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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 08:44

A celles qui me détestent pour avoir passé quelques jours extraordinaires au paradis du snorkelling, voici un petit bémol qui devrait appaiser leurs esprits enflammés. Aujourd'hui, je revêts mon costume d'Eve. Non, non, je ne me promène pas à poil autour de nos bungalows. Je suis chassée du paradis. Ce soir, je dois prendre l'avion pour Makassar, la capitale de Sulawesi, au sud de l'île. Et comme les évènements ne s'enchainent pas toujours à la perfection, le bateau quitte l'île à 8h30 le matin. Je me retrouve donc avec une journée à tuer avec Laurel et Hardy. Etant donné qu'à Manado il n'y a pas de quoi s'extasier plus d'une seconde, je m'organise pour effectuer une excursion à une heure de la ville.

 

 Sulawesi 1436

Adieu jolie Bunaken

 

C'est là qu'Odi, guide de son état, qui réside à Bunaken et traine ses guêtres au paradis des bungalows entre en jeu. Cela n'aura échappé à personne, sauf à toi mon lecteur ignorant, que j'ai tapé dans l'oeil d'Odi. Tellement fort, qu'il doit être aveugle d'un oeil à l'heure qu'il est. Bref, je lui ai posé quelques questions concernant la possibilité de laisser mes sacs à Manado pour aller au Lac Linow, un lac sulphurique proche de Tomohon, dans les montagnes qui surplombent la ville. Rien de plus simple je n'ai qu'à me pointer à l'hôtel Célèbes à côté du port, laisser mon sac et filer. Ce que je fais. Mais voilatipa qu'Odi est justement là. Comme par hasard il a une course à faire à Tomohon. Comme par hasard, il y va aujourd'hui. Comme par hasard, il peut me montrer le chemin. Je n'ai qu'à attendre qu'il ait fini ses deux bières (il est 10h00 du matin, mon lecteur alcoolique) et c'est parti. 

 

 Sulawesi 1203

 Odi, notre personnage principal du jour

 

Arrivés à Tomohon, Odi me fait visiter le marché. Au menu, serpent, chauve-souris (ou pas?), chiens prêts à manger. Un vrai bonheur. Là, je me retrouve embarquée au Lac Tondano, alors que je veux aller au Lac Linow. Il semblerait que la route pour Linow soit en réfection, ce qui engendre des embouteillages monstre. Soit. Allons à Tondano. Il s'agit d'un vulgaire lac, au fond d'un cratère de volcan. N'oublie pas, mon lecteur géologue, que l'Indonésie est constitué d'îles volcaniques. Notre bémo (minibus) nous dépose à l'entrée d'un parc/hôtel/piscine sur les rives du lac. 

 

 Sulawesi 1446

 A ton avis: chien, serpent ou chauve-souris?

 

J'ai l'impression de me promener sur les bords de la mer Noire, dans une de ces stations balnéaires staliniennes non-entretenues. Les attractions pour les enfants sont bonnes à choper le tétanos. Seul un couple de jeunes amoureux, certainement désireux de s'extraire aux regards, se promène. Au loin, un pêcheur tire son filet d'une main en pagayant de l'autre. Spectacle parfaitement mélancolique sous les lourds nuages menaçants. Ajoutant à l'atmopshère chargée, Odi me sort une déclaration d'amour en bonne et due forme et en anglais de cuisine. Je lui explique posément que je ne partage pas ses sentiments, que je n'éprouve rien pour lui. Il me dit qu'il comprend que lui à Bunaken et moi en France, c'est difficile de vivre ensemble (sic). J'opine du chef. Et si on y allait? J'ai un avion à prendre moi! 

 

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Maisons sur pilotis au Lac Tondano

 

Désolée mon lecteur avide d'Harlequin, mais le roman à l'eau de rose ne sera pas pour cette fois. J'ai adoré Bunaken. Malheureusement, je risque de ne pas pouvoir y retourner de sitôt. Mais toi, oui. Promets-moi alors d'aller saluer les poissons et les tortues pour moi.

 

 

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Dis Maman, c'est quoi le tétanos?

 

 

 

 

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20 octobre 2013 7 20 /10 /octobre /2013 09:23

En indonésien, "pulau" veut dire île. Il y en a environ 17 000 dans le pays, dont beaucoup d'inhabitées. Bunaken est au nord des célèbres Célèbes, rebaptisées Sulawesi par les Indonésiens. Bunaken est réputée pour la qualité de son récif coralien et la clareté de ses eaux. La conjonction de ces deux éléments en font un des meilleurs spots de plongée au monde et surtout de "snorkelling". Le snorkelling est la pratique de la nage avec palmes, masque et tuba. La première soirée sert à faire connaissance des résidents tout arrivés le même jour: Juliana et Peter et Olivier. Il y a Hans aussi, le photographe sous-marin semi-professionnel qui vit ici la moitié de l'année. Il passe ses repas à essayer de nous refourguer ses photos et à nous montrer le résultat de ses plongées sur son ordinateur. Ici, les chambres sont vendues pension complète, ce qui somme toute permet d'avoir un peu de compagnie.

 

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 Lever de soleil à Bunaken

 

Le lendemain matin, je passe au "diving center" récupérer le matériel d'observation et j'attends bien sagement que la marée remonte. Etant donné que nous avons le wifi partout sur le site, j'en profite pour passer un peu de temps sur internet depuis la terrasse de mon bungalow. Et après le déjeuner, je prends la direction de la plage au bout du jardin et plouf! à l'eau! Ben mon vieux, c'est fou ce que la terre est belle sous l'eau. Des poissons de toutes les couleurs, de toutes les formes et de toutes les tailles se promènent négligemment entre les branches de coraux, les anémones et plein de trucs que je ne sais évidemment pas ce que c'est. C'est bien simple, c'est un peu comme de nager dans un aquarium géant. Un truc de dingue! Le soir, nous nous retrouvons sur la plage et les hommes qui travaillent ici improvisent un boeuf. Swinging evening in Bunaken, une Bintang bien fraiche à la main et les pieds dans le sable. Odi, le guide qui a essayé de m'embarquer sur le port de Manado ne m'en veut visiblement pas de l'avoir rembarré. Il propose de m'emmener le lendemain matin voir les tortues de l'autre côté de l'île.

 

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L'incroyable spectacle sous-marin

 

      Un de ses amis nous a emmené en bateau sur un spot célèbre pour ses tortues de mer. Hop! J'en ai vu 4. Elles remontent de temps en temps à la surface prendre une bouffée d'air chaud et repartent nager entre deux eaux. Outre les tortues, de nouveau un jardin coralien incroyable, une eau de la plus grande pureté et des poissons bleu, violet, jaune-noir et blanc. Toutes les couleurs de l'arc-en-ciel se retrouvent en écailles de poisson. Après une bonne heure de barbotage, retour au port pour un déjeuner bien mérité et après-midi tranquille. Les journées sont doucement rythmées sur Bunaken et c'est ce dont j'avais besoin. Et le soir, nous buvons des bières, parfois un peu trop, en échangeant nos histoires de voyageurs. Devenue addict au snorkelling ("apnée", comme disent les Québecois), je profite du bateau des plongeurs pour aller découvrir d'autres endroits autour de l'île. A chaque fois le même émerveillement.

