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23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 07:27

De retour à Delhi avec Oli, nous descendons cette fois-ci au Méridien, toujours grâce à un passe-droit qui nous garantit des tarifs hyper compétitifs. L'hôtel délirant mélange les genres, les matières et les couleurs pour laisser un arrière-goût d'Orange Mécanique au fond des rétines. De l'extérieur, le Méridien n'est jamais qu'une tour de verre teinté, d'acier et de béton, monolithe bleuté surplombant la verdure du proche quartier des ambassades et des hôtels de luxe de New Delhi.

 

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J'en profite pour opérer une petite digression sur l'urbanisme new delhien (sic). Delhi a souvent fait l'objet de convoitise et lorsque les Anglais décidèrent en 1911 de rapatrier la capitale de Calcutta à Delhi, ce ne fut jamais que la huitième renaissance de la ville. Les Rosbifs entreprirent de grands travaux d'Hercule qui prirent 20 ans pour aménager de larges avenues, construire un palais digne de ce nom au Vice-Roi des Indes, dessiner les jardins de la ville verte et prévoir des quartiers ghetto pour loger toute la clique administrative. Les sujets de sa très grâcieuse majesté ne profitèrent de leur belle capitale que 16 courtes années. En 1947, les Indiens réussirent enfin là où Jeanne d'Arc avait échoué: bouter l'ennemi hors du territoire. Par un beau raccourci que l'Histoire m'autorisera, nous pouvons en arriver à cette conclusion tragi-comique: Gandhi est la Pucelle indienne. 

 

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Revenons à nos moutons méridionaux. Olivier et moi traversons l'immense hall pour retirer la clé de notre chambre, située au 8ème étage. Nous pénétrons dans l'ascenseur de verre et profitons de la vue sur l'immense patio laissé creux au coeur de la tour. Les chambres sont distribuées autour des coursives comme dans les prisons. Sauf que cette prison-ci affiche des tarifs à 150€ la nuit sur Booking.com, sans le petit-déj. Nous levons la tête jusqu'au 22ème et dernier étage et apprécions le restaurant suspendu au-dessus du vide. Que les sujets au vertige se rassurent, les architectes, dans leur folie créatrice, ont oublié de prévoir un plancher en verre. 

 

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Curieusement, les chambres ne reprennent pas la thématique des parties communes. Le temps de glisser la carte magnétique dans la fente de la serrure et nous quittons l'univers de Kubrick pour pénétrer dans celui de Kaurismäki. Habillée de bois blond, la chambre fait penser à une cabine géante de sauna finlandais. Coupe la clim,' et tu y es!

 

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En bons Françaouis civilisés que nous sommes, nous nous précipitons au bar de l'hôtel. Celui du lobby, pas celui tout en haut, qui ressemble à une pâle copie du boudoir de Marie-Antoinette avec fauteuils de faux-style. Un truc à plaire aux Ricains. Bref, le bar du bas nous laisse . On se croirait dans un club échangiste gay de province. Noir laqué ou mat, gris perle ou satiné, hmmm, ce style a vécu les amis! Je me console avec un gin tonic, afin de rendre un hommage appuyé à nos voisins d'en face, ceux à l'autre bout du tunnel. Une fois l'apéro avalé d'une traite, nous nous laissons piquer par une mouche qui nous entraine dans un restaurant chinois du quartier. Clap de fin de l'aventure Méridien.

 

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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 06:37

Puisque nous nous sommes levés très tôt, nous disposons d'un peu de temps devant nous pour épaissir notre carnet de visite. Ca tombe bien, parce qu'Agra regorge de sites à voir. Le Taj Mahal emporte le haut du pavé et en ferait presque oublier le reste. Agra, c'est aussi un fort, classé lui aussi au Patrimoine Mondial de l'UNESCO. Si Agra possède autant de richesses historiques, c'est parce qu'elle fut capitale au XVIIème siècle. Je vous ai déjà parlé de Shah Jahan, empereur moghol qui a beacoup contribué au développement d'Agra et de son fort. Il a laissé en héritage une deuxième merveille, qui fut la très belle surprise de cette escapade.

 

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 L'entrée du fort d'Agra

 

Nous attaquons la visite sur le coup de 11h00 et par 38°. Déambuler dans Agra, c'est un peu comme se promener tout habillé dans un hammam géant ou enfiler une combi-doudoune pour sortir en boite de nuit. Nous nous faisons entreprendre par les guides en mal de touristes à l'entrée du fort. Et nous cédons au charme d'un Indien parfaitement francophone, légèrement roublard sur les bords, avide d'anecdotes croustillantes probablement fausses. Néanmoins, nous retirons quelques informations crédibles et fort intéressantes sur le fort. A commencer par le fait qu'il est toujours en activité et qu'une grosse partie est inaccessible au public, donc la mosquée. Une autre partie inacessible est le palais des miroirs, trois petites pièces aux murs recouverts d'éclats de miroirs ouvertes aux grands de ce monde et même aux petits puisque Nicolas S. y a eu accès. Nous attaquons par les appartements de la première épouse, qui selon notre guide était laide comme un pou, mais qui disposait d'autres avantages que les hommes apprécient. Nous enfilons les pièces comme les perles sur un fil et plus la visite progresse plus la finesse d'exécution augmente.

