Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 08:25

Après Siem Reap et les temples d'Angkor, je mets cap au sud-ouest, direction Battambang. Cela me permettra de couper la route en deux jusqu'à Phnom Penh. Et cela me permettra également de croiser les villages flottants du lac Tonlé. Siem Reap est à quelques encâblures d'un lac si grand, que lors de mon arrivée en avion, je me suis fait la réflexion "Mais Angkor n'est pas au bord de la mer". Horizon illimité pour le lac Tonlé.

 

Siem-Reap-3289.JPG

Le lac Tonlé Sap

 

J'ai un peu hésité à m'offrir la croisière sur le lac, car les 5 heures de bateau, qui se transformèrent en 7, coûtent tout de même $22. En bus, il, faut compter $6. Mais bon, je suis tout de même curieuse de voir ces fameux villages installés entre mangrove et lac, et puis c'est l'occasion d'utiliser un moyen de transport différent.

 

Siem-Reap-3284.JPG

A bord du "Tonlé Sap Princess"

 

Nous embarquons sous un ciel gris et chargé et mettons cap au sud. Le bateau est presque plein, et quelques locaux partagent notre inconfort: un banc de bois, bien dur. Le Cambodge est la destination idéale pour te faire un cul en titane, mon lecteur à la fesse raplapla. Le temps s'écoule comme un chapelet qu'on égrenne, rythmé par le ronronnement de tigre du moteur. Pas que le moteur soit extrêmement puissant. Il est plutôt franchement bruyant. Nous arrivons à hauteur d'un premier village. Le capitaine fait retentir son gros klaxon. On arriiiiive! Une barque vient à notre rencontre et dépose un passager à bord. Même opération un peu plus loin. Dans chaque village que nous traverserons, nous récupérerons un ou plusieurs passagers ou des colis pour Battambang. Et au fur et à mesure que nous nous rapprocherons de Battambang, nous laisserons à quai quelques passagers.

 

Siem-Reap-3321.JPG

Monsieur dépose sa femme et sa fille au bateau


Voilà pourquoi les locaux utilisent également ce moyen de transport. Il est cher, mais il les désenclave d'un monde fait d'eau. Comme je l'ai précisé, les villages sont flottants. Il n'y a donc pas de terre ferme. Les habitants vivent dans des maisons reposant sur de hauts pilotis ou sur des flotteurs. Les plus pauvres d'entre eux habitent leur bateau, chargé à bloc. Ils y dorment, cuisinent, vivent. A ces bateaux, une pirogue est attachée, qui leur permet d'aller pêcher surle lac. Ce doit être une drôle de vie au quotidien. Un espace restreint au sein de l'infiniment grand; la promiscuité permanente en famille et entre voisins et le silence profond d'une nature isolée.

 

Siem-Reap-3341.JPG

Village flottant

 

Après avoir descendu le lac pendant plusieurs heures, nous bifurquons sur la rivière Tonlé Sap. Brusquement, la vie reprend son cours normal. La rivière est envahie de pêcheurs qui laissent dériver leurs filets. Notre capitaine doit slalomer entre eux. Les filets sont matérialisés en surface par des bouteilles en plastique. En plus de rendre la dérive du filet visible, cela renseigne également le pêcheur sur le succès de son entreprise. Lorsqu'un poisson se prend dans les filets, cela agite la bouteille la plus proche. Il n'y évidemment pas suffisamment de pêcheurs pour permettre de recycler toutes les bouteilles de flotte du pays, mais voilà déjà une entreprise utile.

 

Siem-Reap-3387.JPG

Pêcheuse sur la rivière Tonlé Sap

 

J'acoste à Battambang en milieu d'après-midi. Un remork gracieusement mis à disposition par l'hôtel me récupère ainsi que deux autres Français et nous dépose devant le hall. Le temps de déposer Hardy au 4ème étage (sans ascenseur) et j'entreprends le tour de la ville. Battambang est la deuxième ville du pays et me parait aussi animée que Mâcon by night. Le centre ville historique, avec ses vestiges de maisons coloniales françaises et ses anciennes boutiques chinoises, se concentre sur 3 rues de large et 8 de long. Les deux heures qui me restent d'ici à la tombée de la nuit suffiront donc à en entreprendre le tour. 

 

Siem-Reap-3418.JPG

Maison coloniale "française" à Battambang

 

Battambang, c'est aussi une gare abandonnée. Depuis deux ans, plus aucun train n'y passe. Le Cambdoge a laissé tomber ses voies ferroviaires. Il fallait compter 8 heures de train pour rallier Battambang à Phnom Penh quand 5 heures de bus suffisent, les bons jours. L'occasion de faire quelques photos au soleil rasant et je retourne à l'hôtel pour la douche salvatrice et l'aspergeage d'anti-moustique de rigueur. 

 

 

Siem-Reap-3425.JPG

Le train ne sifflera plus 3 fois à Battambang

 

 

 

 

 

Siem-Reap-3447.JPG

Partager cet article
Repost0
18 novembre 2013 1 18 /11 /novembre /2013 10:33

Angkor, c'est un vaste site de dizaines de km², avec des temples un peu partout. Certains en meilleur état de conservation que d'autres, notamment grâce aux entreprises de restauration menées par des pays du monde entier. Il semble du meilleur effet d'avoir "son" temple à restaurer. Inde, République Tchèque, Japon, France, Allemagne... Voici le tour express des différents temples visités au cours de ces trois jours (à l'exception d'Angkor Wat et de ceux de Angkor Thom, déjà explorés avec toi, mon lecteur baladeur).

 

Ta Prohm

Ce temple est réputé pour les arbres qui poussent un peu partout entre ses pierres disjointes. Il est aussi célèbre pour avoir servi de décor naturel au tournage de Tomb Raider. Je ne les ai pas vus tomber les Raider... mais peut-être parce que ce sont des Twix désormais. Oui, oui, mon lecteur à l'humour de bas étage, tu viens de lire le plus mauvais jeu de mot imaginable. Toujours est-il que de déambuler dans Ta Prohm, c'est un peu replonger à l'époque des explorateurs du XIXème siècle. Tu es au coeur de la jungle, et soudain un mur de pierre transparait entre les arbres. Tu avances, fend les broussailles à coup de machette (dans tes rêves, mais bon) et tu pénètres dans l'enclos aux coursives fermées par les éboulis. C'est un peu ça Ta Prohm. Mais c'est aussi un vaste chantier de restauration qui mange la moitié du site. Et des cars entiers de Japonais sur l'autre moitié. Malgré le charme réel, il y a trop de monde à mon goût et je continue mon chemin.