 

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Batfish

 

Ce soir, c'est mariage à Bunaken. Un chapiteau décorée de bambou a été dressé derrière l'église. Des bancs sont disposés tout le long, un orchestre a pris place à l'extérieur de l'enceinte et joue des airs un peu farfelus dnas des flûtes en bambou. Les mariés ont l'air de s'éclater comme à un enterrement. Un type anime la soirée et quand il se tait, la musique et la dance prennent le pas. Marta, notre copine barcelonaise, se jette dans la danse comme une diablesse et recueille immédiatement les suffrages des hommes présents. Quant aux femmes, elles sont mortes de rire devant sa façon de remuer le popotin à la Shakira, ce qui n'est pas vraiment dans les façons de Bunaken.  

 

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 L'orchestre national de Bunaken

 

Ici, nous vivons au rythme du soleil. Les activités démarrent très tôt (entre 6h30 et 8h30) ce qui laisse le temps pour le farniente dans le hammac sur ma terrasse en sirotant une noix de coco. La carte postale est très belle et bien réelle. Le soir tombe tôt et vite et nous dînons à l'heure anglaise. Puis nous investissons la plage à coups de bières, de rires, de chansons. Et le lendemain, ça recommence. Je ne suis pas plage, je n'aime pas trop l'eau, mais là, je pourrais rester indéfiniment. Donc, mon lecteur voyeuriste-plongeur ou apnéiste, je ne peux que te recommander chaudement Bunaken, son eau à 25°, son jardin sous-marin extraordinaire, la douce torpeur de ses journées et ses soirées à la coule. Plus qu'une journée ici, et ensuite il sera temps de reprendre un avion. Je peux d'ores et déjà te dire que j'veux pas y aller!

 

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Leçon de chanson brésilienne

 

 

 

 

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18 octobre 2013 5 18 /10 /octobre /2013 04:54

Je quitte Loksado sans regret aux aurores. Le "taxi" prend la route à 6 heures du matin. Je suis à l'aéroport à 10h30 pour voler sur Balikpapan, au sud-est de Bornéo. Heureusement, j'avais réservé le dernier vol à 19h40 pour être sûre de ne pas le rater. Je change mon billet pour le premier vol en partance. Il me faudra attendre 5 heures tout de même. Balikpapan est une ville prospère grâce aux quelques plate-formes pétrolières qui émaillent sa côte. Cela signifie donc qu'elle est propre et qu'on y mange bien. Je casse mon petit cochon rose pour me remettre de la déconvenue qui m'a cueillie à mon arrivée. Ma copine Anne-Laure ne me rejoindra pas. En tout cas, pas tout de suite. Moi qui me faisais une joie de partager les longues heures de route pour rejoindre l'Amandit et remonter la rivière en pénétrant au coeur de la jungle. Plouf! Ca tombe à l'eau. Mais Anne-Laure, je te remercie, car j'ai dégusté la meilleure seiche croustillante en sauce aigre-douce de mon existence. Tout ça, dans un cadre idyllique au bord de l'eau.

 

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 Ocean's: le beau bon resto de Balikpapan

 

Prise de flemmardise aigüe le lendemain matin (qui est un jour férié), je renacle à me rendre à Samarinda d'où je dois organiser ma croisière. Je sais que cela va me couter un bras, que je vais devoir me taner des heures de minibus et courir au retour pour filer sur Sulawesi. De plus, je n'ai pas vraiment eu de nuit complète depuis mon trek à Sumatra, et je suis épuisée. Aux diables mes varices, je change d'avis, je change de vie, je vais m'y rendre de ce pas aux Célèbes (Sulawesi). Au nord de l'île, en face de Manado, se trouve une petite île tranquille qui semble-t-il est un des plus beaux spots de plongée au monde. Je ne plonge pas, et je n'ai pas du tout l'intention de m'y mettre. En revanche, il est temps que je me mette au "snorkelling", c'est à dire à la nage avec palmes, masque et tuba. Je file donc à l'aéroport et achète un billet pour le premier vol en partance pour Manado. Encore 6 bonnes heures d'attente. 

 

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 Et encore un tarmac d'aéroport!

 

Le lendemain, je me lève à une raisonnable, prends tout mon temps, car LE bateau ne traverse qu'à 15h00. A midi, je quitte l'hôtel et me dirige à pied, croulant sous mes sacs et le soleil, vers le port. A peine arrivée, je me fais alpaguer par un type qui justement a un bateau et qui peut me faire traverser pour le même prix que le bateau public. Mouais. Ce que je veux, c'est déjeuner d'abord. Le type me poursuit jusqu'au restau et me dit qu'il peut aussi me recommander l'hébergement. Je l'éconduis assez peu gracieusement et je me régale d'un poisson fumé pimenté servi avec du riz et des légumes verts légèrement vinaigrés. Je réarrimes mes sacs et prends soin de partir dans la direction opposée à celle par laquelle je suis arrivée pour ne pas recroiser le type. Je m'enquiers plusieurs fois de l'embarcadère pour le "public baot" et je finis par atterrir en face du marché, sur un quai où s'imbriquent les bateaux de ravitaillement. Là encore, on me propose la traversée pour le même prix que le public boat. Voyant qu'il y a tout de même pas mal de locaux qui semblent utiliser ce moyen de transport, je me résigne à faire la traversée au milieu de sacs de ciment et de fontaines à eau.

 

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Le port de Manado

 

Après trois jours de transit à courir les aéroports de Bornéo, je foule enfin le sable fin de ma tong gracile. Je traverse le coquet village de pêcheur au sud de Bunaken et longe la côte jusque chez Daniel. Une douzaine de bungalows, un jardin tropical en pente douce jusqu'à une langue de sable, la mangrove et la mer à 28°. Oui mon lecteur paré d'automne, je vais me plaindre que l'eau est trop chaude! Je prends possession de mon bungalow avec sa petite terrasse, sa vue sur la plageounette et les bateaux du centre de plongée, et je me dis que quand même, j'ai eu bien raison de poser Laurel et Hardy ici. Je sens que je vais m'y plaire. Ah oui, et juste pour le plaisir: le type qui m'a alpaguée sur le port de Manado et que j'ai sèchement envoyé chier travaille ici, bien entendu! 

