandes tours peuplées de personnages) d'une grande finesse, le temple comporte de nombreux sanctuaires, bâtis à des époques diverses. On y trouve aussi le plus grand et gros et gras boeuf sacré de toute l'Inde. Les hindous sont nombreux à venir se prosterner devant lui, et surtout à se faire prendre en photo.

 

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Le temple de Tanjore: une merveille d'architecture d'époque Chola

 

Le mur d'enceinte comporte encore ses fresques d'origines, bien que leur origine ne remonte qu'au XVIIIème siècle. Je ne sais gros ponte a souhaité laisser sa trace et a commandé 108 lingams et fait peindre les murs intérieurs de l'enceinte. Tu vois mon lecteur royalo-socialiste, ce n'est pas très différent du Louvre: combien de rois y ont laissé leur empreinte? Pour ce qui est du socialiste qui s'est pris pour Louis XIV, point n'est besoin de le nommer.

 

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Quelques uns des 108 Lingayone

 

Une fois ma visite terminée, je reprends le chemin de la douche, enfile Laurel et Hardy sur mes vêtements propres et file à la gare routière. Je fais route sur Madurai, à 4h de bus d'ici. Il y'a là aussi un temple incroyable parait-il, et c'est une étape pratique pour attraper un bus pour l'étape suivante. Et oui, je fais halte utile. Je profite d'être arrivée pas trop tard pour me pencher sur mon itinéraire à venir. Il faut que je planifie quelque peu, notamment si je veux me dégoter une chambre à Ooty, le Gstaadt (sans le ski) des Western Ghats, et si je veux une couchette pour remonter sur Bombay. J'irai visiter le Temple Sri Meenakshi tôt demain matin, avant de sauter dans un nouveau bus. Aïe mon coccyx.

Et maintenant que tu as tout l'article, le titre tu l'as compris, mon lecteur joueur?

 

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Pendant que le veau dort, le boeuf dîne?

 

 

 

 

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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 18:37

Ben oui. Cela fait pile un mois que je me promène chez les Indiens hindous. Et il me reste tout juste un mois pour faire encore un peu de tourisme culturel, un peu de trekking et m'occuper un peu de moi. Même si j'ai toujours été nulle en maths, je crois pouvoir dire que je suis  a la moitié de mon voyage. Et cette moitié, je la passe avec très peu à te livrer mon lecteur fêtard. Je l'ai passée dans le bus. Rallier Pondichéry a Tanjore (aujourd'hui appelée Thanjavure) requiert de la patience et un fessier en béton, deux qualités que je ne possède pas. Il m'a fallu 6h30 pour faire 350km max., assise sur les banquettes en skai de bus aux suspensions douteuses. Autant te dire que quand je me suis levée, j'étais toute aureolée du postérieur, alors qu'évidemment, mes congénères de transit, rien, nada, peau de balle! Ils m'énervent ces Indiens.

 

 

 

Oui, ils m'énervent ces Indiens! Pas uniquement parce qu'étant nés sous ces cieux peu auspicieux, ils transpirent somme toute assez peu. En ce qui me concerne, j'ai dàja répandu l'équivalent d'une mousson, alors qu'ils ne viennent pas me parler de sécheresse. Ils ont plein d'autres caractéristiques qui, disons-le franchement, me tapent sur le système. Alors oui, a l'aube de ce moisiveraire, je m'en vais te leur casser leur canne a sucre sur le dos! En premier lieu, l'Indien n'aime pas ne pas savoir ou ne pas comprendre. Il en résulte des situations parfois ubuesques, car il va répondre n'importe quoi à ta question plutôt que de ne pas répondre. Disons que demander son chemin a un Indien qui parle mal anglais peut s'avérer risqué. Tu auras vite fait de te retrouver à l'opposé de là où tu voulais aller mon lecteur égaré.