 

Siem-Reap-2875.JPG

 

 

Preah Khan

Le temple de Preah Khan est grand, très grand et relativé peu fréquenté à l'heure matinale où je m'y trouve. Le temple de Preah Khan est lui aussi attaqué par la nature luxuriante, ce qui lui confère un charme digne d'un temple maudit. Le sanctuaire principal, situé au centre du temple comme il se doit, a été consacré en 1191 très précisément. Sa construction a dû s'établir sur plusieurs périodes, car l'accès est dédié au bouddhisme, quand les autres accès sont dédiés à la trilogie hindoue: Vishnu, Brahma et Shiva.

 

Siem-Reap-3091.JPG

 

 

Banteay Srei

Banteay Srei est très éloigné des autres temples et se situe même à l'extérieur du parc d'Angkor. Et pourtant, il faut y aller. Il s'agit d'un des temples les plus anciens, puisque le début de sa construction remonte à 967. Il est dédié à Shiva et offre les sculptures les plus fines et les plus belles de tout le Cambodge. OK, je n'ai pas visité le reste du pays, mais je pense que rien ne peut égaler ce que j'ai vu. Le temple n'est pas impressionnant par sa taille, mais par la délicatesse de sa réalisation et son état de conservation, vu son grand âge. Il est un de premiers temples à avoir été restauré avec succès par les Français en 1930. Ceci, après qu'André Malraux se soit fait choper à Phnom Penh avec des sculptures et des statues sous le bras. Il a toujours eu du goût cet homme-là, mais la classe n'y était pas! Bref, inutile de m'éterniser avec des longues phrases qui vont te saouler, mon lecteur un peu gris. Je laisse les images parler d'elle-même.

 

Siem-Reap-3148.JPG

Siem-Reap-3062.JPG
Partager cet article
Repost0
15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 10:15

Angkor ce n'est pas qu'un temple, c'est aussi une cité, dont il ne reste rien. Enfin si, ses temples. Ancienne capitale khmère qui remonte au début du deuxième millénaire, la ville était construite en bois. Seuls les temples étaient de pierre. Ce qui explique que les seules traces de cette ère ancienne soient essentiellement religieuses. Une exception cependant à Angkor Thom, la ville donc, ceinte par un mur percé aux quatre points cardinaux de portes d'accès et l'enceinte de l'ancien palais royal. La ville a abrité jusqu'à un million d'habitants à l'époque ou Londres en comptait 50 000. Aujourd'hui, c'est surtout un grand parc arboré où il fait bon déambuler au milieu des ruines.

 

Siem-Reap-3238.JPG

Ruines dans la forêt d'Angkor Thom

 

Je commence ma visite de très petit matin par la visite de Bayon. Il s'agit du temple le plus récent de l'ère d'Angkor, édifié au début du XIIIème siècle, et le seul temple originellement consacré au bouddhisme.Il compte aujourd'hui 37 tours surmontées de visages souriants, les Lokesvara. Le temple est particulièrement impressionnant et désert à 6h15 du matin. Les courageux lève-tôt sont tous à Angkor Wat et nous ne sommes que cinq à déambuler dans les coursives, grimper en haut du temple et bénéficier d'une jolie vue sur Angkor Thom. Voilà qui me convient mieux, beaucoup mieux, que la blinde de monde d'Angkor Wat et Phnom Bakheng.

 

Siem-Reap-3016.JPG

Smiling faces au temple de Bayon

 

Un peu plus loin, accolé au mur d'enceinte du palais royal, le temple de Baphuon domine. Celui-ci date de la moitié du XIème siècle. On peut également grimper tout en haut, par une volée d'escaliers bien raide. Si tu es sujet au vertige mon lecteur enamouré de Kim Novak dans Sueur froide, mieux vaut rester en bas. La particularité de ce temple est sa longue esplanade pour y accéder. En fait, les temples sont toujours construits sur un principe similaire: des coursives couvertes, des terrasses étagées, au moins une tour centrale, une base carrée ou rectangulaire.

 

Siem-Reap-3222.JPG

Le temple de Baphuon

 

Je traverse le mur d'enceinte, en pleine forêt, au milieu de ruines indéterminées, et je débouche sur un plus petit temple, celui de Phimeanakas. Il est en trop mauvais état pour pouvoir y grimper, mais il présente des sculptures originales: des moutons! Dans la représentation symbolique, les nagas (femmes serpents) et les lions sont les plus représentés. On trouvera parfois un éléphant ou un boeuf. Mais un mouton... Il ne manque que l'âne pour un parfait syncrétisme. 

 

Siem-Reap-3241.JPG

Mmmêêêêhhh qu'est-ce que c'est?

 

De là, je remonte vers le centre de la ville jusqu'à l'esplanade royale. Je suis au coeur de l'enceinte royale, mais il ne reste aucune trace du palais, celui-ci étant également construit en bois. L'esplanade est un long mur orné d'éléphants sur sa façade extérieure, alors que d'autres pachydermes gardent les escaliers d'accès. C'est sans doute la raison pour laquelle on l'appelle la Terrasse des Eléphants. A son extrémité nord, une petite esplanade a fait couler beaucoup d'encre à cause d'une petite statue trouvée sur le site. Elle représente un homme dont les doigts d'une des mains semblent mangés par la lèpre. De longs débats argumentés ont eu lieu pour savoir s'il s'agissait d'une représentation de Yama, le dieu des morts ou de Yasovarman I, roi lépreux. Il semblerait que Yama ait emporté le bout de gras et que ce petit bout d'esplanade soit considéré comme l'ancien crématorium royal. Néanmoins, et pour ne froisser personne, l'endroit est baptisé "Terrasse du roi lépreux". 

 

Siem-Reap 3253

Roi lépreux ou dieu des morts?

