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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 14:22

Située à l'est de Mandalay, Hsipaw n'est plus bien loin de la Chine, peut-être 200km, soit 7-8 heures de route. Mais mon ambition n'est pas d'aller jusque-là, d'autant qu'après Hsipaw la route n'est pas ouverte aux étrangers. Oui, la Birmanie s'ouvre progressivement. Hsipaw est une petite bourgade au coeur du territoire shan, une de ces ethnies minoritaires qui composent la Birmanie. A la fin des années 50, les ethnies se sont alliées avec les Bamars majoritaires afin de bouter l'ennemi anglois hors de la zone. Elles ont ensuite réclamé le fédéralisme, mais c'est alors que la junte a débarqué, arrêté et jeté en prison les leaders ethniques et le silence s'est abattu sur le paysage politique birman. A Hsipaw, le prince fut arrêté comme les autres, mais il n'est jamais revenu. Le pouvoir a toujours refusé d'admettre son assassinat. Ses filles et sa femme, autrichienne, se sont exilées aux Etats-Unis et refusent de revenir au pays tant que le gouvernement n'aura pas jeté toute la lumière sur cette sombre affaire. Le neveu a donc pris la suite et a connu de nombreux passages en prison. Le Lonely Planet explique d'ailleurs qu'il jouit actuellement d'une résidence surveillée et qu'il est fortement déconseillé de se rendre à son palais, autrefois ouvert aux visiteurs. Ma première balade dans Hsipaw m'a conduit jusqu'au palais et quelle ne fut pas ma surprise de constater que les visites avaient repris. J'ai été reçue par la princesse qui m'a longuement comptée l'histoire de la famille. Son mari siège désormais à la capitale Shan, au sud de l'état et est chargé de négocier le fédéralisme avec l'Etat birman. De son côté, elle veille à l'entretien de la maison comme elle peut et reçoit les visiteurs. Le palais ne ressemble en rien à un palais traditionnel shan, car celui-ci a brûlé et un manoir à l'anglaise a été reconstruit.

 

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Manoir du Sussex? Non, palais shan!

 

Je continue ma visite de Hsipaw en me rendant à "Little Bagan". Bagan est le joyau  birman, un site exceptionnel de temples en ruine, qui vient compléter la trilogie d'Angkor au Cambodge et Hampi en Inde. Ne m'étant pas encore rendue à Bagan, je suis curieuse de découvrir sa version miniature. Je remonte un chemin bordé de quelques maisons et me retrouve bien vite au milieu des rizières asséchées. Et que dire de Little Bagan, si ce n'est que les Birmans ont l'art de l'exagération. Il s'agit en réalité de 5 stuppas en ruine en face d'un vieux monastère en tek. Rien de bien impressionnant, même si le cadre bucolique est des plus agréables. J'espère juste que Big Bagan sera vraiment beaucoup beaucoup beaucoup plus grand.

 

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Tiny mini Bagan

 

Bon, j'ai visité le palais shan, vu les ruines de 3 stuppas en brique, qu'y a-t-il d'autre à Hsipaw? L'industrialisation étant inexistante dans ces contrées, le tissu économique est essentiellement agricole et artisanal. Les Birmans sont de grands mangeurs de nouilles: sautées, frites, en bouillon. Hsipaw compte donc sa petite fabrique de nouilles qui sont ensuite vendues un peu partout dans le pays. Le matériel doit dater du XIXème siècle, mais ça tourne encore et on voit bien que la révolution fordiste n'est pas encore passée par là. Des plaques de pâtes sont faites à base de farine de riz, puis envoyée vers la machine à faire les nouilles. Les nouilles sont disposées sur des bâtons de bois et mises à sécher au soleil. En période de pluie, l'activité se fait un peu moins intense, car les nouilles sèchent moins vite... 

 

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Fabrique de nouilles    

 

Les nouilles sont aussi vendues au marché central qui ressemble à tous les marchés du sud-est asiatique. Un bric-à-brac de nourriture, de vendeurs de tissu, de couturières, de vendeurs de pièces détachées de toute sorte, etc... Juste derrière ce grand marché, caché par les maisons bordant sa rive, le fleuve, autre centre de vie. Je me pose à la terrasse d'un café et regarde défiler la vie. Les paysans viennent donner le bain à leurs buffles qui ont l'air d'aimer ça. Une femme remplit sa barque de pierres récupérées dans le lit de la rivière à l'aide d'une pelle. Puis elle se rend sur la rive et les décharge. Un camion dégageant une fumée plus noire que de la suie va et vient pour récupérer du sable. Les bateaux, de longues barques creusées dans des troncs d'arbre, passent occasionnellement. Qu'il soit terrestre ou fluvial, le transport motorisé n'est pas encore l'apanage des campagnes. J'ai vraiment l'impression de débarquer au Moyen-Age parfois, heureusement sans Christian Clavier, laissé à la maison.

 

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Les buffles à l'heure du bain

 

 

 

 

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  • : Viens je t'emmène... J'ai initié ce blog à l'occasion d'un périple de 3 mois en Australie, Nouvelle-Zélande et parcs nationaux US... Et puis j'ai continué à chacun de mes voyages. Si toi aussi tu as la bougeotte et que tu aimes découvrir de nouvelles destinations, tu es sur le bon blog!
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