 

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Chambre avec vue

 

 

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12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 10:01

Après un transport d'émotion à Medan, me voici débarquée à Bornéo, à Banjarmasin plus précisément, la grande ville du sud. Il m'aura fallu une journée entière pour en arriver là, en me levant à 4h30. J'ai pris un premier vol pour Jakarta au petit jour. Puis, attendu un second vol pour Banjarmasin. De là, je me suis rendue en ville, à 26km précisément. J'ai passé la nuit dans un hôtel sordide, failli dîné au KFC du coin. Et puis non, prise de remords, j'ai mal mangé dans un restaurant du quartier: du riz, une cuisse de canard et un verre d'eau tiède. Avantage tout de même, le wifi for free accessible depuis le hall de mon hôtel uniquement. Je me suis levée raisonnablement tôt le lendemain matin pour me rendre à Loksado. 

 

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Pas folichon Banjarmasin...

 

Loksado est un village plein de promesses d'après mon guide. Il est perché dans les montagnes naissantes de Bornéo. Il y a plein de possibilités de trek (bien que je ne sois pas du tout tentée) et on peut y pratiquer le bamboo rafting. Tiens, du raft sur une barque en bambou, cela peut être amusant. Je pars à la recherche de l'endroit où passent les minibus pour la gare routière, située à 6km du centre ville. Par chance, je tombe sur un guide parlant très bien anglais à la sortie de mon hôtel. Il m'indique la direction à suivre. Puis, je me fais alpaguer par un chauffeur de minibus en maraude. Parfois, la vie semble facile. Le chauffeur me dépose à un arrêt de minibus pour Kandangan, gros bourg qui marque la porte d'entrée des montagnes. Evidemment, il y a déjà du monde dans le bus. Il reste une place, au fond à droite. Je me plie en 4, Laurel sur mes genoux, pendant 3h30. Une armée entière de fourmis s'est emparée de moi bien avant mon arrivée. A Kandangan, je me fais cueillir par un chauffeur d'ojek (moto) qui veut me faire croire qu'il n'y a plus de pick-up pour Loksado. Le LP est pourtant formel. Des camionnettes de ravitaillement se rendent régulièrement à Loksado. Il faut juste que je trouve la bonne rue. Il faut dire que le chauffeur d'ojek en question souhaiterait que je grimpe sur sa moto pour les 40 kilomètres restants. Je ne suis pas du tout motivée. En plus, c'est cher. Devant mon air buté, il finit par céder et m'emmène sur sa moto jusqu'à l'arrêt. Là, je poireaute bien une heure sous un cagnard d'enfer. Il fait beau et chaud à Bornéo. Alors que tu te prépares à un automne rigoureux, mon lecteur emmitoulé, ici, il doit bien faire 35°.

 

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En route pour Loksado

 

Une camionnette finit par arriver. Deux femmes montent à l'avant. Le chauffeur peut m'emmener, mais je dois voyager sur la plateforme. Pas de problème. Je mets un foulard dans mes cheveux en guise de chapeau, me tartine de crème solaire et pose mon cul sur un sac de ciment qui n'attend que moi. Au moins, j'ai de l'air.

 

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L'arrivée sur Loksado

 

Loksado est effectivement un croquignolet petit village aux maisons de planches de bois, qui s'enfilent le long d'une rivière comme les perles sur un collier. Il y a trois ponts suspendus qui laissent à penser que la jungle ne doit pas être bien loin. Je prends refuge chez Alya, qui a transformé une maison en bord de rivière en chambre d'hôte. Elle m'assaille tout de suite et me refourgue une séance de bamboo rafting. Je suis encore percluse de courbatures chèrement gagnées lors de mon trek sur Sumatra, et j'aspire surtout à me reposer. Mais bon, vu que la rivière semble avoir aussi sommeil que moi, je ne risque pas de me faire violence en acceptant. Là, dans son broekn English, Alya me fait comprendre que le rafting démarre à 7h00 du matin, et que cela dure trois heures. Ma motivation s'effondre d'un coup sec, mais je ne recule pas devant ce petit coup du sort. Le lendemain, je mets donc un réveil à 6h00. Mais j'ai déjà été réveillée par l'appel à la prière, le chant du coq et quelques motos matinales. Je pointe le bout de mon nez à la porte et scrute la rue du village. C'est que j'aimerais bien avaler quelque chose avant de passer trois heures au soleil, le cul sur du bambou. Le warung du coin ouvre justement ses volets. J'opte pour une brioche en plastique fourrée à l'ananas de synthèse sous cellophane et je m'en retourne attendre mon capitaine ad hoc devant mon homestay. J'attends telle soeur Anne, et je ne vois rien venir. Après plus d'une heure d'attente, alors que je commence à fulminer, Alya vient me chercher. Le Jean Bart des rapides un peu lent m'attend sur notre radeau de fortune. J'embarque. Que la croisière s'amuse!

 

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Mon radeau de bambou en construction

 

Je ne te cacherai pas que c'était super nul! Et oui. Tout ne peut pas être toujours super excitant-over the top! 3 heures de rives bordées de bambou, de bananiers et d'autres plantes inconnues c'est un peu long. Et puis Alain Colas, il ne parle pas anglais. Il ne parle pas du tout à vrai dire. Il est muet. Ca limite les explications. Et puis, passé 9 heures, il commence à faire sacrément chaud. Et puis, il a fallu raquer l'ojek qui m'a ramené au homestay, car ce n'était pas compris dans le prix douillet.

 

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Et au milieu coule une rivière

 

En revanche, j'ai passé une après-midi paisible. Bercée par les remous modestes de la rivière, la sieste fut d'enfer! Je me suis enfermée dans l'amour et les étoiles et le temps qui passe avec Jean d'Ormesson (ça fait bourge, ça non?). J'ai observé les enfants se jouant de l'eau, les mamans lavant le linge, les familles se lavant. Ahh, un peu de quiétude et de rien-à-faire.

 

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Buller

 

 

Je m'enquiers auprès d'Alya des possibilités de pick-up pour repartir le lendemain. J'ai le dernier vol pour Balikpapan de réservé. Sachant qu'il y'en a pour 5 bonnes heures de transport, j'aurai même le temps de dormir un peu. Sauf que, sauf que... le seul pick-up, grandiosement appelé taxi, part à 6h00 du matin. J'ai donc mis mon réveil à 5h00 en maudissant le Dieu de la paresse de ne pas daigner m'accorder un peu d'attention. 

 

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Pont suspendu aux aurores

 

Voyager nécessite des sacrifices: peu de sommeil, des efforts financiers pour rebooker un autre billet d'avion plus tôt (j'étais à l'aéroport à 10h30, je n'allais pas attendre 9h00!), accepter que tout n'aille pas dans mon sens. Oui, bon, je sais, j'ai du travail.