 

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 Les appartements de l'empereur

 

Shah Jahan avait trois épouses et plein d'enfants. Il a donc agrandi le fort en faisant construire un appartement pour ses filles, un pour sa deuxième épouse, Mumtaz, un pour lui-même. Le marbre blanc débarque dans le fort de grès rouge et là encore, les incrustations de pierres colorées viennent agrémenter les sculptures dans le marbre. Les architectes démontrent une grande ingéniosité en créant notamment des pièces climatisées. Un système de canalistation fait courir de l'eau dans les parois doubles des murs ou sous le sol. Des ouvertures sont crées aux 4 vents afin de créer des courants d'air. Des rideaux entravent les portes pour un peu d'intimité, de lourds tapis persans recouvrent les sols pour un plus grand confort. Louis XIV et son Versailles, c'est de la gnognotte à côté! (Désolée Tristan, j'ai trouvé mieux!). Il manque quand une pièce indispensable à toute maisonnée qui se respecte et qui fait que je ne pourrais résider au Fort d'Agra trop longtemps, il n'y a pas de cave! Peut-être pourrais-je envisager de convertir les geôles du harem. Elles sont situées sous une esplanade de marbre blanc, à l'abri de la lumière. Et il y a de la place!

 

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 Les douves et un gazebo ouvert aux 4 vents

 


Aurangzeb a d'abord emprisonné son père Shah Jahan dans le fort lorsqu'il a l'a détrôné. Celui-ci avait exigé de voir le Taj Mahal à tout moment de la journée. Il a donc passé quelques années dans l'appartement de l'aînée des filles transformées en cellule de luxe. Ses seules sorties étaient pour les prières à la petite mosquée des appartements impériaux. Aurangzeb, bien que fils ingrat, était très pieux. C'est lui qui a fait construire la grande mosquée aujourd'hui confinée dans la partie militaire interdite au public. Dommage, il parait qu'elle est splendide. Il faudra que je pense à demander au petit président ou à Carlita comment ils l'ont trouvée. 

 

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      La mosquée privée

 

 

Ce fort, c'est tout de même le centre du pouvoir. Il y a donc des bâtiments administratifs conséquents. C'est qu'il fallait bien collecter l'impôt pour payer toutes ces frasques architecturales! Ca tombe bien, Aurangzeb aura été un des plus riches empereurs moghol à régner sur le nord de l'Inde. Ses récoltes financières s'élevaient à la modique somme de £38,625,000 en 1690! Je ne comprends pas qu'il n'ait pas érigé un Taj en or pour son épouse préférée. Le rat! Mais revenons à nos moutons. L'empereur donnait audience public en compagnie de ses ministres. Un hall avait été conçu tout exprès. Chaque ministre s'installait au pied d'un des piliers alors que l'empereur trônait surélevé. Le cahier des charges imposait donc que l'empereur puisse voir chacun de ses ministres d'où il était assis. Depuis le trône, aucun des piliers n'est aligné avec un autre.

 

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 La salle d'audience publique

 

Bon, on aurait bien traîné un peu plus longtemps avec Olivier, mais c'est qu'il fait super chaud et nous avons un train à attraper. Retour à New Delhi dans l'après-midi. On repasse à l'hôtel en vitesse récupérer nos sacs et nous reprenons un taxi jusqu'à la gare. Nous attendons avec impatience l'arrivée du train afin de nous ruer sous la clim bienfaisante et de nous octroyer une sieste bien méritée sur nos couchettes.

 

 

 

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21 septembre 2013 6 21 /09 /septembre /2013 07:19

Le Taj a fait couler beaucoup d'encre. Rabindranath Tagore y voyait "une larme sur la joue de l'éternité", alors que Rudyard Kipling le décrivit comme "l'incarnation de la pureté des choses". Shah Jahan, lui-même, voulait édifier un bâtiment qui fasse "couler les larmes des yeux du soleil et de la lune". Lady Diana y a fait une apparition en solitaire qui avait créé le déchaînement de la presse people. Mais où était donc le Prince Charles? Si je laissais libre cours à ma plume et à mon talent mon lecteur émerveillé, je pourrais en dire que nulle mariée ne saurait rivaliser avec cette grosse meringue, la plus belle d'entre toutes. C'est beau non?

 

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Le Taj a nécessité le dur labeur de 20,000 ouvriers venus d'Inde et d'Asie Centrale. Les pierres de couleur servant aux fresques florales furent importées. Les extraits du Coran ne sont pas gravés dans le marbre, mais bien incrustés en jaspe (quartz noir). La construction du Taj prit 8 années, mais il en fallut 22 pour parvenir à l'achèvement du site. Après quoi, Shah Jahan fut destitué et emprisonné par son propre fils, le troisième qu'il a eu avec Mumtaz. Il exigea cependant d'avoir une vue qui lui permette d'admirer le tombeau érigé pour sa femme. J'ai oublié de préciser dans l'article précédent, que Mumtaz Mahal est décédée en donnant la vie à leur 14ème enfant.