 

Je m'enfonce à nouveau dans la forêt pour visiter le dernier temple de la ville, Preah Palilay. Celui-ci n'est pas mangé par la lèpre, mais par les arbres. L'absence d'inscription sur les stèles rendent impossible la datation du temple. Comme tous les temples présents à Angkor et ses environs, il est inachevé. On estime donc qu'il a été construit en plusieurs temps. La base d'abord, probablement à la seconde moitié du XIIème siècle. Manque d'argent? Guerre? Mort du roi? Les travaux se sont arrêtés et le gopuram (la tour) n'aurait été construite qu'au XIVème siècle. 

 

Siem-Reap-3261.JPG

Preah Pilalay, envahi de nature

 

Je retourne à l'esplanade où m'attend mon tuk-tuk (prononcer touque-touque) et j'admire une dernière fois les tours Suor Prasat, au nombre de dix et qui font face à l'enclos royal. Là aussi, on ignore leur rôle dans la cité. Mais le mystère sied bien à ce lieu magique entre eau et forêt, et pour le coup beaucoup moins fréquenté qu'Angkor Wat sa voisine!

 

Siem-Reap-3247.JPG

Quatre tours Suor Prasat

 

 

 

Siem-Reap-3040.JPG

Partager cet article
Repost0
14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 13:06

Angkor Wat, le rêve d'une vie (ça va, il m'en reste d'autres...). Angkor Wat, le temple de tous les temples. Angkor Wat, le Disneyland du Cambodge. Ma première approche du temple s'est faite au coucher du soleil. Comme tous les touristes qui semblent trainer dans les parages. Un flot ininterrompu circule le long de l'allée qui parcourt les douves. Un flot ininterrompu parcourt l'allée qui remonte vers le temple, passée la première enceinte. Le temple est en réalité plus petit qu'il n'y parait sur les photos. Je suis assez déçue, d'autant que le soleil ne se couche pas sur Angkor Wat. Mais ce n'est pas grave, je reviendrai demain, à la première heure.

 

Siem-Reap-2756.JPG

La grande parade d'Angkor Wat

 

Le lendemain matin, réveil à 5h45. A 6h00, je suis en selle. Il ne me reste qu'à parcourir à coup de pédales les sept kilomètres qui me séparent de la cathédrale de l'hindouisme devenu bouddhisme. Je pédale, je pédale, l'air est encore "frais" et le ciel parcouru de nuages. Cette fois-ci, je pénètre dans le saint des saints. Angkor Wat est un enclos rectangulaire de 1,5km par 1,3km. En son centre, la tour principale représentant le Mont Méru, le mont sacré de l'hindouisme. Encadrant cette tour, quatre autre plus petites placées au quatre coins d'un carré. Elles sont si bien alignées que lorsqu'on se tient face à la tour principale, on a l'impression qu'il n'y a que trois tours. Tu suis toujours mon lecteur féru de géométrie dans l'espace? Si ce n'est pas le cas, viens à Angkor Wat, tu comprendras.

 

Siem-Reap-2986.JPG

Au petit matin

 

Les tours sont ceintes par trois enclos successifs, agrémentés de galeries. Après quelques minutes de queue, il est possible de monter dans les tour, sans s'énerver, à condition d'être correctement vêtu. Genoux et épaules couvertes de rigueur pour les dames. Un grand nombre de midinettes en mini-short et/ou débardeur se fait refouler. Bronzer ou visiter Angkor, il faut choisir. En haut, une galerie fait le tour des tours (désolée, je n'ai pas réussi à éviter la redite), ce qui permet de bénéficier d'une vue à 360° sur le parc et les douves. C'est joli et paisible à cette heure matinale. Mais le soleil atteint vite le zénith et la lumière, violente, n'est pas idéale pour la photographie.

 

Siem-Reap-2813.JPG

Angkor Wat vu du haut

 

Je redescends et prend le temps de faire le tour des enceintes successives. Le Cambodge ayant subi pas mal de revirement au cours de son histoire, le temple est aujourd'hui bouddhiste. Quelques statues de bouddhas étêtés, rares témoins d'un pillage massif, sont alignées le long d'un mur. On sent bien que les différents envahisseurs, David Vincent compris, se sont servis allègrement au passage. Ne restent que les sculptures des murs, tout le reste a disparu et est parti enrichir collections publiques ou privées.

 

Siem-Reap 2820

Boudhha assis sur un naga, la seule statue intacte qui demeure

 

Néanmoins, certaines des gravures non effacées par les ravages du temps (dans les deux sens du terme) font preuve d'une grande finesse. Ainsi le deuxième mur d'enceinte raconte le Ramayana, conte mythique et fondateur de l'hindouisme. Singes, éléphants, vaillants guerriers ornent les murs. Le temps est là aussi une des "déceptions" d'Angkor Wat. Le temple parait en bien meilleur état sur les photos. En réalité, il est presque intégralement noirci par l'humidité extrême dans ce pays.

 

Siem-Reap-2841.JPG

Extrait du Rayamayana

 

C'est le coeur teinté d'une légère amertume que je quitte le site. Attention, c'est réellement magnifique, mais les pillages successifs, les ravages du temps alliés à un tourisme de masse ôtent toute magie à l'endroit. Angko est visité à 70% par des Asiatiques qui préfèrent se déplacer en bande organisée que seuls. Bref, remonter l'allée d'Angkor Wat, c'est un peu comme descendre les Champs-Elysées un soir de victoire de la France à la Coupe du Monde de foot. Peut-être qu'en été, par 40°C, il y a moins de monde. Avis aux amateurs.

 

Siem-Reap-2952.JPG

Le temple de Phnom Bakheng

 

Pas dégoutée quand même, le soir, je tente le Sunset View Hill. Un temple, en haut d'une colline, qui offre, parait-il, un point de vue imprenable sur Angkor Wat. En route pour Phnom Bakheng, donc. Je grimpe la colline, accompagnée bien sûr. Je grimpe en haut du temple pour rejoindre la horde. Déception à nouveau. Le soleil ne se couchera jamais sur Angkor Wat, et encore moins ce soir avec tous les cumulonimbus qui fleurissent. Mais bon, le petit confetti dentelé là-bas haut loin est tout de même plaisant à voir.

 

Siem-Reap-2954.JPG

Mais qu'est-ce que je vois là-bas au loin?