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9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 13:48

Aujourd'hui, l'Indonésie me tend les bras. Il n'y a que le détroit de Malaka à traverser et me voilà au tout nouvel aéroport de Medan, sur l'île de Sumatra (la grande île au nord du pays). Il est tellement tout neuf que les compagnies aériennes ne disposent pas de terminaux connectés pour les paiements bancaires. Je dois donc régler les 418,000 roupies (ehh ouais, ici aussi) de mon billet pour Bornéo en cash. Ca peut paraitre beaucoup 418,000 roupies. En réalité, ça équivaut à 27€. Il est aussi tellement tout neuf l'aéroport de Medan qu'il n'y a pas encore de boutique pour se procurer une carte SIM. Et il n'est pas non plus renseigné dans ma Bible, donc je ne sais absolument pas où je suis. Ce que je sais en revanche, c'est que je me rends à la gare routière à l'ouest de Medan attraper un bus pour Bukit Lawang, la porte d'entrée du paradis des orang-outans. Je saute dans un taxi qui va me couter les yeux de la tête mais qui va m'offrir de la pop allemande (Du allein kannst du mich verstehen, dans le texte) et les Gipsy Kings. Cela me donne presque envie de faire demi-tour.

 

Sumatra 0682

En route pour Bukit Lawang

 

Je saute dans le premier minibus tout pourri en partance pour Bukit Lawang. J'ai tout de même 3 heures de route et il est déjà 14 heures. Le bus peut accueillir 11 passagers. Nous atteindrons le modeste chiffre de 18 paires d'yeux regardant défiler les plantations de palmiers à huile sous des trombes d'eau. J'arrive dans un Bukit Lawang détrempé et grisonnant. Je me fais alpaguer par Jos, gentil Indonésien hémiplégique qui se propose de m'emmener à "Rain Forest", le homestay que je me suis choisi. Il me pousse vers un becak, le rickshaw indonésien, mais je refuse préférant marcher après 3 heures pliée en 4 dans le minibus. Ce que je n'ai pas réalisé, c'est qu'il y en a pour 30 minutes à pied, que mon guide a une patte folle et qu'il recommence à pleuvoir. Fort heureusement, Doni, un gentil Indonésien en motocyclette nous dépasse. Il s'arrête et étant donné qu'il travaille à Rain Forest, Doni, il se propose de m'emmener. Il prend Hardy entre ses jambes à l'avant et moi derrière avec Laurel. Ce sont vraiment de très très bons conducteurs ces Indonésiens! Doni manoeuvre avec aisance dans ces ruelles glissantes et complètement défoncées. Je n'ai pas le temps d'égrenner le chapeler de tous les saints que nous sommes arrivés.

 

 

Sumatra 0690              La rivière qui s'écoule au pied de Rain Forest                                                                                                                                                                                                                                  .

Je m'installe dans la chambre 7, au confort sommaire: un matelas jeté sur le parquet, une moustiquaire et voilà. N'empêche, elle a du charme ma chambrette dans cette maison de bois. Je redescends pour m'enregistrer et réserver un trek dans la jungle. C'est pour cela et uniquement pour cela que je suis venue à Sumatra: voir les orang-outans, nombreux dans la forêt environnante. J'ai le choix entre 6-7h de trek et une descente en rivière en une journée, ou 6-7 heures de trek, une nuit dans la jungle, une baignade au pied d'une cascade, une descente en rivière sur deux jours. Je réfléchis 45 secondes et opte pour le trek de 2 jours. De toute façon, il va falloir marcher longtemps. Dormir dans la jungle, ça doit être rigolo. Une fois mon trek réservé, je passe la soirée à discuter avec un Français, une Hollandaise, une Anglaise, pendant que Doni est ses copains chantent en jouant de la guitare. Après quelques bières, je vais me coucher. Demain la journée sera longue. C'est là que Doni frappe à ma porte, un tube à la main: un mélange de plantes de la jungle, idéales pour un massage. T'as raison! Ceci dit, ma lectrice en mal de "romance", à bonne entendeuse, salut! 

 

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La vue depuis ma chambre

 

Le lendemain, lever à 7 heures pour préparer mon paquetage et prendre un solide petit-déjeuner. Un des guides vient me chercher et m'ammène au point de départ, où je rejoins le groupe. Nous serons 6 au total: Michael, Josepha et Jutta venus d'Allemagne, Larissa et Bird issus de Hollande (le pays, pas François) et moi. Nous sommes entourés de 3 guides Madang, Hendricks et Chottey, nos gardes du corps comme ils aiment à plaisanter. Nous entamons la grimpette par une traversée de plantations d'hévéa et de cacao avant d'accéder au saint des saints: le Gunung Leuser National Park. A peine avons-nous pénétré dans la jungle, la vraie, que nous tombons sur un singe-dont-je-n'ai-pas-compris-le-nom.

 

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Le singe mystère et le coude de Madang

 

A quelques mètres de là, se promène d'arbre en arbre une maman orang-outan et son petit de 6 mois. Nous passons un long moment à les observer quand déboule un gibbon sautillant. Oui, mais... les orang-outans ne peuvent pas voir en peinture les gibbons. La maman orang-outan se met en chasse de l'intrus, le petit bien arrimé à son torse velu, et aidée par un mâle qui croise dans les parages. Le gibbon dégage. Nous aussi, parce qu'on ne peut pas planter la tente après 30 minutes de marche. Nous progressons sur un sentier confortable, un peu de montée, un peu de descente, un peu de plat. Nous tombons sur un autre orang-outan. Nous nous arrêtons, le mitraillons et repartons. 

 

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The King of the Jungle

 

Hop, c'est la pause. Nos guides sortent un régime de bananes, de grosses grappes de ramboutans et des fruits de la passion. Il doit être pas loin de midi, si ce n'est plus. Nous nous ruons sur les fruits. Puis nos guides décident qu'il va peut-être pleuvoir et que nous allons profiter du temps sec pour déjeuner. Ah bon? Les fruits n'étaient pas le déjeuner. Ils sortent de leurs sacs de petits sacs de papiers contenant du nasi goreng, le plat national consistant en du riz frit avec un oeuf frit. Il est encore tiède et délicieux. Mon stage en Inde me permet de manger avec les doigts avec une grande aisance. Nous avons tous un peu de mal à finir notre riz, gavés de fruits que nous sommes.

 

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Nasi Goreng et concombre frais: à table!

 

Un babouin vient nous rendre visite, essayant de chiper un sac de nourriture que Chottey a malencontreusement laissé trainer. Il lui balance une bouteille en plastique à la gueule, le singe lâche le sac et prend le large. N'empêche,il continue de nous tourner autour pendant un long moment espérant grapiller un ou deux trucs. Ce qui m'a permis de prendre la photo du siècle!