 

 

 

 

Au-delà de ce petit péché d'orgueil, la barrière de la langue est souvent bien réelle. Il y'a tout d'abord les inscriptions en hindi et en hindi only qui ne me sont d'aucune utilité, notamment dans les gares routières. Pas facile de trouver son bus quand tous les panneaux sont illisibles. Heureusement, il me reste la parole. Comme je viens de l'expliquer mon lecteur qui percute, ce n'est pas toujours une garantie. L'autre problème est que, même en anglais, je ne les comprends pas toujours. Ainsi, j'ai failli passer la nuit d'hier dans ma chambre inondée à cause d'une climatisation défaillante. Le réceptionniste n'a pas compris que ma clim' fuyait (voire plus). Il pensait que je me plaignais de ce que ma clim' ne marchait pas. Il m'a donc expliqué (il serait plus juste de dire baragouiné, mais je ne veux pas me faire taxer de supériorité neo-colonialisto-raciste) que pour l'instant nous étions sur groupe électrogène et que le courant revenait a 21h00 - il était 20h30. Mais moi, n'ayant pas compris qu'il n'avait pas compris, j'ai crû comprendre que quelqu'un allait venir réparer la clim' a 21h00. J'ai commencé à trouver la situation limite quand il n'a pas voulu me changer de chambre. Tout s'est bien fini quand j'ai dit "water everywhere". Il a ouvert des yeux cvomme des soucoupes "Water?!. Ah ben oui, c'est vrai que jusque là, j'avais utilisé des termes comme "dripping" et "flooded"...

 

 

 

 

Et puis évidemment, l'Indien adore arnaquer le touriste blanc (peut-être que le noir aussi, hein). Je me suis vue proposer un trajet de 2km à 200 roupies a Pondichery, quand à Bombay où ils utilisent le compteur, tu payes 70 roupies pour 6km. Tout, tout, tout se négocie. Ce n'est pas mon fort parce que je n'aime pas ça. Et puis ça fait perdre du temps. Le type te dit un prix, tu en dis un autre (au moins moitié moins), le type s'offusque et te demande ton dernier prix. Là, tu lui redis que ton dernier prix c'est celui annoncé au départ. Le type dit non. Tu fais OK, et tu t'en vas. Ensuite le type te court après et redonne ton prix avec 10 roupies de plus. Là, c'est à toi de voir si tu dis tope là, ou si tu continues à pied, sachant que DE TOUTE FACON tu payes encore 3 fois plus cher que le local. Même si, dès le départ, tu sais que tu te fais arnaquer, ben il y'a des fois où tu te fais arnaquer plus que d'autres et ça saouuuule. 

Promis, mon prochain article "de transition" sera tout positif sur les trucs supers de l'Inde. Heureusement, il y'en a aussi! Et puis, toute généralité n'est à prendre en compte qu'avec ses exceptions: il y'a des Indiens charmants. Ouf!

 

 

 

 

 

 

 

PS: les photos (qui viendront quand elles pourront) n'illustrent pas mes propos. C'est juste que je les aime bien et que je n'ai pas réussi à les caser plus tôt

 

 

 

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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 00:00

Avant de quitter définitivement Pondichéry, il faut bien reconnaitre que j'ai craqué! J'ai cassé la tirelire et me suis offert une nuit dans un superbe boutique hotel, où toutes les chambres sont climatisées, siouplait! J'avais vraiment besoin de m'octroyer une pause et pendant une courte journée, de ne pas me sentir poisser en permanence. J'ai donc clairement paressé à l'abri de ma clim', dans un lit douillet, l'ordimini sur les genoux et le wifi dedans (l'ordimini, pas mes genoux évidemment).

 

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La chambre 13 de la Villa Shanti: porte-bonheur

 

Comme je suis une copine hors paire (hein les filles?), j'ai entrepris une excursion hors de l'hôtel pour acheter foison de foulards en pashmina et laine et soie. Comme mes copines ont des goûts très sûrs et très improbables en ce qui concerne l'Inde, je n'ai pas trouvé les couleurs souhaitées par la plupart d'entre elles. Bleu cobalt, jaune soleil, vert émeraude ne sont apparemment pas les dernières tendances made in Pondi. 