 

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L'intérieur du tombeau est de facture classique, c'est à dire une pièce centrale octogonale, entourées de 8 niches. Chaque niche est percée d'un moucharabieh finement ciselé dans le marbre, ce qui permet d'amener la lumière jusqu'au centre du bâtiment pourtant imposant, à toute heure du jour. Les cercueuils de marbre sont là pour la galerie, car les corps reposent dans la crypte fermée au public. Ils ne sont visibles qu'à travers un claustra ciselé dans le marbre. Toute photo est interdite à l'intérieur du Taj et les gardiens veillent plus particulièrement auprès des tombes. En bonne française qui pense qu'une règle est faite pour être contournée, voire ignorée, voici un de mes plus beaux clichés pris avec Toupouri, mon ersatz d'appareil photo.

 

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Bien entendu, je recommande à tout un chacun un pélerinage au Taj Mahal. La beauté et la délicatesse n'ont jamais fait de mal à personne. Il faut juste s'armer contre la chaleur insupportable, surtout si tu décides d'y aller en journée. Ah oui, évite aussi le vendredi. Le Taj est fermé pour cause de jour de prière. Seuls les Musulmans peuvent accéder à la mosquée.

 

 

 

 

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19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 00:00

Nous nous sommes levés à l'aube... même un peu avant, tiens! La campagne était nimbée d'un voile blanc lorsque nous sommes partis et seul un coin de ciel rosissait à la vue du soleil montant. Nous avons quitté le confort très douillet de notre hôtel 5 étoiles, l'ITC Mughal pour ne pas le nommer, devenu le mètre étalon du luxe en voyage selon Olivier Champroux. Pétales de rose au pied du lit et dans la salle de bain, un homme en costume folklorique qui vient préparer la chambre pour la nuit et qui t'enfile de force les pantoufles de l'hôtel, des chocolats de bienvenue, une baignoire, une douche pouvant accueillir l'équipe de France de rugby, des toilettes séparées, la possibilité de faire changer le matelas pour du plus ferme ou les oreillers pour des plus mous... ce ne fut pas facile de s'arracher à autant de douceur à 5h30 du matin. Nous avons sauté dans un rickshaw hélé au hasard de l'avenue encore déserte à cette heure. Et nous avons lutté le temps du court trajet pour ne pas refermer les yeux.

 

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Malgré l'heure ultra matinale, tu l'auras compris mon lecteur ensommeillé, il y'a déjà un peu de queue au poste de sécurité. Les touristes étrangers ont leur file propre, et somme toute parfaitement déserte à cette période de l'année et heure de la journée, mais il faut savoir jouer des coudes pour franchir l'unique portique de sécurité. Comme je l'ai remarqué à de nombreuses reprises, l'Indien (ou l'Indienne) est prêt à te marcher dessus plutôt que de perdre une place dans la file. L'idée étant même d'en gagner, si possible. Olivier rencontre quelques soucis à cause de son sac à dos rempli de snacks, chewing-gum, cigarettes... tous ces possibles déchets interdits de fréquentation sur le site le plus visité d'Inde. L'Indien étant particulièrement négligeant avec son environnement, précautions sont prises pour laisser le site du Taj le plus propre possible. Une fois la sécurité franchie, nous pénétrons dans la première enceinte de grès rouge qui délimite le site, percée au sud, à l'est et à l'ouest de portes permettant l'accès. Au nord, se trouve la rivière Yamuna. Arrivés par l'ouest, nous nous dirigeons au sud afin de franchir la porte de la deuxième enceinte qui entoure le Taj Mahal. En elle même, cette porte d'accès constitue une oeuvre d'art: grès, marbre, incrustations de pierres de couleur dans le marbre... et le Taj qui se dérobe encore à notre regard.

 

 

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Nous franchissons enfin la porte, et le voici, plus beau et majestueux encore que dans les films et les livres. On a beau l'avoir vu 100 fois, 1000 fois en représentations de toutes sortes, la magie opère et nous ne pouvons retenir une minute d'émerveillement à la vue de ce palais funéraire qui se dresse dans la brume matinale et se reflète dans les bassins de l'immense jardin. L'instant passé, nous nous imposons au milieu du flot de touristes (je n'ose pas imaginer le monde à la pleine saison et en milieu de journée) pour arracher notre photo devant le Taj. Je prends la pose, Olivier prend la pose, nous prenons des tonnes de clichés, qu'il faudra ensuite trier. 

 

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Nous remontons les jardins jusqu'à une petite esplanade de marbre blanc - de toute façon il n'y a que ça à l'horizon- qui constitue un point de vue idéal pour une vue rapprochée du mausolée. Pour l'histoire, le mausolée fut construit par l'empereur moghol Shah Jahan à la mort de son épouse favorite, Mumtaz. Aujourd'hui encore, Mumtaz y repose entourée de feu son époux et de ses fils. A l'époque des faits, qui remonte à la fin du XVIIème siècle, la capitale se trouvait à Agra. Shah Jahan a fait édifier le mausolée le long de la rivière, sur un promontoir qu'il pouvait aperçevoir depuis son palais. Nous accédons enfin au saint des saints, après avoir ôté nos chapals (sandales). A cette heure, l'esplanade de marbre blanc est encore fraîche. Nous faisons le tour du monument en admirant la délicatesse des incrustations dans le marbre;

 

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en appréciant la symétrie parfaite du lieu: toutes les faces du Taj Mahal sont identiques, une mosquée a été construite contre le mur d'enceinte à l'ouest, une fausse réplique lui répond à l'est.