 

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Le sourire du babouin    

 

Après le déjeuner les affaires sérieuses débutent. Nous entamons une descente mortelle, où nous devons nous retenir aux racines pour ne pas glisser. Il a beaucoup plu la veille, le terrain est glissant. Ca dure un long moment. Au fond de la gorge, un ruisseau auquel nous nous rafraichissons quelque peu avant d'entamer la montée tout aussi dure. Je crois crever. Je sue sang et eau et je réalise que je ne suis pas du tout affutée pour les terrains difficiles. Alors que mes compagnons gambadent (ou presque), je suis à la traine et mon sang bouillonne. Il m'est quasiment impossible de te décrire la difficulté du terrain, mon lecteur intrépide. Sache que les pentes sont tellement raides que tu ne fais que regarder tes pieds et chercher des appuis pour t'aider dans ta progression ou pour ne pas te laisser entrainer par la pente. Je pensais que de mettre mes mains dans la boue, m'aggripper à des racines et des plantes sans trop prendre le soin de vérifier qu'il n'y a pas un serpent qui traine ne serait pas pour moi. Ben, je ne me suis pas gênée. J'ai aussi eu une pensée émue pour les combattants au Vietnam, qui eux devaient se trainer un paquetage de 40 kilos. C'est bon, maintenant, je connais l'enfer vert.

 

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Heureusement, elles sont plutôt chouettes les pauses vitamines dans la jungle

 

Pour la dernière montée (où j'ai failli avoir une crise de nerf tellement on n'en voyait pas la fin) et la dernière descente où je ne savais même plus mon nom, tellement j'étais épuisée, un des guides à gentiment porté mon sac. C'est bien penaude que je suis arrivée au camp, mais j'y suis arrivée, vivante en plus! Au final, nous aurons crapahuté pendant 9 heures.  Nous avons pris possession de notre "hutte" au bord de la rivière juste avant la tombée de la nuit. Nous avons tous couru enfiler notre maillot de bain et fait un plouf dans l'eau délicieusement rafraichissante. Puis nous avons dîné de poulet aux épices, de riz, de tofu frit et de curry de légume sous les étoiles. Un peu la classe, non? Notre dîner touchant à sa fin, il a commencé à pleuvoir. Nous avons alors pris possession de la tente pour une soirée de jeux en tous genres animée par Chottey et Hendricks. C'est avec fierté (encore!) que j'ai résolu un problème arithmétique sur lequel nous avons séché pendant 20 bonnes minutes. Tu sais, mon lecteur pernicieux, un de ces jeux avec des allumettes où tu dois en enlever une pour arriver au bon résultat. Bref, ceux qui me connaissent bien sauront à quel point j'ai frôlé l'exploit ce soir là.

 

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La tente: confort (ultra) sommaire.

 

La nuit a été longue mais douloureuse. Le sol de la jungle est bien dur, même (ou surtout?) après de longues heures de marche. La mise en route le lendemain matin s'est avérée difficile. Mais le ciel bleu et le soleil éclatant venu saluer ma victoire ont partiellement effacé les courbatures et la douleur mentale de la veille. Jusqu'à ce que je m'étale de tout mon long dans les rochers alors que nous remontions la rivière pour nous rendre à la cascade. Belle chute, qui aurait certainement provoqué la bienveillance acerbe de Candeloro et Monfort s'ils avaient pu commenter l'évènement. Je me suis relevée (même pas mal d'abord) et nous avons atteint la cascade. OK, elle n'était pas très haute, mais ne manquaient que les Hollywood chewing-gums au goût très frais pour faire comme dans cette bonne vieille pub des années 80. Une fois de plus, l'eau était délicieuse. Nous sommes redescendus gentiment vers le campement pour déjeuner de nouilles en bouillon. Les guides ont assemblées les grosses bouées en caoutchouc en radeau de fortune et nous avons pris le large.

 

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Au pied du campement, au matin

 

Nous avons bien rigolé à chaque passage de "rapides", lâchés quelques "ouch" lorsque nos fesses délicates venaient à taper contre le lit rocailleux de la rivière et somme toute bien rigolé. C'est fatigués et heureux que nous nous sommes séparés. Je suis vite repassée à mon homestay récupérer Hardy et mon linge propre et j'ai filé en compagnie de Jutta attraper un minibus pour Medan. Nous y sommes arrivées en début de soirée. Nous sommes descendues dans un des meilleurs hôtels de la ville afin de nous assurer les bons auspices d'une douche bien chaude et d'un matelas douillet. Et oui, demain lever à 4h30 pour me rendre à Banjarmasin, Bornéo, avec une escale de plusieurs heures à Jakarta. Une très belle aventure s'achève, en espérant qu'il y'en aura d'autres, mais plus de trek! 

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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 09:41

Ce matin, je me livre à une de mes activités touristiques favorites: la visite de cimetière. J'aime ces endroits pour leur quiétude, pour les histoires qu'ils racontent, pour le sentiment de solitude. A part aux alentours de la tombe de Jim Morrison au Père-Lachaise, c'est toujours un grand sentiment de sérénité qui m'envahit.

 

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Le cimetière protestant de George Town accueille les sépultures des premières huiles coloniales britanniques. Elles n'ont pas laissé de tache de gras indélébile dans les mémoires, néanmoins leur dernière demeure témoigne d'un passé où l'on mourrait jeune le plus souvent. Il y a la tombe de ce bébé décédé après 6 jours sur le bateau qui amenait ses parents depuis l'Europe. Celle de cette jeune épouse et mère de 22 ans qui a probablement succombé au supplice d'une maladie tropicale. Ah ben oui, on se mariait jeune également.

 

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De l'autre côté du mur, quelques tombes éparses, en rang beaucoup moins serré dans le cimetière catholique. C'est là que surgissent les stèles de quelques Chinois cathos qui avaient fui leur pays au moment de la révolte des Boxers. Alors que je parcours le cimetière inanimé, la pluie se met à tomber de plus en plus dru. Il fait un temps d'enterrement aujourd'hui: gris foncé et/ou pluie. Je m'exhume du jardin des morts et prend la direction du quartier colonial. Il était temps, car j'ai l'impression que j'allais te perdre pour toujours mon lecteur amoureux de la vie.

 

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Etant donné qu'il tombe sévère, je me réfugie au musée de Penang. Mouais, il ne restera pas dans l'histoire celui-là. Il ya quelques salles intéressantes, notamment la première qui montre le métissage culturel qui sévit sur l'île depuis qu'elle est occupée: Chinois, Malais, Indiens, Javanais, Japonais, Birmans, Sumatrais, Anglais, Arméniens... et j'en passe. Aujourd'hui, il reste surtout la trace très vivace des Indiens et des Chinois. Après le musée, je m'en vais déjeuner au restaurant où j'ai dîné la veille. Il s'agit de Teksen (18 & 20 Carnarvon St.), une cantine chinoise à en tomber de son tabouret. Deux anciennes boutiques aménagées en salle de restaurant proprette, blindé à tous les repas. Après la ventrèche de porc caramélisée d'hier, je choisis de la seiche frite à la sauce thaï. Une tuerie mon bon lecteur, qui mériterait que tu viennes à George Town.