 

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Hmm, je prendrais bien un de chaque

 

Je peux bien te l'avouer mon lecteur travailleur, je n'ai pas réussi à paresser complètement. J'ai prolongé mon dimanche, en poussant jusqu'à la cathédrale, qui se trouve hors-les-murs du quartier français. J'ai donc franchi le rubicon, en l'occurence un canal couvert, qui fait office de ligne de démarcation entre enclave civilisée et ville infernale. Une fois sortie du quartier français, le concert de klaxons reprend de plus belle et la circulation redevient anarchique. Je réussis tout de même à arriver entière jusqu'à la cathédrale. Comme toutes les églises "coloniales", il s'agit d'une bâtisse bien blanche à l'architecture quelconque. Comment se fait-il que nos bâtisseurs et nos grands architectes n'aient pas exporté leurs talents pour bâtir des autels de perfection à Dieu? La puissance de nos flèches gothique auraient-elles pu susciter la peur et l'émoi dans le coeur des autochtones en voie de conversion? L'évêché de Pondi a réussi un tour de force bien supérieur à la construction d'une banale cathédrale. Elle a réussi à faire venir la grotte de Lourdes aux Indes. Et j'en veux pour preuve cette superbe photo. Sache que si tu te rends à Lourdes mon lecteur pèlerin, il y'a de fortes chances pour que la grotte que tu visites soit en réalité une Lourdes II. Je conclus qu'à des fins de préservation, les autorités ecclésiastiques ont jugé bon de faire venir la grotte de Lourdes à Pondi et de bâtir une Lourdes II à Lourdes... un peu comme à Lascaux. Il faut dire qu'ici, les visiteurs sont beaucoup moins nombreux (pourtant Dieu sait s'il y'a une montagne de miracles à accomplir!

 

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La grotte de Lourdes à Pondichéry

 

 

 

 

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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 14:35

Et nous voici à nouveau dimanche, jour du seigneur. Pondi la catholique tourne au ralenti. Les rues du quartier français sont désertées. A peine quelques sans-abris pour dormir à même le sol à l'ombre d'un arbre. Sentant le coup venir, j'avais gardé cette journée pour arpenter les rues du quartier en long en large et en travers et faire un peu de photos. Comme je te l'ai déjà écrit mon lecteur oublieux, les villas se cachent bien souvent derrière de hautes façaces d'où ne dépassent que palmiers et bougainvilliers. Bougainvilliers qui s'appliquent à jeter des brassées de couleurs flamboyantes dans les rues de la ville et des flaques d'ombre sur les trottoirs. 

 

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Bougainvilliers, eucalyptus et cocotiers, le tiercé gagnant!


Je remonte la rue Suffren, oblique sur la rue Surcouf, emprunte un bout de la rue Romain Rolland. Cette promenade à travers l'échiquier d'une petite France dont les hérauts d'époques variées partagent le goût de l'Inde m'amuse et me transporte et... me fait suer - au sens littéral bien sûr. Toujours cette chaleur écrasante qui vous transformerait en flaque si on la laissait faire. C'est pourtant bien armée d'un chapeau et d'une bouteille d'eau fraîche que je parcours les rue de la ville. Mes pas me conduisent jusqu'au Consulat de France, qui marque la limite septentrionale du Quartier Français, et qui jouit d'une vue notable sur le Golfe du Bengale. En face, il y'a la Thaïlande. C'est aussi un des rares palais du front de mer en bon état de conservation. Il donne une idée bien nette de l'architecture coloniale typique du coin, du ocre-moutarde tartiné sur la plupart des bâtiments français (pour qu'on les reconnaisse bien): Lycée Français et Alliance Française subissent le même sort. Il semblerait que les huiles françaises locales aient optées pour un hommage à la moutarde de Dijon!

 

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Le consulat général de France à Pondichéry

 

La France ne s'est pas arrêtée là en matière de sévice visuel. Il semblerait qu'elle ait participé à la réfection de Notre-Dame d'Agnès, comme en atteste un petit paneau-label "Maison de France" ou un truc du genre. Je ne sais pas si le choix des couleurs est fidèle aux originales, mais si j'étais la Jeanne d'Arc qui lui fait face et qui doit supporter cet outrage 24/24 et 7 jours sur 7, je crois bien que j'en laisserais tomber mon étendard! "Je ne peux même pas me faire la malle au galop, ils m'ont représentée de pied ces abrutis!"