 

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On prétend que les tours sont légèrement penchées pour qu'elles ne s'effondre pas sur le palais en cas de tremblement de terre, les escaliers d'accès sont dissimulés dans la base de marbre blanc afin que rien ne vienne troubler la perspective... bref, Shah Jahan a fait appel à des architectes et des ouvriers de grand talent pour réaliser ce chef d'oeuvre.

 

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18 septembre 2013 3 18 /09 /septembre /2013 07:14

C'est avec un plaisir non dissimulé que je m'envole vers le grand nord retrouver mon ami Olivier, pour une excursion éclair à Delhi et Agra. Je profite de passer par Cochin pour déposer Mark, mon appareil photo, auprès d'un service agréé Canon. Ils m'annoncent d'emblée qu'ils doivent envoyer l'appareil à Bangalore, à 500km de là, pour auscultation et devis. Je profte également de passer par Cochin pour acheter un appareil numérique premier prix. Hors de question d'accueillir Mr Champroux sans immortaliser le moment. 

 

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Je récupère Olivier à l'aéroport et nous filons à la gare de Nizzamuddin, destination Agra, la ville du Taj Mahal. Nous avons deux heures à tuer avant le départ du train et nous en profitons pour entreprendre la visite du tombeau d'Humayun classé au Patrimoine Mondial de l'UNESCO, et faisant figure d'un des plus beaux monuments à visiter à New Delhi. Il se trouve à un jet de pierre de la gare, et je crois même que nous sommes passés devant en taxi. Nous nous y rendons à pied. En arrivant devant le site, nous découvrons qu'il ne s'agit pas du tout du tombeau d'Humayun, mais de celui de Khan-i-Kahan. Si tu veux savoir qui c'est, contacte Wikipedia ou mieux, Jean-Michel Blatrier, puits sans fond de sciences qui reprend le flambeau de la connaissance éclairée avec talent depuis le décès de notre regretté Me Capellovici.

 

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Une fois le tour (vite) fait du tombeau de Khan-i-Kahan, nous nous plongeons dans le guide afin de nous rendre au tombeau d'Humayun. Il était le deuxième empereur moghol, celui qui a importé le style persan dans le nord de l'Inde, notamment en édifiant sa tombe, celle de sa femme et de son barbier. Le tombeau d'Humayun s'étend sur un site verdoyant à l'écart de la circulation. Un premier enclos ceint abrite la tombe d'un notable du coin. Ils savaient recevoir les morts à l'époque!

 

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Evidemment, celui d'Humayun l'emporte en grandeur, prestige, finesse, beauté, délicatesse. Il est agrémenté de jardins de style persan, notamment avec le jeu de bassins. Le mausolée est lui aussi ceint par un mur contre lequel s'adosse une petite mosquée. C'est la tradition, mon lecteur. 

 

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L'intérieur du tombeau est lui aussi beaucoup plus travaillé. La chambre funéraire, située au coeur du bâtiment, est entourée d'alvéoles aux fenêtres ciselées qui tamisent la lumière. Humayun repose au frais dans son tombeau de marbre blanc.

 

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Le temps presse et nous fondons sous les 36 petits degrés de Delhi. Nous reprenons un rickshaw pour la gare, faisons maigre étape au buffet. Juste le temps d'avaler un thali (assortiment de mets végétariens) et de se réapprovisionner en eau fraîche et nous sautons dans notre wagon climatisé de seconde classe pour une sieste bien méritée, en attendant de rallier la parfaite incarnation de l'art funéraire.

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9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 12:27

Je reprends mon voyage là où je l'avais laissé en mai dernier, à Alleppey, capitale mondiale de "la croisière s'amuse". Adossée à un réseau fluvial de plusieurs centaines de kilomètres, les touristes du monde entier y font escale, le temps d'une promenade de quelques heures ou plusieurs jours. Souvenez-vous, j'avais opté pour le mode silencieux et écologique de la pirogue il n'y a pas si longtemps. Septembre marque la fin de la mousson et le calme touristique. Les "grandes vacances" sont finies un peu partout dans le monde et ici, le temps alterne encore entre grosses averses et éclaircies. Les Alleppéiens (sic?) s'emmerdent et attendent le retour de jours meilleurs. Autrefois, avant l'exploitation intensive des canaux à des fins touristiques, Alleppey vivait confortablement de l'exploitation cocotière. Non, non, il ne s'agit pas d'élevages poules mais bien de la cueillette et de la transformation de la noix de coco: huile, lait, coco séchée, fibre pour tapis... Tout cela est bel et bien terminé et seule subsiste une usine de fabrication d'huile de coco. Mais comme je l'ai dit, pas de touristes à l'horizon. Les bateliers attendent bien sagement aux abords du Lac Vembanad la reprise et en profitent pour mener quelques travaux de réfection sur leurs embarcations. Enfin, ça, c'est pour ceux qui peuvent se le permettre.