 

 

 

 

Siem-Reap-2753.JPG

Partager cet article
Repost0
11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 13:28

C'est reparti pour un tour. Après un mois d'Indonésie, Air Asia me ramène à sa maison mère. Kuala Lumpur. Pour autant, je n'ai pas envie de passer mes trois jours dans l'enfer de la cité et je décide de me rendre un peu plus au sud à Melaka, autrefois appelée Malacca (grosse différence). Tout comme George Town, visitée au début de mon périple sudestasiatique, Melaka est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO pour son quartier chinois. Elle jouit également d'une renommée internationale pour sa gastronomie. Ha ha, je ne vais pas me laisser abattre non plus. Je suis même tellement dressée, que je me dégote un petit hôtel dans un bâtiment historique. C'est un peu chérot, mais mignon comme tout.

 

Melaka-2623.JPG

Les maisons typiques de Chinatown à Melaka

 

Melaka, ce sont deux rues principales aux maisons chinoises typiques, c'est-à-dire une boutique au rez-de-chaussée et 2 ou 3 pièces à l'étage, appartement privé. En façade, certaines arborent fièrement des motifs compliqués, des couleurs criardes ou des stucs "tarte à la crème". Aujourd'hui, les boutiques sont occupées par des vendeurs de merdes à touriste en tout genre à prix élevé. Après l'Indonésie, tout parait cher. Ben oui, mon lecteur milliardaire, j'ai des réaction d'enfant gâté: "ah ben non, je ne vais pas payer 40 ringgits un sarong qui ne coûte que 65,000 rupiahs" (pour plus d'informations, www.xe.com). Melaka c'est aussi un nombre innombrable (sic) de musées. Le musée d'architecture (check), le musée du peuple (check), le musée de la marine, l'ancien palais royal (check), la maison typique du quartier chinois (check)... et j'en passe. 

 

Melaka-2577.JPG

Melaka, son passé colonial...

 

Et comme Melaka a un passé colonaliste (Portugais, Britanniques, Hollandais), il y a quelques bâtiments à visiter: une mini-ruine du fort portugais, une église portugaise, une église hollandaie déconsacrée par les Brits', un hôtel de ville batave en pleine restauration. Mais tout cela est concentré en un espace assez réduit somme toute et une journée suffit à faire le tour de la ville.

 

Melaka-2616.JPG

La Porta de Santiago

 

Et quand on y passe 2 jours et demi... que faire? Heureusement, il y a Findus, ou comme je l'ai stipulé, la bonne bouffe (à la différence de Findus qui propose des poissons surgelés à base de cheval). Le midi du premier jour, je me rue chez Nancy réputée pour ses popiahs, rouleaux farcis à la super bonne came. Je déguste également un poulet à la noix de bancoulier particulièrement recommandée par ma bible, mais qui me laisse étrangement sur ma faim. C'est bon, très bon, mais pas à se damner.

 

Melaka-2567.JPG

L'excellent popiah de Nancy's Kitchen

 

Le soir, je me rattrappe avec peine au marché de nuit. Il y a là toutes sortes de "finger food" amusantes, mais surtout des mets à base de durian. Je n'ai pas encore réussi à briser le tabou mental qui consiste à m'envoyer par le gosier un fruit qui sent la merde. Mais c'est très bon parait-il, alors viendra le temps où j'y viendrai. Je me contente de quelques "satay" ou brochettes de poulet à la sauce cacahuètes, d'une saucisse super grasse, d'un popiah définitivement moins bon que le midi.

 

Melaka-2651.JPG

Brochette de patate au night market de Jonker Street

 

Le lendemain, nouvelle journée, nouveaux essais. Le midi, je trouve refuge dans un restaurant où il faut faire la queue 10 minutes pour obtenir son repas, puis 10 bonnes autres minutes pour trouver une table. C'est plein à craquer. Tout comme Nancy, ce restau propose de la cuisine Nonya, c'est-à-dire des immigrés chinois premières générations. Mais ici, on ne sert que de soupes. Je prends un Baba Lanksam, délicieux bouillon agrémenté de lait de coco, de piments et dans lequel la cuisinière a plongé des crevettes, des fishballs, et des trucs frits. C'est super bon. Le soir, c'est reparti pour 45 minutes de queue devant le Paul Bocuse du Satay Cendol. Ce sont des brochettes de tout et n'importe quoi que l'on choisit dans un grand rayonnage refrigéré. Ensuite, on plonge les brochettes dans un pot de bouillon mystérieux agrémenté de cacahuète pilée. Les gens viennent de loin pour cette spécialité qu'on ne trouve qu'à Melaka. En ce qui me concerne, je partage ma table avec Henrik, un Allemand rencontré la veille, et un jeune couple venu de Penang, au nord du pays. Enfin, le week-end tire à sa fin et il est temps pour moi de regagner les alentours de Kuala Lumpur afin de m'envoler pour le Cambodge. Yiihhhaaaa!

 

Melaka-2744.JPG

L'extraordinaire Baba Lanksam de Jonker 88 Heritage

 

 

 

 

 

Melaka-2584.JPG

Partager cet article
Repost0
8 novembre 2013 5 08 /11 /novembre /2013 12:01

Me revoilà à Ubud, 9 ans plus tard... La ville a bien changé. Les agences de tourisme et les bureaux de change ont cédé la place aux boutiques chic. Le "marché" aux souvenirs est abrité dans un bâtiment moderne et propre. Les homestays, hôtels, guesthouses empiètent sur les rizières qui ont fait la renommée de la région. Ubud n'en demeure pas moins charmante et fait figure de havre de paix après le tumulte vulgaire de Kuta-Legian. Ici, les bimbos russes daignent enfiler quelques vêtements légers par-dessus leur maillot de bain. A Ubud donc, les rizières qui se dévoilent à nos regards enchantés au petit matin, avant la grosse chaleur. A 7 heures, nous sommes l'objectif planté dans les palmiers qui bordent les champs de riz. A 8 heures, nous suons déjà à grosses gouttes et le soleil déjà trop haut empêche de faire de belles photos. Mais quel plaisir des yeux, quel calme de l'âme au milieu de toute cette verdure.