 

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Je me déleste de mes calories du déjeuner en arpentant une nouvelle fois les rues de la ville sur les traces de Dieu. Il est à tous les coins de rue, ici. Impossible de faire plus de 100 mètres sans trébucher sur un temple boudhiste, taoïste, hindou, une mosquée, une église... Dieu se porte bien, ici. Ils étaient construits par les clans pour témoigner de leur puissance et aussi pour abriter des sociétés secrètes où se tramaient les ébauches de soulèvement tant ici qu'au sein de la mère patrie. C'est sur cette note spirituelle que s'achève ma première escapade malaise. Demain, je prends le chemin de l'Indonésie, avec une première escale sur Sumatra à la recherche des orang-outans. 

 

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6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 13:01

Si j'y réfléchis bien, cela fait tout de même quelques temps que je n'ai pas vu un peu de verdure. Ma bible LP renseigne un jardin botanique de toute beauté à quelques encâblures de la ville. Je fixe mon réveil sur 7h30 (ben oui, finies les vacances), avale un rapide petit-déjeuner à la guest house et file au terminus de bus de Weld Quay, à 10 minutes de marche. J'en profite pour flâner quelque peu de bon matin dans les ruelles désertes. Toujours ces explications en bulles de BD le long des murs pour livrer une anecdote amusante. Les temples font le plein. Après tout nous sommes dimanche, et les fidèles prennent le temps de brûler un bâton d'encens et lâcher une petite prière.

 

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Je grimpe dans le bus 10 et lutte pour ne pas m'endormir en attendant qu'il démarre. Je te rappelle, mon lecteur oublieux, que je suis au terminus. Cela finit par arriver et nous quadrillons la ville, revenons sur nos tours de roue de façon assez étrange, mais nous finissons tout de même par atteindre notre destination.

 

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Les macaques à longue queue, chargés d'accueillir les visiteurs

 

Le jardin botanique a été conçu par Charles Curtis, un britannique qui collectionnait les plantes exotiques. Fut-il resté en Angleterre, eut-il passé ses journées à tailler ses rosiers. Là, il était à Penang et il a fait pousser toutes sortes de palmiers, de bambous, de cactus, de fougères et j'en passe. Je me promène dans le parc pendant 2 heures, emprutant toutes ses allées, effectuant un détour le long de la rivière qui le parcourt, suivant parfois les délicates senteurs poivrées ou sucrées en fonction des essences qui bordent le chemin. Voici une première acclimatation au jardin tropical tout à fait réussie ma foi.

 

 

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Je reprends mon bus pour la ville et profite d'être de nouveau sur les quais pour:

1. Déjeuner dans un excellent restaurant de poisson et fruits de mer se trouvant juste en face du terminus

2. Me promener dans les "Clan Jetties". 

 

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Je ne m'attarde pas sur le point 1. En revanche, concernant le 2, il s'agit de maisons de bois sur pilotis construites par les immigrés chinois travaillant sur les docks au XVIIIè et XIXè siècles. Aujourd'hui encore, ces maisons sont habitées par une population chiche du porte-feuille, mais riches en idées. Ils profitent de la manne touristique pour transformer les devantures de leur baraque en étal de marchand du temple: magnets, casquette, T-shirts I LOVE PENANG, c'est ici que ça se trouve! Certaines jetées étant un peu moins touristiques que d'autres, on peut y laisser son esprit revâsser à ce qu' à dû être la vie ici autrefois. Et comme les Dieux sont très importants et doivent constamment être apaisés, on trouve aussi un petit temple isolé sur sa jetée de bois qui de loin fait penser à une cabane norvégienne dans son fjord.

 

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Revenue sur la terre ferme, j'ai laissé mes Birkenstocks me guider jusqu'à la guest house pour une sieste bien méritée. Après 6 heures de crapahute, et la peau bien poissante, j'ai assez envie de me poser. Là aussi, il faut que je me réhabitue. Et puis j'en garde un peu sous la sandale pour t'ébahir de nouveau demain, mon lecteur avide de nouveauté.

 

 

 

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5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 13:31

Ca y est! Je me suis arrachée à la douce torpeur indienne pour 3 petites journées en Malaisie. Je profite des tarifs attractifs de la low cost Air Asia pour atteindre l'île de Penang au nord du pays. Evidemment, pas de vol direct depuis Kochi. J'ai effectué une escale à Kuala Lumpur, le temps de prendre un early breakfast au Starbuck Coffe de l'aéroport. Ben oui, l'Asie du Sud-Est, c'est un peu comme les Etats-Unis: Mac Donald's, Starbuck et autres enseignes alléchantes vous tendent les bras dès la sortie du terminal. Il est 6 heures du matin, j'ai à peine dormi pendant les 3 heures de vol, je ne fais pas la difficile et surtout, je ne suis pas d'attaque pour des nouilles sautées ou du porc dans un bouillon salé. Je regarde le soleil se lever sur le tarmac de Kuala Lumpur en attendant mon vol pour Penang.

 

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Armenian Street

 

Pourquoi ai-je atterri ici te demandes-tu peut-être mon lecteur coi. Eh bien parce qu'à Penang, il y une ville qui s'appelle Georgetown, et qui forte d'être classée au patrimoine mondial de l'UNESCO pour son héritage colonial multiculturel, se revendique également capitale malaise de la bouffe. Ha ha! Je n'allais tout de même pas rater ça. Ici, la cuisine chinoise partage l'assiette avec la cuisine indienne, mais bon là, je vais peut-être faire l'impasse; la cuisine indonésienne, mais vu que je vais y passer un mois et que je ne suis pas une inconditionnelle de nasi goreng, je ne vais pas me jeter dessus non-plus; la cuisine thaï si délicate; et la cuisine malaise dont j'ignore tout. Après une très grosse sieste matinale et bien méritée au Guest Inn Muntri où j'ai posé Hardy, je pars à la conquête de Georgetown. Je commence par m'enquérir d'un endroit où manger, car à part mon petit muffin matinal, je n'ai rien avalé depuis la veille au soir à Fort Cochin. Mes pas me mènent assez vite à la rencontre d'un "food hall", sorte de marché où les étals sont remplacés par des gargottes. Je choisis un vendeur de "trucs" frits, car au moins je peux voir à quoi ressemble ce que je vais manger. Deux crevettes, du tofu, des boules à base de surimi (ou pas?). Le tout est accompagné d'une sauce tomate légèrement pimentée et surtout très sucrée. Pour le moment, je ne suis pas convaincue par l'attrait gastronomique de Georgetown, mais mon estomac se satisfait bien de ce repas frugal. 

 

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Mon premier repas

 

Je continue ma visite en plein air, hachée par de grosses averses. Ben oui, j'ai choisi de visiter Malaisie et Indonésie au moment de la saison des pluies. Résultat, le ciel est très nuageux et très blanc (adieu bronzage estival?) et se crève toutes les deux heures. Bien entendu la ville est aménagée pour: les rues sont parcourues de hauts caniveaux et les immeubles anciens sont construits en arcades. Cela protège de la pluie et du soleil, bien pratique. 