 

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Mon retour en Inde marque le plaisir des couleurs retrouvées. J'avais oublié la qualité de la lumière, même quand il ne fait pas beau, et l'utilisation abusive de tonalités chatoyantes afin d'égayer un quotidien pas toujours très funky. Tant qu'il ne pleut pas, j'en profite pour aller me promener le nez au vent, en recherchant de préférence des endroits à l'écart du fourmillement permanent et du concert de klaxons. S'il y a une chose qui ne m'a pas trop manquée, c'est le bruit. Et encore, je m'y réadapte assez allègrement. Je suis toujours réveillée par le chant du prêtre, quand il ne tape sur ses "casseroles", les jeudi, jour de fête hebdomadaire au temple voisin. Le vendredi, ce sont les imams qui prennent le relais et psalmodient la journée entière dans des micros relayés par haut-parleur dans toute la ville. Seul le dimanche retrouve un peu de calme. Les gens restent chez eux, pour la plupart.

 

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J'ai profité de ces premiers jours pour aller photographier des endroits repérés précédemment, comme ce parking à camions. Vu leur taille, ils doivent effectuer des livraisons dans les alentours uniquement, mais leur decorum n'a rien à envier à leurs gros cousins transnationaux. J'ai également profité de ces premiers jours pour ne rien faire. Si ce n'est regarder la pluie tomber, ou me rendre à Marari Beach pour dégoter un petit bungalow de plage qui devrait ravir Mehul et Olivier, les premiers de mes amis à me rejoindre. J'ai retrouvé mes copains les moustiques, qui me font une fête de tous les diables. En voilà qui sont contents de me retrouver! Moi moins, et je commence à me dire que mon tube d'Apaisyl ne va pas durer bien longtemps à ce rythme là. Mon corps est déjà entièrement recouvert de petits dômes blancs bordés de rouge.

 

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Je vous avais promis une acclimatation en douceur, et c'est bien ce qui se produit. En revanche, cette semaine à suffi pour que ma tendre moitié, mon 5D MarkII, tombe gravement malade. Il ne peut plus marcher. Je vais donc le déposer à la clinique Canon à Cochin, en espérant que ce n'est pas trop grave. Cela m'ennuie bien, car je ne vais pas avoir mon super appareil et mes supers objectifs pour saisir la beauté du Taj Mahal et la folie de New Delhi, où je me rends demain.

 

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4 septembre 2013 3 04 /09 /septembre /2013 12:10

Des plaques rouges sont apparues sur mes avant-bras il y a quelques mois, peu apres mon retour d'Inde. Inquiete, je me suis rendue chez le medecin qui m'a bien vite rassuree. "Rien de grave," m'a-t-il dit. "C'est une crise de voyageite aigue. Il faut que vous repartiez." Sure que sur l'ile de la Tentation je n'aurais pas fait long feu. J'ai donc succombe avec delice a mes vieux demons de nomade en m'achetant un Bruxelles-Kochi. Retour prevu le 8 juin 2014. Je repars de la ou j'avais laisse en plan mon dernier voyage: Allepey, Kerala, India. C'est l'occasion de saluer les amis que je me suis fait et de me reacclimater au poisseux climat tropical qui ne va plus me lacher ces 9 prochains mois.

 

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Mardi 3 Septembre, lever 6h30. Un petit-dejeuner rapide pris dans le salon d'Olivier qui m'heberge depuis que j'ai rendu mon appartement la semaine precedente. A gros voyage, gros moyens. Je mets ma vie europeenne entre parentheses et ouvre celle de la decouverte et des rencontres. Et qui sait? Peut-etre la parenthese restera-t-elle enchantee a jamais... Mais en attendant, dur retour a la realite. Olivier me jette a la Gare Centrale d'ou j'attends longuement le train en retard pour l'aeroport. Debut du voyage et de ses incertitudes. Je demande au chef de quai quand le train pour Brussels Airport est prevu. Il verifie, m'annonce 10 minutes de retard et me demande pour ou je pars. "L'Asie" lui reponds-je. Il insiste pour savoir ou et me demande si je compte aller aux Philippines. "Bah... je sais pas trop a vrai dire. Les echos ne sont pas toujours formidables." Et lui de m'expliquer qu'il faut faire les iles du Sud encore preservees, ne surtout pas trainer a Manille, que Cebu ne vaut pas la peine... Sa femme est de la-bas. Nul doute que si je m'y rends, j'aurai une pensee pour lui. Et cela me fait aussi penser que le sac a dos vous rend tout de suite sympathique aux yeux des gens. Si j'avais ete en tailleur sur ce quai de gare, nul doute que nous n'aurions pas echange de la meme maniere.