 

Bali-2348.JPG

Dans les champs de bon matin

 

Ubud, c'est aussi sa fameuse Monkey Forest. Quelques arpents de ficus ombrageux terrain de jeux d'une horde de macaques nourris à l'envie par une horde de touristes. Ils sont nombreux à acheter des bananes et à les tendre en l'air en espérant qu'un singe grimpe sur leur épaule pour l'attraper, le temps d'une photo. Oui, mais voilà... à force d'être nourris toute la journée, les singes renâclent à la tâche et c'est non sans un plaisir malsain à la Nicolas Bedos que je regarde ces pauvres touristes le bras en l'air à s'en donner des crampes. On n'apprend peut-être pas aux singes à faire des grimaces, mais on apprend certainement aux touristes à avoir l'air con.

 

Bali-2474.JPG

Et si on apprenait aux singes à faire des grimaces pour finir?

 

Ubud, c'est encore des rizières à plateau. Pour cela, il faut enfourcher un fidèle destrier et s'éloigner quelque peu de la ville. Le jeu en vaut la chandelle. Derrière un alignement de 4x4 et de minibus, un gouffre s'offre à nous, bordé de cocotiers. 

 

Bali-2490.JPG

Rizières en terrace

 

Un peu plus loin d'Ubud encore, c'est Tampaksiring. Une ville sans autre intérêt que son temple, un des plus anciens de Bali, creusé à même la roche. Pour y accéder, il faut descendre entre des rizières (encore). Tampaksiring étant à 20km d'Ubud, il n'y a presque plus de touristes. Dire si ça vaut la peine de venir jusqu'ici! 

 

Bali-2513.JPG

Pura Gunung Kawi

 

C'est à Ubud que se termine mon voyage indonésien. J'ai le coeur serré de partir, mais se sera pour mieux revenir. Comme le chantait si bien Bob Marley, "No woman, no cry" (private joke). 

 

 

Bali-2553.JPG

Goodbye Indonesia. I love you.

 

 

 

 

 

 

Bali-2314.JPG

Partager cet article
Repost0
7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 15:15

Ne jamais dire plus jamais. Je voulais à tout prix éviter Bali dont je ne gardais pas un souvenir exaltant. Trop de touristes, trop de marchands du temple, trop de jeunes plafonnand à 2 de Q.I une bière dans une main et une planche de surf dans l'autre. Bref, le bateau de Lembongan me dépose à Bali d'où je décollerai pour Kuala Lumpur. C'est un peu la faute à Marta et Carlos (je n'ai pas trouvé Voltaire) qui veulent absolument visiter l'île. Nous commençons donc par une nuit à Denpasar, la capitale sans intérêt de l'île. Le temps de dégoter quelques beaux sarongs qui finiront en housses de coussin (Maman, je prépare ta retraite) et d'avoir une idée de génie. Et si nous louions une voiture pour visiter l'île...?

 

Bali-2112.JPG

Oh les beaux sarongs...

 

Nous buttons sur la faute à pas de chance (toujours pas de Voltaire en vue), car démarre la fête hindoue la plus importante de l'année pour les Balinais. 4 jours de festivités non stop, où ils revêtent leurs plus beaux atours et passent leur journée au temple et en famille. Il semblerait qu'à cette occasion, les Balinais louent des voitures. Impossible d'en trouver une à Denpasar. Nous tentons notre chance à Kuta, l'enfer touristique par excellence, où nous ne croisons que des Barbie et Ken d'Australie, de Russie, de Paris, de Miami... enfin bon, pas la classe quoi! Toujours pas de voiture. Nous continuons donc en taxi jusqu'à Canggu, village bien tranquille qui regorge de homestays sympathiques. Le notre (de homestay) a une piscine entourée de bungalows et d'un jardin tropical donnant de l'ombre à toute heure de la journée. Et ce n'est pas du luxe! La température grimpe dangereusement, il n'y a pas d'air et surtout le taux d'humidité fait penser à celui d'un drap d'un enfant de 5 ans qui se serait oublié pendant son sommeil.

 

Bali-2191.JPG

Villa Serenity ou le petit hôtel de routard comme je les aime

 

Nous louons des scooters pour visiter un temple (il n'y a que ça de toute façon) qui se trouve à une quarantaine de kilomètres de là. J'ai vite fait de perdre Carlos et Marta, et c'est seule que j'entrepends l'expédition. Situé à l'extrême pointe de la péninsule de Bukit, au sud de l'île, le temple domine les falaises environnantes. C'est très joli mais surtout peuplé de singes (que je déteste au cas où tu n'aurais pas suivi, mon lecteur en diagonale). Et puis il fait chaud nom de Dieu!

 

Bali-2137.JPG

Pura Luhur Ulu Watu accroché à sa falaise

 

Je reprends la route en sens inverse, vite fait bien fait, histoire de profiter de la piscine et de faire un tour dans les rizières environnantes. Je prends une petite route au hasard et profite d'un agréable spectacle bucolique. Cependant, je ne suis pas certaine que le travailleur des champs soit aussi enthousiaste que moi. Il passe ses journées plié en deux, le nez dans ses rizomes... J'ai une petite pensée pour lui à l'heure de l'apéritif. Ce soir, nous sommes invités à dîner par Jutta, que j'ai rencontrée lors de mon trek à Sumatra. Ses parents coulent une retraite paisible et heureuse au golf de Bali. Un peu trop la classe quoi! Nous passons une soirée civilisée au milieu d'expats, à siroter du vin et se délecter de mousse de saumon et de quiche... en toute simplicité.

 

Bali-2156.JPG

Tant que le soleil ne dort pas, ça bosse dur

 

 

Il faut toujours enchaîner une bonne fête avec une autre. Marta a 30 ans. Pour fêter cela, nous nous enferrons dans les embouteillages de Kuta pendant des plombes. Eux doivent renouveler leur visa indonésien et moi changer mon billet pour Kuala Lumpur. Tout ça se passe un peu au sud de Kuta, au bout de l'enfer. C'est un peu comme de se retrouver un vendredi soir de long week-end, place de l'Etoile, par un jour de grève où il pleut. Pour se consoler de toute cette perte de temps, nous nous arrêtons dans un infâme restaurant sans âme, choisi par Carlos. Après cette expérience douteuse, j'impose de choisir les restaurants à l'avenir. Le soir, Marta veut dîner japonais. Je dégote l'adresse d'un des meilleurs restaus japonais de l'île et qui s'avère être un des meilleurs restaus japonais que j'aie jamais fait. Oui, Antony et Emiloine, c'est possible ailleurs qu'à Tokyo! Fort aises de cette succulente expérience, nous continuons la soirée dans un bar... glauque. Ne nous laissant pas abattre, nous achevons la soirée dans un bar-boite... à putes de Legian. Ca tapine sévère, la musique est un cauchemar. Bahhh, on n'a pas 30 ans tous les jours et gageons que Marta s'en souviendra!