 

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Regarde tomber la pluie...

 

Je suis l'itinéraire indiqué dans le LP et qui me conduit à travers les quartiers et les rues les plus typiques de la ville. Je fais escale dans une ancienne maison "chinoise" en parfait état de conservation, puisqu'elle comprend également les meubles incrustés de nacre, une collection impressionnante de porcelaines et de bijoux d'époque. Je passe pas mal de temps à démabuler de pièce en pièce et à me régaler de cette débauche kitsche d'opulence à la chinoise. 

 

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Je traverse ensuite Little India, mais sans trop m'y attarder. Je ne sais pourquoi les boutiques de saris et de soieries ne m'attirent guère... Peut-être as-tu la réponse en toi mon lecteur je-sais-tout.

 

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Georgetown est également réputée pour son art de rue. Certaines oeuvres sont le fruit d'une politique culturelle locale, puisque certaines anecdotes concernant les rues sont livrées sous forme de bulle de BD en fer forgé. Mais d'autres oeuvres trainent ça et là sur les murs décrépis de la ville. Les plus belles oeuvres se découvrent au détours des ruelles qui bordent Armenian Street. On y trouve également des cafés chics et des boutiques de jolis objets inutiles qui feraient fureur à Paris 9ème-boboland. Toute la difficulité résulte à prendre la photo des graffitis sans personne dessus. Les Asiatiques ADORENT prendre la pose. Ainsi, ils ne prendront une photo de la pyramide de Gizeh ou de la Tour Eiffel que s'ils figurent dessus. L'intérêt est de pouvoir dire "j'y étais!".

 

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Après 5 heures de balade, je retourne à ma chambre-placard et me faire dévorer par les moustiques malais, pas moins tenaces que les Indiens, afin de te donner de mes nouvelles. J'espère que tu auras apprécié, mais là il faut vraiment que je te laisse mon lecteur béni des dieux, car il faut que j'aille m'asperger de Cinq sur Cinq. Bisou, bisou et à bientôt.

 

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 07:17

Fin du calvaire nordiste, Olivier et moi redescendons dans le Kerala, mon port d'attache indien. Nous retrouvons Mehul, l'ami d'Oli, à l'aéroport de Cochin et mettons le cap sur Alleppey pour la nuit. Le lendemain, nous louons des scooters et roulons jusqu'à Marari Beach, une quinzaine de kilolmètres au nord. Cette minisucule bourgade coincée entre l'autoroute et l'océan fait partie de ce que le Lonely Planet adore qualifier de "joyau à découvrir". Oh, il y a bien un ou deux modestes resorts qui louent des bungalows à 10,000 roupies (125€) la nuit... Mais il est aussi possible de louer sa petite bicoque de plage pour 1,500 roupies (20€). A ce prix là, tu te laisses bercer par le bruit de la mer d'Arabie qui vient s'échouer, un peu comme toi mon lecteur balaineau, dans le sable au bout de ta tong. Et comme le monde est particulièrement bien fait au pays des "joyaux à découvrir", tu profites d'une légère brise salée qui vient humidifier ton corps hâlé offert au seul regard du soleil voilé par une frange de palmier. Oui, oui, oui, trois fois oui, le paradis mérite de longues phrases alambiquées. Ce n'est pas parce que tu te vois déjà allongé sur le sable fin, mon lecteur vacancier, que tu ne dois pas travailler ton souffle.

 

 

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La plage de Marari

 

Maintenant que je t'ai bien harponné avec ma verve pleine de rêve, je peux t'avouer que nous avons quelque peu galéré à rejoindre Marari. Primo, je ne suis pas encore très à l'aise à 2 roues, puisque je n'ai jamais conduit que 3 heures dans ma vie en conditions réelles. Prudente à l'excès, j'ai pris des cours de moto avant de quitter la Belgique, n'ayant jamais-oh-grand-jamais tenu le guidon d'un deux roues motorisé. J'ai eu tout de même le loisir d'apprécier la circulation indienne pendant mes deux premiers mois au pays du curry, et j'en ai compris ses principes dans les grandes lignes. Tu fais attention à tout ce qui est devant toi, un peu sur les côtés et très légèrement derrière, si tu tiens à la vie. Tu ne t'étonnes pas de trouver des piétons, des vélos, des motos, des scooters, des rickshaws, des camions, des bus, des voitures, des vaches ou des chèvres en travers de ton chemin. Tu ne t'étonnes pas non plus de trouver des gens roulant à contresens puisque tu vas toi même le faire. L'Indien n'attend pas. Plutôt que de se poser à un carrefour et de saisir la fenêtre de tir qui lui permettra de tourner en le traversant, l'Indien va rouler à contresens jusqu'à ce qu'il puisse se positionner sur la bonne voie. Pour pimenter un peu le plaisir, sache que la règle veut qu'on roule à gauche. Secundo (si, si, remonte un peu et tu verras qu'il y avait un 'primo' mon lecteur inattentif), c'est la fin de la mousson. Il tombe encore de grosses averses bien chargées qui t'obligent à t'abriter parce que de toute façon les gouttes te rentrent dans les yeux. Bien entendu, à peine avons-nous fait le plein et 500 mètres qu'une averse moussonique s'abat sur nous comme la foudre sur la guerre. Nous nous arrêtons devant une échope afin de mettre nos petits sacs et nos petits culs à l'abri. Quand nous repartons, nos scooters pataugent au milieu d'une flaque grande comme le port de Marseille. Au moing, putaing cong! Nous atteignons enfin notre plage, trempés jusqu'aux os et heureux de jouer les Robinson Crusoë pendant 48 heures.

 

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Mehul et Olivier attendent que la pluie s'arrête


Après la pluie, le beau temps. Il faut croire que l'adage fonctionne un peu partout. Nous sommes gratifiés d'une belle fin d'après-midi dont nous profitons pour siroter de l'eau de coco à même la coque et nous alanguir sur un bout de sable, façon pub Tahiti douche-Pulco citron.

 

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A boire!

 

Quand vient le soir, nous enfourchons à nouveau nos fidèles Rocinante (impossible de démarrer le phare allumé, nous n'avons pas de rétros, ni de feux arrière, mais tu vois Maman, nous sommes toujours en vie) pour aller dîner. Je pense que Robinson a rencontré le même problème sur son île: pas de restaurant. Tout se paye, ma bonne dame lectrice! Nous rejoignons "l'autoroute", bordée de gargottes et boutiques en tout genre et atterrissons au péril de notre vie dans un bouge infâme qui doit voir débarquer ses premiers Européens ce soir-là. Pourtant, la décrépitude des murs et le grand âge du patron attestent de la longévité de ce troquet. Nous faisons confiance à Mehul (après tout, je conserve des souvenirs gastronomiques émus de Relais Routiers guère plus accueillants). Miracle, le serveur parle un peu hindi, car aucun d'entre nous ne manions le malayalam (et hop! je t'apprends un nouveau palindrome pour briller en société), langue officielle du Kerala. Nous nous en tirons avec du sambar (sorte de soupe de légumes épicée), du poisson et des chapatis, galette de blé non levée. Après ce repas frugal, nous reprenons la route en sens inverse (littéralement) et nous dépêchons de rejoindre les chemins de traverses, beaucoup moins dangereux.