 

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Allez hop! C'est parti. Au programme de la journee, Bruxelles-Doha (Qatar) et Doha-Kochi (Inde). Le premier vol de 6h30 se passe sans encombre. Nous sommes a l'heure et je decouvre la desorganisation aeroportuaire qatarie. Ici, pas d'avion au contact d'un terminal. Ils sont tous poses sur le tarmac, assez loin du Terminal d'Arrivee ou de celui des transferts. Nous attendons le bus, grimpons dedans, nous entassons quelque peu. Le chauffeur ferme les portes, demarre et s'arrete aussitot. Il complete tranquillement des formulaires pendant 5-10 minutes, puis se decide a demarrer pour de bon. Il depose les quelques passagers qui se rendent pour de vrai au Qatar (quelle drole d'idee) puis va faire la queue au terminal des transferts. Puisque tout le monde y accede par bus, il y a un mini embouteillage devant. Le seul avantage, c'est que nous ne repassons pas le controle de securite. A peine le temps d'ecarquiller les yeux devant les tonneaux de Nutella ou les maxi-paxks de 5kgs de M&M's ou de Mars du duty free, que j'embarque pour Kochi. La aussi, vol sans encombre, jusqu'a l'atterrissage. Nous sommes a l'approche, assez bas, dans les nuages, et la le pilote remet les gaz et reprend de l'altitude. Ouaiiiiiiis, pas tres cool. Il n'a pas assez de visibilite et va tenter une seconde approche, qui echoue a nouveau. Moralite, nous nous retrouvons reroutes sur Trivandrum, a la pointe sud de l'Inde a 45mn de vol. La (il est 4h45 du matin), nous sommes consignes a bord de l'appareil en attente d'instructions. Apres une heure d'attente, on fait le plein et on remet les gaz sur Kochi. Le temps se leve. On se pose finalement a 6h30, avec 3 heures de retard, tout ca parce que le pilote a du obtenir sa licence 15 jours auparavant dans un Kinder Surprise. Nous sommes le seul appareil a ne pas nous etre poses cette nuit-la.

 

 

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Je te passe la migraine a force de decoller, aterrir, etre pressurisee puis depressurisee; la joie de rouler la fenetre ouverte au petit matin et a tombeau ouvert jusqu'a Allepey; le plaisir de retrouver le confort de mon petit bungalow et des matelas indiens; et je rends grace a tous les grevistes de la circulation qui manifestaient contre une essence trop chere: il n'y a meme pas trop de bruit. Je parie sur une acclimatation tranquille d'une semaine avant de gagner le nord du pays pour quelques aventures accompagnees dont je te donnerai des nouvelles, mon lecteur qui m'a manque. A chacun sa petite rentree tranquille. Ne rien brusquer surtout.

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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 09:31

Et voilà, mon voyage est terminé. Après 3 longues semaines de pause à Allepey, Kerala, il est temps de rentrer en Europe. Le coeur n'y est pas en ce mardi 7 mai à 3h30 du matin. Nous venons d'essuyer un gros orage qui heureusement s'est arrêté avant de prendre la route. Mes amis d'Allepey se sont tous levés pour m'accompagner à l'aéroport de Cochin: Anoop, Sumesh, Sami, Kuoloop. Viens dire que les Indiens ne sont pas sympas! Après 1h30 à dépasser des camions, il est temps de se dire au revoir. C'est le coeur vraiment serré que je grimpe dans l'avion Kochi-Mumbai et que je regarde rapetisser les cocotiers.

Arrivée à Bombay, nous ne sommes pas au contact. Un bus vient nous chercher et nous dépose au pied du terminal. Là, excès de bureaucratie inutile à l'indienne, un type tamponne les cartes d'embarquement. MERDE ! J'ai laissé la mienne dans la pochette qui se trouve devant mon siège, avec les instructions de sécurité. Le responsable du contrôle m'explique que soit j'attends 30mn que tout le monde ait débarqué, soit je retourne à l'avion la chercher. Incredible !ndia... je retourne donc à l'avion par le gros bus qui m'a déposée. Le chauffeur retourne sur le tarmac et me dépose au pied d'un appareil. Les hommes de ménage ont déjà investi l'avion et un responsable de la sécurité se trouve au pied de la passerelle. Je lui explique la situation. Et lui m'explique que le vol était en provenance de Calicut et pas de Kochi. Ce n'est pas le bon appareil. Par excès de zèle il me demande tout de même mon numéro de siège et monte vérifier. En attendant mon gros bus me reprend et me dépose 2 avions plus loin. Le temps de faire le trajet, j'aperçois le reponsable sécurité du premier avion (tu suis là, mon lecteur préféré?) une carte d'embarquement à la main. Je retourne à pied vers lui, mais ce n'est pas la mienne. Il s'agit de la palce 7D, moi j'avais la 6F. Réexplications avec le responsable sécurité du 2ème appareil, qui ne sait pas trop d'ou vient son avion.

Bref, en tant que touriste blanche me baladant sur le tarmac du terminal international de Bombay, je ne passe pas inaperçu. Une estafette s'arrête à notre hauteur et le passager commence à palabrer avec les personnes présentes. Lui semble savoir où se trouve le vol en provenance de Kochi. Et il n'est pas là du tout. Je remonte dans mon gros bus, qui reprend la route et me dépose 500 mètres plus loin devant un avion qui effectivement me dit quelque chose. Je réexplique la situation au responsable sécurité de cet appareil qui me laisse grimper et oh miracle! ma carte d'embarquement se trouve là où je l'avais laissée. Moralité, TOUJOURS GARDER SA CARTE D'EMBARQUEMENT SUR SOI EN INDE.