 

 

Bali-2182.JPG

Happy Nasi Goreng Udang Marta

 

 

 

 

Bali-2123.JPG

Partager cet article
Repost0
31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 12:55

Après deux semaines sur Sulawesi, le premier grop coup de coeur de ce voyage, il est temps pour moi de reprendre la voie des airs, de terre et de l'eau pour atteindre le dernier tronçon de mon périple indonésien: Bali. Je suis un peu réticente à l'idée d'y passer du temps. J'y suis déjà venue il y a une petite dizaine d'années, et l'île ne m'a pas laissé un souvenir impérissable en raison de sa très haute fréquentation. Cependant, je dois y retrouver mes nouveau meilleurs amis Carlos et Marta. Mon bus de nuit m'éloigne de Rantepao et des Torajas pour me rapprocher de Makassar. Oh, je ne t'ai pas raconté mon lecteur toujours à l'heure, mais j'ai raté mon vol de Makassar à Bali de 2 jours. Je ne sais pas pourquoi, j'étais persuadée d'avoir un vol le 29 Octobre. Mais quand j'ai voulu m'enregistrer le 27 Octobre au soir, c'était pour mieux m'apercevoir que mon avion avait décollé il y avait déjà 7 heures de cela. Ma première action en débarquant du bus à 4h17 du matin a été de me dégoter un billet pour Bali, le plus tôt possible. Et le plus tôt possible, c'est à 9h10 avec la compagnie Garuda, pour la modique somme de 1,000,000 de roupiahs. Le billet à 70€, ça c'est fait! Je profite des quelques heures à tuer pour boire un frapuccino au Starbucks de l'aéroport. Ils sont partout ces petits gars de Seattle. Mais surtout, ils ont le wifi! J'échange quelques messages avec mes amis espagnols qui m'apprennent qu'ils quittent Bali pour l'île de Lembongan, à quelques encâblures de là. Rendez-vous est pris.

 

Sulawesi 1988

L'aéroport de Makassar au petit matin

 

Sortie de l'avion, je hèle un ojek (moto-taxi) qui nous dépose, Laurel, Hardy et moi au port de Sanur. Coup de chance, le prochain bateau est dans 40 minutes. Juste le temps de déjeuner de soupe de poisson et de riz, de refaire le plein de crème solaire et me voici fendant les flots sur un speedboat. J'atteins Lembongan 30 minutes plus tard et je me mets en quête de l'hôtel Puri Nusa, qui se trouve tout de même à 2 bons kilomètres du débarcadère. Une jeune fille me prend sur son scooter et me dépose au pied de l'hôtel, les pieds dans l'eau. Life is hard.

 

Bali 2082

La plage devant mon hôtel

 

Ma chambre est immense et défraîchie. Il n'y a pas d'électricité sur l'île depuis plusieurs jours, car le câble qui relie l'île à Bali souffre d'une quelconque avanie. Mais l'eau est cristalline, le sable blanc éblouissant, le ciel bleu des mers du sud et la mer juste ce qu'il faut de rafraîchissante. Lever tôt. Les raies manta nous attendent. Hop les palmes! Hop, le masque et le tuba! Nous louons un petit bateau qui nous largue à Manta Bay. Point de raie au menu ce matin. Elles doivent dormir dans les profondeurs du sable, bien à l'abri des regards. L'eau semble trouble et épaisse après les plongées incroyables à Bunaken. Nous remontons à bord de notre barcasse à moteur et mettons le cap sur Cristal Bay. Effectivement, l'eau est beaucoup plus claire, et les fonds tapissés de coraux. Quelques coups de palmes par-ci par-là et nous nous rendons sur un troisième spot: Mangrove Point. Là, je dis OK Coral. L'eau est incroyablement claire et poissoneuse, les coraux parent le fond de la mer de toutes les couleurs: bleu électrique, vert pomme, blanc. Les anémones de mer prennent toutes les formes. Je m'égaye un bon moment, le temps de débusquer une murène tapie sous un gros bloc de corail et guettant ses proies; un box-fish de belle taille; un poisson caméléon aux écailles léopard. Je prends à droite et me fonds dans un gros banc de petits poissons bleu. Un coup à gauche et ce sont des bat-fish jaune, noir et blanc que je suis en remontant le courant. Life is hard.

 

Bali-2087.JPG

La petite île de Lembongan

 

L'après-midi nous louons des scooters pour partir à la conquête de l'île. Nous commençons par vouloir visiter le temple du village. Force est de constater que la porte est close. Nous faisons le tour, et atterrissons par hasard au milieu d'un combat de coqs. Tous les hommes du village semblent s'être rassemblés ici. Au centre d'une petite arène de sable, deux dresseurs de coq. Le combat va commencer. Les spectateurs se lèvent et scandent une onomatopée en levant les bras et en tendant leur billet au receveur de paris. Les propriétaires ébouriffent les plumes de leur animal de concours et lâchent les bêtes qui se sautent dessus. Tout le monde se lève et crie: "ohhh", "ahhh". Je ne vois rien. Le combat s'arrête. Un des coqs renonce à combattre, il a perdu. Les différents propriétaires se précipitent au centre du cercle, leur plus beau coq sous le bras. Ils font se sentir les bestioles, voient si une quelconque animosité naturelle pourrait augurer d'un grand spectacle. Ils se repassent les coqs de main en main, les soupesant, jusqu'à trouver deux oiseaux d'un même gabarit et semblant éprouver une haine naturelle l'un pour l'autre. On attache un ergot en métal à la patte de chacun des coqs et le combat va pouvoir commencer. Il ne faut pas 2 minutes au beau coq blanc pour mettre son ennemi K.O. Il est même peut être bien mort. Lassé du spectacle, nous reprenons la route. Life is hard.

 

Bali-2078.JPG

Bam! Dans ta face!