 

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Notre-Dame d'Agnès et cette pauvre Jeanne au spectacle

 

L'avenue Goubert est le lieu de promenade privilégié des Pondichériens, plus particulièrement le dimanche en fin de journée. A partir de 5 heures, les familles, les couples, les amis sortent de chez eux et se retrouvent sur la promenade du front de mer. La circulation est en principe interdite sur l'avenue, mais il semblerait que le mot "interdiction" ne soit pas très respecté dans ce pays. Néanmoins, les rues avoisinantes se transforment en parking à motos. Déambuler sur Goubert, c'est l'occasion de se faire arroser par quelques vagues un peu plus puissantes que les autres et qui viennent s'écraser sur les brises lames; c'est l'occasion de manger une glace, une barbe-à-papa, des fruits; c'est l'occasion de passer un bon moment ensemble.

 

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Beau comme un tableau

 

 

 

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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 12:40

Quand la France s'expatrie qu'exporte-t-elle? Les jolies boutiques, le luxe, du design et de la déco subtile... le charme et le bon goût à la française. Tout ce que n'ont pas su faire nos amis mangeurs de stilton. Bien sûr, l'empire colonial de sa majesté rosbif était bien supérieur à celui de la France; bien sûr la décolonistation à l'anglaise s'est avérée beaucoup plus efficace économiquement parlant pour les mangeurs d'agneau à la menthe. N'empêche que... quand il s'agit de visiter les anciennes colonies, on s'esbaudit d'un confetti de France. Perso, je n'ai jamais entendu personne dire qu'il allait à Bombay pour voir la gare Victoria en vrai!

 

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Le Café des Arts sert de délicieux croissants et de la bonne baguette!

 

Pondichéry est donc bien un petit paradis à la française, mais avec un temps à l'indienne. Toujours ce maudit thermomètre qui ne veut pas descendre en-dessous de 30. Et dans ce cas-là qu'est-ce qu'on fait? Eh bien, du shopping pardi! En avant pour la virée des boutiques climatisées. Je dois commencer par trouver un magasin de photo, car mon lecteur de cartes a rendu l'âme. Yakademander et c'est fait. Je fais un petit détour par la Boutique d'Auroville. Auroville est un projet kitsch-beatnik-new age-utopiste qui s'est monté dans les années 70, sous l'impulsion de la Mère, Mirra Richard, compagne du gourou Sri Aurobindo. Le projet consiste à faire vivre ensemble des gens de tous pays, en parfaite harmonie. Ils vivent en autarcie et de dons. Ils ont donc une boutique où ils revendent ce qu'ils produisent. Je m'attendais à des horreurs new age, tie & dye... eh bien non, pas trop. Déjà, ils vendent des cartes postales, ce qui en Inde fait figure d'originalité. On y trouve aussi des saris, des foulards, quelques fringues mettables... Bref, j'ai participé à l'effort de guerre aurovillais en achetant quelques babioles et j'ai continué ma tournée.

 

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Shoppiiiiiiiing!

 

Le but n'est pas de te décrire par le menu toutes les boutiques que j'ai bien pu faire. La différence principale entre les boutiques de Pondi et les autres, c'est qu'il s'agit de vrais magasins. Les articles sont soigneusement sélectionnés, la qualité est au rendez-vous. Rien à voir avec les bric-à-brac à touristes où tout se négocie. Bon, les prix sont clairement plus élevés aussi. Je me suis réfugiée le soir venu dans un boutique-hotel du tonnerre, qui sert du vin (buvable) au verre et une cuisine d'anthologie. J'envisage même de casser la tirelire et d'y passer une nuit, histoire de prendre un bain de luxe. Juste une petite nuit sans moustiques, où je pourrais dormir 6 heures d'affilée grâce à la clim'... c'est trop demander?

 

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Tandoori fish tikka and naan

 

 

 

 

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  • : Viens je t'emmène... J'ai initié ce blog à l'occasion d'un périple de 3 mois en Australie, Nouvelle-Zélande et parcs nationaux US... Et puis j'ai continué à chacun de mes voyages. Si toi aussi tu as la bougeotte et que tu aimes découvrir de nouvelles destinations, tu es sur le bon blog!
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