 

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Qui a dit qu'il ne faisait pas beau à Londres?

 

Avec tout ce temps perdu, je récupère Hardy tout de suite sur le tapis à bagages. Je remonte de deux niveaux et me présente au check-in de British Airways pour mon vol pour Londres. Il est 10h00 et mon vol décolle à 13h15. Au moment de l'embarquement, j'apprends que mon siège est changé. J'ai été surclassée en "Confort +". Moins de sièges, plus de places pour les jambe, plus de place pour les fesses, une petite trousse de toilette... sauf que, sauf que... mon écran a rendu l'âme après 20mn du film que je regardais. Dommage quand le vol dure 9h40!

A Heathrow, je prends le temps d'un verre de vin avant de sauter dans mon avion pour Bruxelles. Je sors de l'aérogare à 22h15 pour un vol prévu à 22h05. Je dis chapeau! Même pas de retard sur mon périple de 22 heures.

 

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Enfin du vrai vin!

 

Je te remercie mon lecteur invétéré d'avoir suivi mes nouvelles aventures. Il me tarde de pouvoir t'emmener à nouveau dans un coin du monde. Et bien sûr, bien sûr, j'irai de nouveau traîner mes claquettes en Inde. Il me reste tant de choses à voir et maintenant, j'ai même des amis à qui rendre visite!

 

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En attendant Hardy à Bruxelles... après 22 heures de voyage! Bye bye and see you soon!

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24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 08:02

 

Je t'avais promis un article positif sur l'Inde, après celui teinté d'amertume et de désespoir lors de ma dernière longue journée de transit. Incredible India est le slogan très bien trouvé destiné à promouvoir le tourisme en Inde. Et l'Inde est effectivement un pays incroyable, qui ne s'offre pas au premier coup de claquette dans sa poussière. L'Inde va commencer par te secouer, te remuer, te triturer, avant de te broyer. Une fois que tu ne lui opposes plus de résistance, que tu laisses de côté tes préjugés, tes certitudes et tes interrogations stériles, alors elle lève un coin du voile.

 

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La propreté des Indiens est inversément proportionelle à ce que le pays donne à voir. Les points d'eau potable sont présents dans tous les coins des villes, les gares, les bâtiments publics, les restaurants. Les Indiens passent leur temps à se laver les mains (ils mangent avec en même temps), se nettoyer le visage, pratiquer des ablutions. Dans la mesure du possible, les Indiens sont coquets: et hop, le petit coup de peigne discret pour Monsieur, le jasmin dans les cheveux de Madame. Prendre le bus avec eux peut se révéler une expérience olfactive assez réjouissante.

 

 INDE 2666

 

 

L'Inde est assez difficile à appréhender dans son ensemble. Il s'agit d'un Etat fédéral, et chacun de ses états à son identité propre. Ainsi, à chacun sa langue: le malayalam dans le Kerala, le kannada en Karnataka, le tamil, le konkani, le marathi... rien que pour les états que j'ai parcourus. L'hindi est la langue nationale, parlée plus ou moins bien par 90% de la population nationale. Chaque langue, sa culture. Donc quand je parle de l'Inde, je me limite déjà à l'Inde du Sud. Et comme tu le sais déjà, j'ai un véritable coup de coeur pour le Kerala, cet état côtier adossé aux Ghats de l'Ouest. Comme partout ailleurs dans le pays, les habitants cherchent à faire leur beurre sur le dos des touristes. Mais c'est fait avec gentillesse, sans la pression désagréable que l'on rencontre bien trop souvent et parfois même avec humour!

 

 INDE 3948

 

 

Souvent appelée le sous-continent, l'Inde offre une variété infinie de paysages: plages de sable fin et cocotiers, montagnes aux flancs abrupts, collines verdoyantes, déserts, plaines... en veux-tu? en-voilà. Richesse culturelle également, imprégnée de religions, d'influences arabo-européennes. Plutôt qu'un sous-continent, le pays me fait penser à une croisée de continents, où l'on peut s'étonner que les clivages ne soient pas plus marqués et plus virulents. Comment résiste-t-elle au chaos en accueillant hindous, sikhs, bouddhistes, musulmans, chrétiens, juifs? Comment l'Inde a-t-elle réussi à absorber les influences portugaises, anglaises, françaises, hollandaises, arabes, perses, ottomanes, chinoises (et j'en passe) sans dénigrer son identité? Bien sûr les problèmes religieux ou ethniques existent, mais dans une mesure toute relative comparée au creuset qu'est le pays. Tout ça pour dire que l'Indien ne se prend pas la tête, il est par nature ZEN. En plus d'un mois, j'ai dû voir une fois un Indien râler! Je viens de croiser un groupe de Français, ils ont fait remonter le ralomètre en flèche en une soirée ("et les bières fraîches c'est pas pour nous", "et leur raisin il est moins bon que le nôtre"...). Je sais, c'est l'hôpital qui se fout de la charité, vu que j'ai passé des pages et des pages sur ce blog à me plaindre.