 

 

A la recherche d'une bien nommé Dream Beach, nous nous égarons dans les hauteurs de l'île. Pour mémoire, mon lecteur harountazieffien, l'Indonésie est constitué d'un ensemble d'îles volcaniques. Les reliefs sont escarpés, pierreux, enclin à une végétation éparse... la Grèce de l'hémisphère sud, les moulins en moins. En redescendant de notre colline, sur une portion de route particulièrement dégueulasse, la roue de mon scooter glisse contre une pierre. Et c'est le drame. Je perds le contrôle de mon fidèle destrier et parviens de justesse à éviter la chute. En revanche, je me suis pris le scooter sur les jambes. Résultat deux bons gros hématomes de concours et une douleur lancinante à la cheville. Life is hard.

 

Bali-2093.JPG

Lembongan et Cienggan, deux petites îles reliées par un pont suspendu

 

Nous retournons à notre hôtel juste à temps pour le coucher du soleil. Je me gave d'arnica montana en granules homéopatiques. La douleur à la cheville disparait presque immédiatement. Oui, mon lecteur pharmacien, je profite d'avoir pignon sur rue pour faire la promotion de la médecine douce et efficace. Demain, cap sur Bali et Denpasar, la grande ville. Quelques questions pratiques à régler, un peu de shopping avant de me rendre à l'ouest de l'île. Je suis invitée à une petite fête samedi soir. Eh ouais! 

 

Bali-2005.JPG

Coucher de soleil à Lembongan

 

 

 

 

 

 

Bali-2001.JPG

Partager cet article
Repost0
28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 00:00

Les touristes qui s'aventurent au coeur de Tana Toraja viennent pour assister à une cérémonie funéraire. Il y'en a très souvent vu que de tout temps les hommes sont morts. Et de tout temps, il a fallu se débarasser de leur corps. En ce qui concerne les Toraja, on peut dire qu'ils mettent le paquet. La cérémonie dure 4 jours rassemblant le ban et l'arrière-ban. Ca coûte une blinde à la famille, alors parfois (pour ne pas dire toujours), ça prend un peu de temps pour enterrer le défunt. Ca peut même prendre jusqu'à 10 ans. Ben oui, il faut rassembler assez de sous pour le cercueil, la décoration du tongkanan, l'édification de bâtiments temporaires pour accueillir les invités, il faut nourrir tout ce monde et le "rafraîchir" au vin de palme, il faut aussi sacrifier quelques animaux et j'en passe et des meilleurs.

 

Sulawesi-1700.JPG

Le tau tau de Maria Tolando

 

 

Mais que fait la famille du corps pendant tout ce temps? Eh bien elle le garde précieusement à la maison. Elle le bourre de formol pour éviter une décomposition avancée. C'est que la climatisation n'est pas de mise dans les montagnes. En fait, le défunt est considéré comme malade jusqu'à ses funérailles. Si d'aventure tu es invité à te rendre dans une maison avec un "malade", tu seras invité à le saluer et à prendre congé, comme avec n'importe quel autre membre de la famille. 

 

Sulawesi-1728.JPG

Le cercueil trône au centre du tongkanan

 

 

Marta, Carlos et moi nous sommes adjoints les services de Arro, guide de son état, que je ne te recommande pas, vu la pauvreté de ses explications. Arriver jusqu'au village de la cérémonie s'est avéré une chevauchée héroïque, la route principale étant fermée. Arro nous a alors mené par des chemins de traverses impraticables pour mon niveau de conductrice. A tel point que bloquant la route à une voiture dans une descente particulièrement raide et caillasseuse, le passager a proposé de mener mon scooter à bon port pendant que je prenais sa place dans le véhicule. Ahh, ils sont sympas ces Indonésiens! Et surtout, ils m'auront permis de rester en vie pour te conter la suite de mes aventures. Et vu ce qui va suivre, tu aurais été déçu de manquer ça, mon lecteur festoyant.

 

Sulawesi-1709.JPG

Accueil chaleureux des touristes que nous sommes

 

 

Nous sommes arrivés au tongkanan de je ne sais trop quel village en fin de matinée. Le cerceuil trône au milieu du tongkanan alors que les invités arrivent et prennent place sous les grenier à riz qui leur est attribué. Les invités les plus prestigieux sont placés au plus près du cercueil. Le porc cuit dans son étui de bambou sous l'oeil sévère du tau tau de Maria Tolando, la défunte. Pour rappel, le tau tau est la statue édifiée à l'occasion des funérailles et qui gardera le cerceuil pour l'éternité. Nous sommes ensuite invités à nous présenter à la famille. Maria n'ayant pas eu d'enfants, ce sont ses nièces et petites-nièces qui nous reçoivent. Nous leur remettons un cadeau (une cartouche de clopes, ce qui est très bien vu) et en retour, nous recevons du thé et des petits gâteaux. Maria avait 90 ans lorsqu'elle est décédée et il aura fallu deux ans à ses descendants pour organiser les funérailles. Lorsque nous prenons congé de la famille, les femmes du village se sont rassemblées autour d'un tronc évidé servant à piler le riz. Elles martèlent en rythme une mélopée envoûtante qui va durer tout le temps du repas qui s'annonce. Nous sommes invités à nous asseoir sur une natte en palme. Une feuille en papier huilé savamment pliée fait office d'assiette. Nous nous servons en riz, en porc cuit dans le bambou (pas mal), en poisson grillé. 

 

Sulawesi-1716.JPG

Pump up the volume

 

 

Un prêtre vient clôturer le déjeuner avec un discours ponctué de "Amen" qui a le don de plonger l'assemblée entière dans une douce léthargie. S'ensuit un discours nettement plus tonique du maître de cérémonie qui retrace la vie de la défunte à coups de cris provenant du fin fond de ses entrailles. Il a le don de réveiller tout le monde et de mettre l'assemblée en condition pour la procession, qui est le but de cette première journée. Les enfants se saisissent de fins bambous coiffés de drapeaux de couleurs et ouvrent la marche. Les femmes se rassemblent sous un dais rouge noué au cerceuil tandis que les hommes portent le cerceuil à travers le tongkanan jusqu'au village. Les buffles qui seront sacrifiés suivent le cortège. Ils sont ici au nombre de 7. La procession est un moment joyeux où les hommes secouent à plusieurs reprises le cerceuil de bas en haut en poussant de hauts cris.