 

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Heureusement, c'était bon!

 

Le lendemain marque une journée bien tranquille, premier jour d'Onam, festival le plus célébré dans le Kerala. Nous avons la chance d'être invité à partager le repas traditionnel chez un ami. Mais j'y reviendrai dans un papier ultérieur. Pour le reste de la journée, nous mettons le nez dehors entre deux averses. Olivier poursuit sa mue en Robinson en essayant de pourfendre une noix de coco sur un bout de brique. Cela fait bien marrer le propriétaire qui passe par là. Il part à la recherche d'une noix bien mûre et de sa petite machette et nous dépèce la noix en deux temps trois mouvements. Olivier ravale sa fiereté et la noix de coco, dont il raffole, au passage.

 

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Les noix de coco de mon coco (et les ananas de ma nana)...

 

Malheureusement, le temps n'est pas de la partie pour notre escapade "beachesque", et nous regardons tomber la pluie plus qu'autre chose. Nous aurons tout de même bénéficié de deux belles journées au calme, ce qui en Inde, n'a pas de prix.

 

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Voilà la pluie

 

 

 

 

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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 16:03

C'est fermement arrimés à notre rickshaw qu'Olivier et moi quittons notre cocon chlorophylique pour gagner la frénésie d'Old Delhi. La vieille ville marque le retour de la crasse, de la misère, du bordel généralisé... et pourtant. Nous nous rendons directement au Fort, haut-lieu touristique de la vieille ville. Nous sommes accueillis par une armée de vampires prête à tous les subterfuges pour t'extorquer une roupie: cartes postales, rickshaws, guides, bijoux, tout est à vendre. Nous enjambons l'avenue à 4 voies, filons à travers l'esplanade, nous ruons sur le guichet d'entrée et nous réfugions derrière les épais murs de grès rouge du fort.

 

 

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Le fort de Delhi ressemble beaucoup à son petit cousin d'Agra. Et pour cause, il fut construit par Shah Jahan, celui-là même qui avait édifié un tombeau d'amour à sa défunte épouse. L'empereur moghol eut lui aussi pour ambition de déplacer la capitale à Delhi. Le fort et les murs d'enceinte de la ville érigés au milieu du XVIIème siècle correspondent peu ou prou aux limites de l'Old Delhi actuelle. Mais Shah Jahan n'habita jamais Shahjahanabad. Son fils Aurangzeb l'avait déjà emprisonné lorsque la construction du fort fut achevée en 1648. Pour autant, le fils ingrat déménagea d'Agra et acheva les plans initiés par papa. Mais lorsque celui-ci mourut, le pouvoir se délita sous l'effet de guerres civiles successives. Les descendants impériaux ne purent maintenir le fort en état il ne restait déjà plus grand chose de son faste un siècle plus tard. Les Anglais achevèrent de dilapider la carcasse et rasèrent l'intérieur du fort, ne gardant que les bâtiments les plus importants. Le reste fut remplacé par d'affreux baraquements pour les officiers de l'armée britannique.

 

 

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L'accès au fort se fait par un bazar, toujours en activité. Cependant, je doute que les articles à vendre soient les mêmes qu'à l'époque de Shah Jahan. Aurait-il pensé à gratter quelques thunes en faisait reproduire le Taj Mahal en miniature et en l'enfermant sous un globe de verre rempli d'eau et de petites billes blanches? La suite de la visite correspond peu ou prou à ce que nous avons vu à Agra la veille. Une salle d'audience publique aux piliers désaxés, des palais de marbre blanc aux plafonds (autrefois incrustés d'argent) éventrés, des bassins parcourant les jardins, de petits palais pour le Shah, son épouse, ses enfants, les bains... Beaucoup de ressemblances, mais dans un état de conservation bien moindre et surtout aucun des bâtiments n'est accessible au public. Seul l'ancien palais de la reine, transformé en hall d'exposition daigne nous recevoir. Nous nous contentons donc de déambuler dans les jardins et nous tordons le cou à travers les moucharabiehs ou des planches disjointes pour apercevoir les résidus d'un faste évaporé.

 

 

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Nous quittons le fort avec dans l'idée de visiter le temple jaïn qui se trouve de l'autre côté de la rue. Malheureusement, il est fermé aux non-croyants à l'heure où nous nous pointons. Nous entamons donc la remontée de Chandni Chowk, l'artère principale d'Old Delhi, autrefois parcourue d'un canal central dans lequel se reflétait la lune à la nuit tombée. D'où son nom, qui signifie Clair de Lune. De petites gargottes se tenant par les côtes assurent l'animation commerciale, alors que les embouteillages sont assurés par les rickshaws à vélo. Autant dans le sud font-ils figure d'une époque révolue, autant ici, ils sont encore légion.

 

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Nous nous engouffrons dans une venelle ne laissant passer que les piétons, les rickshaws et les motos, en direction de Jama Masjid, la plus grande mosquée d'Inde édifiée sous l'impulsion de Shah Jahan. La remontée de la ruelle s'avère difficile tant elle est étroite et l'activité intense. C'est un spectacle de tous les instants: fillettes entassées dans un rickshaw rentrant de l'école, vendeurs ambulants, chalands, animaux en tout genre, boutiquiers sur leur pas-de-porte, Old Delhi grouille de vie. Nous débusquons la mosquée bien planquée au coeur d'un bazar. Là aussi, nous jouons de malchance. Elle n'est pas accessible au public à l'heure où nous nous pointons, en raison de la prière.

 

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En contrebas de la mosquée et en direction du fort s'étale un immense marché que nous décidons d'arpenter. Pas de nourriture, mais alors absolument tout le reste s'y trouve: couvertures synthétiques, vêtements, vaisselle, vieux moteurs, pièces détachées en tout genre, meules usagées, c'est à se demander si le reyclage ne fut pas inventé ici. Il est près de 14h, nous mourons de chaud et de soif. Nous nous rabattons sur le premier rickshaw à moteur au tarif honnête et nous en retournons à New Delhi pour une pause climatisée. Malheureusement, le temps de nous rafraîchir et il est déjà trop tard pour visiter le Musée de New Delhi. Tant pis, ce sera pour une prochaine fois.

 

 

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  • : Astrid autour du Monde
  • : Viens je t'emmène... J'ai initié ce blog à l'occasion d'un périple de 3 mois en Australie, Nouvelle-Zélande et parcs nationaux US... Et puis j'ai continué à chacun de mes voyages. Si toi aussi tu as la bougeotte et que tu aimes découvrir de nouvelles destinations, tu es sur le bon blog!
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