 

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Je n'ai pas non plus évoqué la cuisine. Je me faisais tout un monde avant de partir. On m'avait dit "tu verras, tu seras malade quoiqu'il arrive"; "j'espère que t'aimes le piment, parce que là-bas ça dépote". Je croise les doigts, mais pour l'instant rien de tout cela ne m'est arrivé. Certes, la cuisine est épicée et parfois un peu relevée, mais rien qui m'ait demandé de faire douze fois le tour d'un restaurant en hurlant parce que c'est pimenté! La cuisine du Sud manie les épices avec douceur la plupart du temps et j'ai goûté à des plats que je regrette qu'ils ne figurent pas à la carte de nos restaus "indiens" - qui sont en réalité le plus souvent tenus par des Pakistanais. Beef fry, chicken 65, chicken lollipop, paneer tikka, paneer butter masala, mango chutney... Tu aimes les cheese nan. Grand bien te fasse. Il existe en réalité une variété bien plus larges de "pains": paratha, chapati, phuka, pappadam. Et puis il y a les fruits et les fruits secs... Tout ça me donne faim d'ailleurs. Je vais aller voir ce qui se passe en cuisine et ce que je peux bien goûter de neuf aujourd'hui.

 

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J'espère que j'aurai un peu restauré l'image de ce pays descendu en flammes il n'y a pas si longtemps. Et ouais! Comme quoi, il n'y a bien que les cons qui ne changent pas d'avis!

 

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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 23:48

 

Le titre n'est pas des plus engageants, j'en conviens. Il n'est jamais que le reflet d'une réalité qui octroie pourtant un certain charme à la belle endormie. Cochin, ou plutôt Fort Cochin, est une ancienne colonie portugaise qui eut l'immense privilège de voir mourir Vasco De Gama. Il s'agit donc d'une ville maritime, qui a due être fortifiée fut un temps. C'était surtout une cité portuaire à l'activité mercantile importante, et dont il subsiste de nombreuses traces. Les entrepôts sont nombreux. Certains toujours en activité, d'autres retapés à grands frais pour en faire des hôtels à touristes. Il faut un peu gratter le salpêtre des murs et surtout faire abstraction de la grande foire touristique pour se laisser gagner par le charme indéniable de cette ville.

 

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Ma journée prend des allures de marathon pour me rendre à la ville. Je prends un bus d'Allepey à Ernakulam, la jumelle de Cochin, située en face de l'embouchure du fleuve. Ô miracle, le bus est flambant neuf et climatisé! Toujours ça de pris sur la chaleur. A Ernakulam, je prends un rickshaw qui me conduit à la jetée du ferry. Là, je ferme les yeux sur le niveau avancé de délabrement des bateaux qui font la navette entre Cochin et Ernakulam. Au pire, je sais nager, ce qui ne doit pas être le cas de tout le monde dans ce rafiot. Et 2h30 plus tard, me voici débarquée dans une ville au passé séculaire. Je flâne dans les rues déjà ardemment chauffées en quête des filets de pêche chinois. Cette technique de pêche remonte au XVème siècle, un héritage témoignant d'échanges fructueux à la cour de Kubla Khan. Il faut pas moins de 4 personnes pour manipuler les contre-poids permettant de descendre et de remonter ces immenses filets. Beaucoup d'efforts pour une bien maigre récompense: les filets remontent plus souvent vides que pleins.

 

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J'ai déjà vendu la mèche en te racontant que Vasco de Gama avait rendu son dernier soupir ici. Il a été enterré dans la première église d'Inde, Saint-François. Les Portugais pas peu fiers de leur marin-pêcheur au long cours ont eu vite fait de rapatrier sa dépouille. La pierre tombale datant de 1524 gît toujours là, dans la contre-allée de cette église au charme plus que modeste. Les Portugais se sont empressés de construire une deuxième église, à croire que la colonisation spirituelle s'est opérée comme une traînée de poudre. Trois après l'érection de Saint-François, en 1506 donc, la basilique Santa Cruz est sortie de terre. Il n'en reste plus rien aujourd'hui puisqu'elle a été entièrement rebâtie en 1902.

 

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Fort Cochin, c'est aussi un quartier juif avec sa synagogue et son cimetière qui témoignent avec mélancolie d'une diaspora fragile. Du haut de ses 450 ans, la synagogue veille sur le quartier de "la ville juive", aujourd'hui centre très actif du commerce d'épices. L'entrée de la ville juive se fait en passant devant le Palais Mattancherry, autrement appelé le Palais hollandais. Suite à une obscure fête, le palais était fermé. Je n'aurais donc pas vu grand chose des trésors dont recèle la ville juive. Tant pis. Il fait une chaleur d'enfer, j'ai encore 2h30 de route pour retourner à mon petit cottage et à mon petit lit idéalement placé sous le climatiseur.

 

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  • : Astrid autour du Monde
  • : Viens je t'emmène... J'ai initié ce blog à l'occasion d'un périple de 3 mois en Australie, Nouvelle-Zélande et parcs nationaux US... Et puis j'ai continué à chacun de mes voyages. Si toi aussi tu as la bougeotte et que tu aimes découvrir de nouvelles destinations, tu es sur le bon blog!
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