 

 Sulawesi-1849.JPG

 Procession 

 

Une fois de retour au village, le maître de cérémonie annonce le sacrifice du premier buffle. Les enfants se précipitent aux premières loges, en contrebas de la maison. Le premier buffle est toujours sacrifié à l'ouest de l'habitation du défunt et les enfants sont chargés de recueillir le sang de l'animal dans des tubes de bambou. Ah ben oui, je ne t'ai pas précisé que le buffle est égorgé à coup de machette, mon lecteur amateur de gore. Le second sacrifice a lieu au milieu du tongkanan et je suis aux premières loges. Je me dis que si les enfants se réjouissent d'un tel spectacle, je dois bien pouvoir y assister sans tourner de l'oeil. Le buffle est tout d'abord attaché par une de ses pattes à un énorme bambou, cela afin d'éviter qu'il ne se fasse la malle au milieu du public si cela devait tourner mal. La personne chargée de le sacrifier lui entaille la gorge en un coup de machette efficace. Le sang gicle abondamment et l'énorme masse s'effondre au bout de quelques secondes. Puis elle agonise un long moment continuant à respirer par la "trachéotomie" sauvage. En ayant assez vu, nous décidons de rentrer à l'hôtel. Il est déjà 15 heures. En route pour nos motos, nous assistons au sacrifice d'un cochon, pratiqué sur le bord du chemin. Cadeau d'un des invités qui servira peut-être à nourrir tout le monde ce soir. En tout cas, pas besoin de l'égorger pour entendre le doux son de son gruuiiiiikkkk strident. Un coup planté dans le coeur suffit. Ah oui, et bon appétit bien sûr, mon lecteur qui aime à me lire pendant sa pause déjeuner.

 

Sulawesi-1918.JPG

Sacrifice de buffle

Partager cet article
Repost0
27 octobre 2013 7 27 /10 /octobre /2013 03:12

Mon vol tardif pour Makassar m'oblige à m'y arrêter une journée. Les bus pour la région de Tana Toraja roulent de nuit. Une fois de plus la légende de l'inintérêt des villes asiatiques se confirme. Une exception cependant, Makassar possède un fort à la sauce hollandaise, bien nommé Fort Rotterdam. Une jolie muraille de style ancien protège des casemates ripolinées de près. Les bâtiments servent à l'administration indonésienne et ne se visitent donc pas, à l'exception d'un musée un peu tout naze. J'ai également tenté un tour au marché de Makassar, souk de fringues cheap et moches à ciel ouvert. Je crois que je préfère regagner le hall de mon hôtel en attendant d'aller attraper mon bus.

 

 Sulawesi-1492.JPG

 Fort Rotterdam à Makassar

 

Je retrouve Marta et Carlos, rencontrés à Bunaken, dans mon bus. Nous faisons route de nuit, dans de gros fauteuils somme toute assez confortables, et roulons, roulons vers le nord pendant 8 heures. Le chauffeur a la délicatesse d'allumer les lumières chaque fois que quelqu'un monte ou descend afin qu'il ne se prenne pas les pieds dans le tapis. Ma nuit ressemble a un mille-feuilles: une feuille de sommeil par ci, une par là, jusqu'à ce que le jour se lève vers 5 heures et annihile définitivement tout espoir de repos. Nous débarquons à Rantepao, au coeur de la région Tana Toraja vers 6 heures du matin. Notre première action consiste à trouver une guest house, en l'occurence Pia's Poppies, la plus réputée de la ville. Joli jardin, grandes chambres et délicieuse nourriture... nous avons la chance de dégoter les deux dernières chambres.

 

 Sulawesi-1653.JPG

 Marta y Carlos, compagnons de route provisoires

 

 

Les Tana Toraja sont réputés pour leurs rites funéraires tout à fait originaux, qui ont survécu à la christianisation des masses par les colons. L'autre particularité réside dans l'aspect particulier des greniers à riz et des maisons traditionnelles. Troisième atout de la région, pour lequel les Tana Toraja n'y sont pour rien, les montagnes. Le pic le plus élevé de la région culmine à 2000 mètres. Ce n'est pas le Mont-Blanc, mais cela suffit à garantir une température agréable tout au long de l'année. Sans compter une pluviométrie élevée et régulière, qui permet de cultiver le riz dans les larges plateaux. Tu l'auras compris, mon lecteur paysagiste, Tana Toraja c'est une émeraude enchâssée de montagnes habitées d'une peuplade aux moeurs étranges.

 

Sulawesi-1635.JPG 

Rizières    

 

Marta, Carlos et moi louons des scooters afin de nous déplacer au coeur de ce petit paradis. Eh oui, encore un! Nous suivons les recommandations du Lonely Planet pour visiter les plus beaux tongkanan. Chaque village se dote de greniers à riz érigés en rectangle. C'est au centre du tongkanan qu'ont lieu les cérémonies funéraires, que j'évoquerai dans mon prochain article. Nous parcourons également des paysages idylliques de rizières en plateau agrémentées de leur buffle et de leur épouvantail. Voilà qui aurait plu à Holbein ou Paulus Potter s'ils étaient venus jusqu'ici. Nous découvrons également les "cimetières" délabrés des Tana Toraja.

 

Sulawesi-1637.JPG 

Grenier à riz

 

Les Tana Toraja n'enterrent pas leurs morts, mais déposent les cerceuils dans des grottes ou à flanc de falaise, parfois dans les arbres. Les cerceuils étant en bois, ils finissent par se décomposer. Nous nous promenons donc au milieu des crânes et des ossements. La promenade est étrange mais pas morbide. Et puis moi qui aime bien les cimetières, je dois dire que là, je suis servie! Malheureusement, l'homme étant ce qu'il est, c'est à dire un voleur de tout et n'importe quoi, les Tana Toraja ont tendance à édifier des mausolées désormais afin d'éviter le vol des dépouilles ou des tau tau. Les tau tau sont les statues représentant le mort et placées aux côtés du cercueil.

 

Sulawesi-1673.JPG

Promenade à tombeau ouvert

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Astrid autour du Monde
  • : Viens je t'emmène... J'ai initié ce blog à l'occasion d'un périple de 3 mois en Australie, Nouvelle-Zélande et parcs nationaux US... Et puis j'ai continué à chacun de mes voyages. Si toi aussi tu as la bougeotte et que tu aimes découvrir de nouvelles destinations, tu es sur le bon blog!
  • Contact

Recherche

Liens